Gœrres, Gesammelle Briefc. II, p
35i PENSÉE CATHOLIQUE ET PENSÉE ALLEMANDE
rire reffort qu'ils faisaient pour « retarder Fheure universelle* ».
Aussi la variété de jacobinisme dans laquelle se complaisaient les rois traita cet opportun journaliste comme l'avait traité le jacobinisme du Directoire : en dépit des hommages qu'il avait rendus à l'armée prussienne-, le Mercure dut disparaître. <( De misérables ministres s'opposent à la liberté de la presse, pour les mêmes motifs pour lesquels les filles de joie s'opposent à l'éclairage des rues'^ », ripostait Gœrres, déchu, de parla volonté du roi de Prusse, du droit d'éclairer l'Europe'». Du coup, écrivait Arnim, « le prestige de la Prusse au dehors est ruiné"* ». Gœrres se consolait en écoutant sourdre une époque nouvelle, une époque où la jeunesse grandissante s'apprêtait à revendiquer une Allemagne « une, libre, forte, indépendante, bien ordonnée, sûrement protégée ».
Il lui parut, en un jour de 1819, que les deux époques, celle que prolongeait la police et celle que préparait la jeunesse, se rencontraient et se heurtaient; la rencontre était sanglante : ce fut l'assassinat de Kotzebue^. Devant l'Allemagne étonnée, Ga?rres en fit le commentaire : sans approuver la violence, il déclara que le sang n'avait