Stigloher, op. cil., p
LES MÉTROPOLITAINS ET LE SAINT-SIÈGE Cl
des strictes lois ecclésiastiques, contre les complaisances d'une vie pompeuse et facile.
L'amitié des augustes archevêques courtisait plus volontiers les philosophes, dont l'humeur au moins était accommodante, et qui ne les invitaient point, eux, à réformer leur vie d'après un idéal d'ascètes, mais à réformer leurs diocèses d'après les exigences de la « raison ». Mayence était comme un champ d'expériences pour les tentatives des esprits « éclairés' » : sous l'épiscopat de Frédéric-Charles-Joseph, comte d'Ostein, ce fut un ami de Voltaire, Stadion, qui régna sur le diocèse; et cette terre d'Eglise fut Tun des premiers Etats à donner le signal des mesures contre les Jésuites 2.
Emmerich-Joseph de Breitenbach, successeur d'Ostein, remania renseignement, le catéchisme, le catalogue des fêtes, ainsi que le comportait le progrès des lumières : avant que Joseph II ne donnât au joséphisme son nom, ce prélat se conduisait en véritable joséphiste"^. Le chapitre élut ensuite Charles-Joseph Erthal, qui passait pour plus conservateur : Erthal, dès qu'il eut la crosse entre les mains, démentit Lopinion qu'on s'était faite de lui^. « Il se souvenait quelquefois d'être évêque ))," écrira de lui, plus tard, le cardinal
1. Sur les " illuminés» à Mayenco, voir Clemons Theodor Perthos, l'olitifche ZustàniJe und Personen in De.utsclilnnd zur Zeit der franznsischen Ilerrsrhafl, I. j). 2-2-'>7 (Gotha. Perthes, l«(i2).
2. Sti^lolicr, op. cit., p. 48. Ostein occupa le sii'ge do Mavoncn do I7i3 à 17()3.
3. Stifîloher. op. cit„ p. 48-40. Breitenbach occupa le siè^o de Mavence de 17();{ à 1774.
4. Stigloher, ojo. cit., p. 49-50. Erthal. devenu électeur de Mayence en 1774, mourra dépossédé, en 1802.
Pacca: « c'était lorsqu'il trouvait l'occasion d'inquiéter le Pape et d attaquer le Saint-Siège i... » Lecanoniste Horix, expert à chercher dans lésa concordats » de la nation germanique des armes contre la Curie, était Tassidu conseiller des évoques successifs de Mayence; et sa plume diligente, visant incessamment le droit canon d'au de là des Alpes, prétendait ériger contre ce droit canon tout le passé juridique de l'Allemagne'.
Les Mémoires de Pacca ressuscitent, sous nos yeux stupéfaits, la cour archiépiscopale de Mayence, somptueuse sans art et frivole sans grâce, lourde imitation des splendeurs de la Renaissance italienne'^. Un romancier cynique, Heynse, y représentait la littérature ; le naturaliste Forster ^, qui professait qu'après un premier acte de foi il n'y avait nulle raison de s'arrêter, et en concluait qu'il ne fallait pas croire à quoi que ce fût, représentait la science ; le caprice d'une favorite, enfin, représentait la raison d'Etat; et lorsqu'un trait de plume du prince-électeur eut supprimé la chartreuse du Mont des Anges '\ Mayence répétait en un
\. Pacca, Œuvres, U, p. 186. — « D'Erthal, ajoute-t-il, plein de inorgue et de flerté d'être devenu l'allié du grand Frédéric II, roi de Prusse, par son entrée dans la fameuse ligue des princes de l'Empire {Fuerstenbtnid), regardait connue indigne de sa grandeur de dépendre, dans les affaires ecclésiastiques, d'un prélat de la Cour de Rome qui, d'ailleurs, résidait dans les Etats d'un autre prince de l'Empire. »
2. Sur Jean-Baptiste Horix (17oO-17'J2), voir Schulte, Die Geschichle ck-r Lileratur nnd Qiiellen des canonischen liechts, III, 1, p. 241-24.3.
