Aichinger, op. cit., p
*?. Aichinger. op. cit., p. (13-71. — Voir, sur le succès de ce livre, Reinkens, Midchior von Diepenbrork, p. 2.27 (Leipzig, Fernau, 1881).— Brentauo voulait i>lus tard le faire illustrer par les inrillcms nitistcs Imvar«)is(Brentaiiu. Gesanimelle Briefc. II, p. '248).
ii, Aichinger, op. cit., p. 240-"242.
et qui, subitement, s'en est senti délogé par un assaut du catholicisme marchant parallèlement avec le protestantisme croyante
Est-il vrai, comme d'aucuns le prétendent, que, dans cette marche parallèle, Sailer, à certaines heures, inclina peut-être trop aisément à limiter les exigences dogmatiques queTorthodoxie catholique impose à ses adeptes? C'est de quoi les théologiens peuvent discuter à loisir, en épiloguant sur la lettre très importante, et très conciliante, dans laquelle il répondait à une question du libraire Perthes sur les obligations intellectuelles du catholique -. Mais ce qui est certain, c'est que, dans l'entraînement même de la réaction contre la «philosophie des lumières », Sailer s'exalta jusqu'à patronner, de son incomparable prestige, certains mystiques fort équivoques. Il lui plaisait de surprendre, sur les humbles lèvres de ces enthousiastes, comme un réveil de la révélation divine ; il partageait l'attrait de son ami Feneberg pour leur vivante éloquence, qui semblait faire affront à l'intellectualisme du siècle. Michel-Nathanael Feneberg-^ avait connu et aimé Sailer à l'université de Dillingen; il l'avait môme défendu, de son mieux, contre les injustes accusations d'illuminismeaunomdesquellesonl'avaitdisgracié: devenu
1. Stoll)orfî ot Sailer se réjoui.ssaient que la IHIjelr/escllscliaft eût répandu en Bavière dix mille exemplaires d'un Nouveau Testament traduit par lui catholique (Perthes. Friedrich Perthes Leben, II, p. 345).
2. Le texte en est cité dans Aichinger, op. cit., p. 395-31)6.
3. Sur Feneberg (1751-1812), qui resta toujours à l'écart des extravagances du séparatisme mystique, voir les pages du chanoine Schmid qui fut son vicaire {Mémoire.^, trad. Dodille, ]). 240-243 et 448-458); et quant au mouvement des Eveillés {Aftermystiker), le meilleur résumé d'ensemhle est donné par Silbernagl, IHe Kirc/ienpolitischen und relif/iôsen Zustàude im neunzehnten Jahrhundert, p. 85-90 (Landshut, KruU, 1901).
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curé de Seeg, il eut pour vicaire, en 1796, le prêtre Martin Boos, déjà fameux pour les inquiètes ardeurs de son myticisme, et c'est par l'entremise de Feneberg que Sailer fut mis en contact avec ces groupements « d'éveillés » qui, çà et là sur le sol de Bavière, s'improvisaient avec une merveilleuse soudaineté, et se tournaient vers la personne de Boos, comme vers un aimant mystérieusement irrésistible.
Martin Boos ^ était une àme touchante et troublante. Dieu l'avait fait obstiné, et les hommes, en lui créant la réputation d'être un saint, avaient achevé de l'éloigner de la sagesse commune ; sans le savoir, sans le vouloir, il était hérétique, parlant de la foi et des œuvres comme en parlait Luther, parlant de l'Eglise comme en parlait Jean liuss ; et les ennuis qu'il subissait, les comparutions auxquelles il était convié devant les tribunaux ecclésiastiques, les emprisonnements qui l'empêchaient, pour un temps, de correspondre avec l'humanité, mais jamais avec Dieu, apparaissaient aisément à ses dévots comme l'épreuve et la sanction de son exceptionnelle vocation. Sailer fut pour
1. Martin B.'os (1702-18-20) avait été. à Dillin},'('n. ("'lèvo de Sailer. Devonu chapelain à Unterthingau, il entendit une femme mourant(! lui dire : « Si je me reposais sur mes bonnes œuvres, je serais certainement i)erdue ; Jésus mort pour moi sur la croix, voilà ma confiance. » Boos niùrit et médita ce jiropos; il en tira la théorie de « la fui qui seule justifie ", et ne s'aperçut qu'au bout de viiii^t ans (Aichinger, op. cit., p. 268) que c'était là du luthéranisme. Après deux procès ecclésiastiques devant le tribunal ecclésiastique d'Aupsb(mrfî, il passa dans le diocèse de Linz. et à rinsti{?ation d'une piétiste protestante, Anna Oberdorfer, il recommença, en 1810, des prédications qui tirent de lui le chef et le centre dune sorte de mouvement méthodiste. L'Etat s'inquiéta; après un an de prison dnns un couvent, Boos, en 1816, quitta le diocèse et l'Autriche, et s'en l'ut mourir en Prusse Rhénane, curé d'une paroisse des environs de Ci)blentz.
Boos, à partir de 1796, un défenseur assidu ^ non point qu'il contestât l'incorrection de certaines idées outoutau moins de certaines paroles de ce prêtre'; mais il y avait, en Sailer même, un mystique, pour qui la foi en Boos semblait être parfois une sorte de corollaire de la foi en Dieu: et puis, avec son instinct de fraternité chrétienne, Sailer était peuple; son âme vibrait avec celle de la foule; et, comme la foule, Sailer subissait en quelque mesure l'étrange séduction qu'exerçait Boos. «Je tremblerais de comparaître devant Dieu, écrivait-il en 1810, sans avoir, avant ma mort, confessé devant Dieu, que la grande affaire du pieux Boos vient de Dieu 3. » A la longue, pourtant, sa sécurité fut médiocre : écrivant à un autre homme d'Eglise intimement mêlé au mouvement de « réveil », le jeune Gossner, il l'avertissait que certaines nuances de mysticisme risquaient de conduire au protestantisme^ ; et c'est en effet ce qui advint, dans la suite, pour Gossner lui-même^, et pour le prêtre « mystique »