‹ L'Allemagne religieuse (volume 2)Chapitre 24 sur 202 · Voir, sur ces influences, Wolfsgruber, op. cit., p · texte numérisé non relu

Voir, sur ces influences, Wolfsgruber, op. cit., p

4. Joseph, écrivant à Clément XIV, en 1769, une lettre de courtoisie, la

26 BU JOSÉPIllSME AUX COMCOllDATS

Lejoscphisme reproche au Pape de briguer les droits des souverains et de briguer les richesses des sujets : théocratie et fiscalitfS doivent être sévèrement tenues à l'écarté Suspecte est la dignité cardinalice : elle fait des vassaux de Rome et fut d'ailleurs iaconnue du Christ et de ses apôtres'. Suspecte est la fonction de nonce; Joseph II, apprenant que le représentant du Pape se propose de voyager en Hongrie, écrit à Kaunitz : « Ce ne peut être qu'une ladrerie pour manger gratis chez les évéques et prélats, en môme temps qu'il parsèmerait ou échaufferait de ses principes toutes les contrées qu'il parcourrait'^. .> Ainsi soupçonnet-on, dans tout envoyé de Rome, un parasite en travail de conspiration; et Kaunitz sait insinuer à l'empereur de ne point se « laisser ennuyer des mielleuses représentations du nonce '^ ».

C'est par condescendance que l'Etat laisse circuler certaines bulles, c'est au nom d'un droit strictement rigoureux qu'il prohibe certaines autres"".

fait connaîtio à Mano-Tlu-'i'ùso ot ajoute : « Si jai dit quoique chose de trop ou trop ])eu, cela ne tirera i)as à conséquence; cette lettre étant sur un ton si familier qu'elle ne i)ourra jamais être adulte {sic) connue document dans les nrchives du Vatican. » {Maria Theresia und Joseph II, édit. Arneth, I, ]>. 278.) Nous saisissons, dès ce premier acte des rapports du jeune Joseph avec la Curie, lesprit de défiance prévoyante et défensive (jui animei'a tous les actes de son règne.

1. Kaunitz dénonçait, connue les deux hases du « despotisme .si)irituel de la monarchie l'omaine ». linfaillihilité du Pape et l'ohéissance aveugle exigée i)ar le Paj)e et les évê(iues: d'une j)art, disait-il, il y a une chaîne I)our l'intelligence ; d'autre part, une chaîne pour la volonté (WolfsL'ruher ui>. cit., p. 527-538). f^ '

2. Lire ce que pensait Ileinke de la dignité cardinalice, dans AVolfsgruher, op. cit., ]>. 481.

:i. Joseph 11, Leopold 11 und Kaunitz, ihi- Uriefwechsel, édit. Adolf Béer p.^104 (Vienne, Braiimuller, 1873). La lettre est du 11 août 1781.

4. Joseph 11. Leopold II und Kaunitz, p. 49. La lettre est du 25 mars 1781

5. Wolf-^oTulxT. np. ri/., p. ',S<i-',92: Jo.pph II décide, en 1781. que toute

FEBKOiSlUS ET JOSEPH 11 27

Le serment de fidélité que les évoques prêtent au Pape doit être modifié, de façon plus compatible avec les prérogatives souveraines de l'Etat L Les milices monastiques ont, en dehors de l'Empire, des généraux, qui peuvent devenir les émissaires occultes de l'intluence papale ; entre ces généraux et ces milices, toute correspondance doit cesser-. L'Eglise d'Autriche, ramassée sur elle-même, doit accepter, filialement, l'étreinte protectrice de ces paternels despotes qui s'appellent les bureaucrates ; et lorsque seront remaniées, par la volonté souveraine du prince, les circonscriptions diocésaines qui livraient à la juridiction d'éveques étrangers certaines parties du territoire •% lorsque

biillo, uiême dojïmatiqno. a besoin do placct : car les bulles dogmatiques ont parfois des annexes qui concernent la discipline, et les matières disciplinaires sont de la compétence du pouvoir civil. Ainsi, pas un mot du Pape ne pourra retentir en Autriche sans que le permette l'ordonnance du souverain. La proscripti(jn spéciale de la bulle r/nic/enitus et de la bulle in Cœna Domini repose sur le même principe : il suftit que ces deux documents portent ombrage au pouvoir civil. i)our que le pouvoir civil les expulse (Wolfsgruber. op. cit., )). 590-501. — Cf. Kosch : Àrchiv fur Kaiholisches Kirclienrerhl. ÏWL p. 4!)u). Il était d'ailleurs assez curieux de voir l'Autriche s'escrimer conti-e cette bulle in Cœnd Domini, \n\iinqne, dès son avènement. Clément XIV, ayant égard au mouvement d'opinion i)rovoqué dans les diverses cours i)ar l'ouvrage de Le Bret, supprima l'usage de publier annuellement cette bulle le jeudi saint.

1. Voir sur cette question du sernuMit. qui fut très épineuse. AVolfsgrul)er. up. cit., p. 492 et 627, et Schlitter, op. cil., p. 1G8, 182, 183, 187, 192.

2. Woll'sgruber, op. cit.. p. 163. — Rosch, loc. cit., 1904, p. 513-520. Sur l'application de la même mesure aux Pays-Bas, voir Eugène Hubert, le Vor/df/e de l'empereur Joseph H dans les Pays-Bas (13 mai \1B\-21 juillet 1781), p. 228-235, et, aux jtages 3.30-339, le rapport de Kaunitz à remi)ereur. Le travail de M. Hubert se trouve au tome LVIII des Mémoires couronnés et Mémoires des sarants ctrant/ers, pui)liés par l'Académie royale de Belgi(iU(! (Bruxelles, 1900).

3. Wolfsgruber, op. cit., p. 7.30 et suiv. — II(Mnke, naturellement, revendi(iin> pour le prince seul le droit de délimiter les diocèses. C'est aussi l'avis du cancmiste Eybel (Wolfsgruber. op. cit., p. 375). — Cf. la lettre de Josejih II à Léopold. du 17 novendn-e 1783 : « Je conununique au Pape la distribution des évèchés que j'ai jugé à projjos de faire dans mes provinces allemandes. Vous verrez par la copie ci-jointe qu'il y en a cinq de nouvelle création. Vous y trouverez aussi les personnes que j'y nonune. qui sont

sera diminué le nombre des moines, conside'rés comme des sujets inutiles ^, lorsque enfin seront multipliées les cures de campagne-, et lorsque, dans chacune de ces cures, fonctionnera une école de morale et de subordination au souverain, Joseph II, s'exaltant de son initiative rationnelle, se réjouira d'avoir fait entrer l'Eglise dans la contexture même de l'Etat.

Des théoriciens sont nécessaires pour définir et réglementer cette insertion de l'Eglise dans l'Etat : ce sont les canonistes.Ilsdéduisentleurs maximes, simplement, de ce droit public abstrait que par ailleurs les philosophes édifient ; les prérogatives de l'Empire, jura impeni, une fois définies, on en tire, par raisonnement, la délimitation des frontières entre l'Empire et le sacerdoce, jura saccrdotii; et cette délimitation est un objet de science politique^\ La besogne relève des Facultés de droit beaucoup plus que des Facultés de théologie ; c'est donc à la Faculté de droit, par ordre de Marie- Thérèse, que les candidats à la cléricature rece-

aussi les moins inauvaisos (iiie jai i)u l'aïuasser. » [Joseph II mul Lcopold von Toscana, I, p. 181.)

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