‹ L'Allemagne religieuse (volume 2)Chapitre 129 sur 202 · Lecanuot, Montalembert, I · texte numérisé non relu

Lecanuot, Montalembert, I

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profondes du peuple catholique, écolières fidèles et zélées de l'antique cercle de Munster, de ce cercle qui ne s'était point simplement préoccupé d'ajouter un épisode aux chroniques de la vie de salon, ou bien delà vie d'université, mais qui s'était dévoué, avant tout, au relèvement de l'instruction des foules, et à l'élaboration d'une pédagogie chrétienne.

A l'époque môme oii, dans l'Allemagne du Nord, l'élite catholique de Munster contribuait à relever, aux yeux mêmes des réformés, le prestige du christianisme, l'Allemagne du Sud possédait un original homme d'Eglise, dont l'intluence semblait tenir du miracle, et qui jouait un rôle à peu près analogue à celui de ses coreligionnaires westphaliens ; il avait nom Jean-Michel Sailcr^. Un bon chanoine que connaissent bien les enfants des deux mondes, Christophe Schmid, fut à Dillingen, en sa jeunesse, l'élève de ce prêtre ; c'est à son instigation qu'il composa, plus tard, ses célèbres contes pour la jeunesse ' ; et les Souvenirs qu'écrivit Schmid vieillissant glorihent, avec une

1. Sailer (1751-183-2) a trouvé des biographes dans les deux confessions. Voir Bodenian, Joh. Michnel von Sailei- (Gotha. Pcrthes, 1856) et Aichinger, Johann Michael Sailer [Frihonrg, Herder, 1«65) : le premier biographe est un pasteur protestant; le second, un vicaire catholique.

2. Schmid. Mémoires, traduction Dodille, p. 335-335 (Paris, Lethielleux, 1859). C'est aussi Sailer qui désigna Schmid pour écrire une histoire biblique destinée aux enfants de Bavière (Schmid, op. cit., p. 473).

intime émotion, la mémoire de Sailer^ Peu d'hommes furent aimés comme celui-là : Tliommage qu'on rendait à sa sainteté se terminait par un acte de foi en ses dons d'inspiration; c'était une foi dans laquelle protestants et catholiques communiaient-. On peut dire, à proprement parler, que, sous l'attrait de cette personnalité, l'Allemagne religieuse s'unifiait : tout ce qu'il y avait, dans la Réforme, d'âmes croyantes et mystiques, éprouvaient pour ce prêtre de l'Eglise romaine un sentiment de piété. Le grand jurisconsulte Savigny l'aimait fidèlement^. Jacobi, le philosophe, se faisait son hôte ^, et considérait son livre sur les fondements de la religion comme un des meilleurs en langue allemande^; Perthes, le grand éditeur patriote, était son correspondant et lui réclamait, pour le Musée patriotique ^ qu'il fondait en 1809, des articles sur la vie catholique en paysgermanique^. Sans Clément XIV, Sailer eût été jésuite : la suppression de la Société rendit ce novice au ministère pastoral et au professorat '' . Répétiteur et

\. Schmid, Mémoires, traduction Dodillo, p. '221-309.

2. Témoin l'impression d"un bourgmestre luthérien, qui disait au chanoine Schmid : « Si tous les vôtres, et si tous nos ecclésiastiques pensaient comme Sailer, cette malheureuse séparation des protestants et des catholiques verrait bientôt sa lin. >- (Schmid, Mémoires, trad. Dodille, p. .332.)

3. Aichiufîer. oj). ciL,\). 3i7. C'est en 1809 et 1810 que Savigny, qui professait alors à Landshut, y connut Sailer ; et de là datent les rapi)(»rts de Sailer avec Brentano, beau-frère de Savigny.

4. Quand Sailer venait cà Munich, il habitait chez Jacobi, alors président de TAcadémie (Aichinger, op. cit., j). 392).

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