3. On peut lire, sur cette cour, Jansseu, Zeit und Lebcnsbilder, 4« édit., I, p. 208 et suiv. (Fribourg, Herder, 1889).
4. Sur George Forster( 1704-1794), voir C\ïnc\UQi, Etudes d'histoire, 1" série, p. 149-288. (Paris, Fontemoing, s. d.) M. Chuquet l'appelle « le plus révolutionnaire des écrivains allemands ».
5. Ce ne fut pas la seule sécularisation à laquelle procéda Ertlial : il flt supprimer à Aschaffenburg, en 1784, le noviciat des Capucins, afin que les jeunes moines fussent contraints d'étudier à Mayence,
distique vengeur : « Un nouvel Achab a enlevé à Naboth le Mont des Anges [AngeHcns) afin de faire un jardin anglais (AngHciis) pour la honteuse Jézabel'. » Ainsi parlait-on, parmi les ouailles de l'archevêque; mais la cour de beaux esprits, de libertins et de valets dont il s'entourait, faisait barrière entre Erthal et son troupeau. Le cortège de 1.500 personnes qui l'escortait à Francfort pour les fêtes du couronnement impérial lui cachait les besoins et les susceptibilités de son diocèse^.
QuantàClément Wenceslas, électeur de Trêves'*, dont Febronius fut coadjnteur, il avait la réputation d'un pauvre être fragile et chancelant; il oscillait entre deux conseillers du nom de Beck, dont l'un était ami des Jésuites et l'autre ami des philosophes, et, suivant que sa confiance émigrait du premier Beck vers le second ou du second vers le premier, ilmanquait de respect à la (lourde Bome ou hien agissait congrùment envers elle^.
1. Ançjdicum montem Naboth novua ahatulit Achah, Anglicus ut fieret turpi pro Jezabel liortus.
(Cit('' i)ar Pacca, op. cit.. H, p. 258.)
2. Sopp, Gœrres und seine Zeitgenossen, f776-l84S. p. IG (NiJrdlinfJfen, Bock. 1877).
3. Sur ce personnage, frère du roi de Saxe Auguste lU, et devenu eu 17G8, à l'âge de vingt-neuf ans, évêquc d'Augsbourg et archevêque- (Mecteur de Trêves, voir Stigloher [op. cit., p. 51-52). et les écrits précéili'innient cités sur Febronius, à la vie duquel Cléiuent-Wenceslas fut intiuieuient niôlé.
'i. Le même Clénient-Wenceslas qui, eu 1782, protestait contre la défense faite par Joseph U de demander à Rome les dispenses matrimoniales (Stigloher, op. cit., p. 135-139), et qui, dans une lettre au clergé dAugsbourg, soutenait le principe des exemptions monastiques (Stigloher, op. cit., j). 120), devait, peu de temps après, en signant les ponctatious dEms, se donner à lui-même un démenti, sur Ivui et l'autre de ces points. « C'était, dit Pacca, un homme bon, d'une conduite irréprochable, mais d'un caractère si faible, si inconstant dans son administration temporelle et spirituelle, qu'en changeant de ministres il changeait de maximes et de manières de voir. » (Pacca, Œuvres, IL p. 18G.)
Naturellement, le Saint-Siège passait pour indiscret, lorsqu'il souhaitait des électeurs ecclésiastiques, comme de tous les autres évoques, un rapport périodique sur Tétat de leurs chrétientés. Les électeurs de Cologne étaient célèbres, à Rome, pour se dispenser de cette formalité ; et lorsqu'en 1829 Spiegel, archevêque de cette ville, prendra la peine d'expédier à la congrégation du Concile une relation sur son église, le consulteiir de la congrégation écrira, en marge du document, cette note singulièrement significative : « Le prélat Spiegel mérite une louange particulière parce qu'il a enfin rompu le long silence des archevêques princes-électeurs, qui, oublieux de leur serment, négligeaient de témoigner par cet acte leur soumission au Saint-Siège'. »
Le contrôle des chanoines, ces conseillers naturels de l'autorité épiscopale, était aussi précaire que celui du Saint-Siège : (( Issus des plus anciennes et des plus illustres familles, écrit Pacca-, ces chanoines cumulaient les canonicats, quelquefois jusqu'à cinq dans des villes différentes, et ils étaient sans cesse par voies et par chemins, pour arriver dans chaque église au jour et à l'heure oii l'on distribuait à ceux qui étaient présents lama-
1. Cit('' par Ironaeus Thoiaistor, Friedemann's Vorschlâge in Betreff der BUdung und Erzielning der Gciatliclien, p. 33 (Trêves, Paulinus- Dnickerei, 1884).
