Aichinger, op. cit., p
:'>. Aicliini,'er, op. ciL, p. 237-23'J,
SAILER 295
de tous ceux qui veulent s'attacher au Christ, à quelque confession qu'ils appartiennent. Il advient ainsi que, sans rien renier des droits de l'Eglise, elle attire, retient, captive les protestants ; vous entendez Nicolaï, sentinelle vigilante d'un protestantisme intolérant et à demi incroyant, pousser le cri d'alarme, traiter Sailer de Jésuite déguisé, et dénoncer avec colère ce « cryptocatholicisme ^ » que le Livre de Prières^ publié par Sailer en 1783-^, ou bien encore ses Méditations^ publiées en 1799'^, risquent d'insinuer dans les âmes protestantes. Sailer veut faire de ses lecteurs des chrétiens conscients, et il y réussit; mais ce dont Nicolaï s'inquiète, c'est de voir qu'à l'école de Sailer les chrétiens conscients deviennent, par là même, des catholiques inconscients ; que les protestants, en beaucoup d'endroits, adoptent les formules de prières que leurotfre ce prêtre de l'Eglise romaine ; que Sailer ainsi, par la diffusion môme de ses livres parmi le peuple prolestant, achève l'œuvre commencée par les mystiques réformés de l'Allemagne du Nord, et qu'il bat en brèche le rationalisme en lui opposant une dévotion dans laquelle les deux confessions chrétiennes peuvent communier. Les colères de Nicolaï contre Sailer et les colères postérieures de Voss contre Stolberg apparaissent ainsi comme une sorte de choc en retour du rationalisme, qui s'était logé dans le christianisme.