‹ L'Allemagne religieuse (volume 2)Chapitre 20 sur 202 · Kùntziger, op. cit., j · texte numérisé non relu

Kùntziger, op. cit., j

a. Sur la question de la rétractation, dont on discutera longtemps encore jusqu'à quel point elle fut sincèj-e, voir Meier, op. cit., p. 96-137. Krutrt, parent et confident de Hontheim, a écrit son Histoire, publiée par Meier {op. cit., p. 234-296) pour nier la valeur de cette rétractation et établir la fidélité intime et constante de Hontheim aux opinions de Febronius.

4. Kùntziger, op. cit., p. 120. - Rapprocher la lettre de Pie VI au

FEBRONIUS ET JOSEPH II l7

Curia romana, c'est que tous les pays sensés de la catholicité, malgré la rétractation du bonhomme, n'en restent pas moins persuadés de la vérité de toutes les choses qu'il a dites et que tant d'autres avaient dites longtemps avant lui^.

Ces lignes étaient signées du prince deKaunitz, chancelier de la cour impériale ; et malgré le nonce, malgré le cardinal Migazzi, archevêque de Vienne, l'impératrice Marie-Thérèse, sans même attendre le rapport des censeurs, prohiha formellement que les actes du consistoire, qui mentionnaient avec honneur la rétractation de Fehronius, fussent publiés ou distribués dans les limites de ses Etats '^. Le Conseil privé, au jour de l'Annonciation de 1779, étendit aux Pays-Bas la défense impériale en la motivant solennellement :

Le Conseil observa dans la délibération que fimportance que le Pape a mise à cette rétractation en tenant consistoire à ce sujet avec un apparat extraordinaire, annonce assez ouvertement un dessein de sa part de faire revivre, s'il était : possible, le système absurde de la domination de la Cour de Rome, qui, éclos dans des temps de ténèbres et d'ignorance, a fait trop longtemps la désolation des peuples et des souverains, et que les lumières du siècle sont enfin venues à bout de détruire universellement et sans i-essource ; que l'ordre du clergé étant cependant encore rempli par tant de sujets peu éclairés ou hypocrites qui, soit par superbe, soit par intérêt, se croient obligés d'adhérer à tous les principes ullraraontains et à toutes les prétentions de la Cour de Rome, il n'est pas douteux que cette Cour ne cherchera à en tirer parti pour répandre et accréditer de

cardinal Migazzi, archevêque de Vienne, sur la rétractati(jn (Wolfsgruber, Christoph Anton Kardinal Migazzi, Fiirsterzbischof von Wien, p. 391, n. 2. Ravensburg, Kitz, 1897).

1. La lettre a été pour la première fois pultliée par Kiintziger, op. cit., p. 186.

-'. Kùntziger. op. cit.. p. 131-134 et 193.

18 DU JOSÉPHISME AUX CO?sCORDATS

nouveau ses maximes à la faveur de ces rétractations solennelles d'un ouvrage qui a été considéré généralement et à juste titre comme rempli de lumières et conforme aux vrais principes : il paraît convenir à tous égards de faire une démonstration qui puisse leur en imposera

C'est ainsi que, pour u en imposer » à Rome, sur tout le territoire de la Majesté Apostolique, on condamnait les sujets à ignorer que le coadjuteur de Trêves s'était rétracté, et que le Pape s'était réjoui. Au moment où le fébronianisme subissait de la part de son inventeur un demidésaveu, d'ailleurs extrêmement équivoque, les gouvernements de Marie-Thérèse et Joseph II se montraient plus fébroniens que Febronius luimême, au risque de justifier l'amusant grief que Voltaire faisait au Saint-Empire romain germanique, de n'être plus ni saint ni romain.

Sauf peut-être Frédéric II de Hohenstaufen, l'inquiétant César qui se servit de l'Islam pour ennuyer la papauté, jamais souverain ne fut pluh^ antiromain que l'empereur Joseph II, dont la mort précéda de quinze ans seulement l'effondrement même du Saint-Empire.

On avait vu, dans le cours des siècles, des roisr s'improvisant, en matière ecclésiastique, juges e1 docteurs; mais, en général, ils ne refusaient poini d'entrer en colloque avec Rome, ne fût-ce qut

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