2. Pacca, Œuvres, II, p. 283. —Cf. une lottre du bienheureux Hofbauer, Rédeniptoriste, citée par Haringer, Vie du Bienheureux Clémenl-Murie J/ofh((uer, traduite par un Pire Rédoniptoriste, p. 77 (Tournai, Gasternian, 1888) : « Le haut cler};ê d'Allemagne, qui dissipe les biens de l'Eglise d'une manière scandaleuse, est tombé dans un tel discrédit, dans un tel mépris public, que, pour désigner un enfant dénaturé, on a coutume de se servir de cette expression : /i' un conte cunonico, c'est un comte devenu chanoine. »
jeure partie des revenus des prébendes. » Quant aux professeurs des facultés de théologie, que Ton vit en Allemagne, à d'autres époques, surveiller ou contre-balancer ce qu'ils appelaient, ce que parfois encore ils appellent « l'Ultramontanisme » des évéques, ils étayaient de leur science et secondaient de leur éloquence les doctrines antiromaines des électeurs ecclésiastiques; et d'aucuns même, plus soucieux d'échanger des sourires avec leur siècle que d'enseigner un surnaturel importun, mettaient à mal le dogme chrétien tout enitier : tels, à Mayence, Blau et Dorsch, qui consacraient leurs écrits et leurs leçons à dénoncer les usurpations commises par l'Eglise'.
L'Université de Cologne demeurait le refuge de la correction doctrinale : ce furent les archevêques qui, de leurs propres mains, édifièrent en face d'elle, à Bonn, une sorte de temple des lumières, 011 la théologie ferait la cour à la raison humaine-. Le fondateur en fut Max-Frédéric de Konigseck, qui occupa le siège épiscopal de 1761 à 1784; son successeur Maximilien-François, frère de Joseph II, inaugura bruyamment la jeune Université ; et dans les discours qui fêtèrent l'événement, on entendit l'éloge de l'ancien archevêque Gebhard de Truchsess, qui avait voulu, au xvi*" siècle, faire deson
1. Sur F(Mix-AntoineBlau(1754-1798)ctAntoine-Jo?:eph Dorsch (1758-1819), voir Schulte, op. cit., ÏU, 1, p. 279-280. Tous doux, après lentrôe des Français à Mayence, participèrent au mouvement clubiste; on retrouve Blau, en 1798, juge criminel dans le département du mont Tonnerre ; on retrouve Dorsch, en 1811, percepteur dans le Finistère. — Cf., sur Dorsch, Ghuquet, Etudes d'histoire, 1" série, p. 20:^ et suiv.
2. Sur l'esprit très orthodoxe de l'Université de Cologne et la fondation (le celle de Bonn, voir Perthes, op. cit., I, p. 149-150 et 108-170 et cf. ^Hiiffer, Alfred von Beumont, p. 22-24 (Cologne, Boisserée, 1ÎK)4).
électoral une terre protestante*. Le corps proies soral, à Bonn, s'amusait aux plus provocante audaces : le Carme Thaddée de Saint-Adam chargé d'expliquer la Bible, la lacérait à coups d négations-; un autre moine, Philippe Hedderich chargé de commenter les Décrétâtes, enseignait 1 fébronianisme '^. ils étaient encore dépassés ei singularité par leur collègue Eulogius Schneider Franciscain sécularisé, d'abord courtisan d'uni princesse pour laquelle il fabriquait des vers impie ou grivois ^ et plus tard, à Strasbourg, courtisan d( la Terreur, à laquelle il livra des têtes jusqu'à C( que la sienne tombât à son tour.
On voit que Pie VI avait d'assez bonnes raison pour dénoncer à l'archevêque de Cologne, en 1790 les tristesses de l'Université de Bonn.
