Reinhold Steig, op. cit., p
contre les réformes fiscales de Hardenberg, qui lui paraissaient inspirées par un faux système économique, fit de lui un suspect ' : les Feuilles du soir, dont il était avec Kleist le principal inspirateur, durent disparaître, victimes de l'absolutisme berlinois.
L'x\utriche, au service de laquelle il était ensuite passé, finit par le décorer, en 1826, pour avoir consacré son talent à la « défense du principe monarchique et de la religion ^ ». Cet éloge officiel ferait mal augurer de l'originalité de Millier, si nous ne feuilletions, tout de suite, la correspondance privée qui s'échangea, de longues années durant, entre Mûller et Gentz, et qui nous montre la libre attitude du penseur catholique en lace de celui que l'on pourrait appeler le chef de cabinet de la Sainte-Alliance-^.
Gentz ramasse en sa personne, imposante d'ailleurs par la richesse de ses dons et l'attrayant éclat de son talent^, tout ce qu'il y avait de contradictions intimes dans l'esprit de la Sainte- Alliance ; ridée religieuse, dont il n'a cure pour sa conscience, est exploitée par sa politique ; il estime la foi comme une sorte d'opium, qui garantit le repos et le sommeil des humbles, indis-
1. Rcinhuld Steif,^ op. cil., ji. 73-74 et 153-157. — Les Vermischle Schriften, i)ujjliés \)ar MùUer en 1812, contiennent de nombreux articles dont la i)ublication navait pu avoir lieu dans les Feuilles du soir.