Mais qu'importait aux électeurs ecclésiastiques A la fois légers et pompeux, ils traitaient l'irréli gion avec sourire et la religion avec étiquette
1. Pacca, Œuvres, II, p. 198-199. — Stigluher, op. cil., p. 51.
'2. Sur Dereser, Carme sous le iinm de Thaddée de Saint-Adam, vu Pacca, Œuvres, II, p. 267.
H. Sur Philippe Hedderich (1744-1808), et sur Idrientaliou de ses d<i trines, voir Schulte, op. cil., III, 1, p. 267-270.
4. Sur Eulogius Schneider 075H-1794), voir Pacca, Œuvres, II, p. 2()7-27( Hermann Hûtifer. Alfred von lieumont, p. 27-28; et Heitz, Notes sur la v et les écrits d'Euloi/e Schneider, accusateur public du département du Ba i///m (Strasbourg, Heitz, 1862). «Maudire le fanatisme, briser le scept de la stupidité, combattre pour les droits de l'homme », telle était tâche à laquelle se dévouait Schneider, d'après la pièce de vers qu adressait, en 1789, au professeur Feder de Wurzbourg. C'est de c principes qu'il s'inspirait dans le sermon qu'il prêchait, à la demande < l'archevêque de Cologne, sur le but de la religion du Christ, et dans S( discours d ouverture, à l'université de Bonn, sur l'état actuel des belle lettres dans lAllemagne catholique. Dans son recueil de poésies, publ en 1790, il expliquait que, se sentant comme les autres enfants d'Adai et faisant d'ailleurs une distinction entre l'amour et la débauche, il avf* bien le droit de chanter l'amour dans une pièce sur dix. En même tenitj que l'amour, il chantait Joseph II : « Lorsque tu parvins au trône, disa'4 il à l'empereur défunt, tu saisis en face le fanatisme, fils de l'enfer. Al' le monstre alors vomit de la vapeur de soufre, du venin et dès flamnn
c'étaient des insouciants, qui se refusaient à regarder le péril que courait l'Eglise, mais qui négligeaient de voir, aussi, le péril qu'ils couraient eux-mêmes. On était à la veille de la Révolution; ils goûtaient, sans en prévoir le terme, Fattrait de la souveraineté; optimistes comme notre noblesse et frivoles comme elle, ils accueillaient en leur oratoire les souffles nouveaux, se ilattaient de jouer avec eux, s'offraient aux caresses de leurs brises suspectes, et ne pressentaient pas Tépoque prochaine où, d'une brutale poussée, ils seraient culbutés et balayés.
Les observateurs plus perspicaces sentaient grandir leur inquiétude en voyant un chanoine de Fulda, le baron de Bibra, ouvrir, en 1785, un étrange concours : un prix était réservé au meilleur ouvrage qui critiquerait le gouvernement les principautés ecclésiastiques et envisagerait leur avenir'. Des juristes de métier, Sartori-, Moser-*, Schnaubert^, s'étaient disputé la récom-
'u lie parvins jias à le vaincre totalement ». Le dernier acte sacerdotal le Schneider lut la publication, en 1790, d'un Catéchisme des principes fs plus (jéiiéraux de christianisme pratique, dans lequel il séparait coinilètenient la morale du dogme. Désapprouvé par la plupart des facultés e théologie, ce livre fut permis par le conseil ecclésiastique de Bonn, n en fit de nombreuses contrefaçons, dont l'Allemagne fut inondée.
1. Voir sur cet incident Otto Meier, Zur Geschichle der rômisch-deutschen 'rai/e, I, p. 138-140 (Rostock, Stiller, 1871); — Briick, Geschichte der 'atliolischen Kirche in Deutschland im neunzetinten Jahrhundert, I, p. 33l)(Mayence, Kirchheim, 1887); — et cf. Pacca, Œuvres, II, p. 240-241. La rochure de Moser, intitulée : Ueber die tiegierung der (jeistlichen Staaten i Deutschland, portait n\ frontispice un dessin représentant l'Eglise maidc et entourée de quatre médecins, lluss, Luther. Febronius et
anganelli.
2. C'est l'ouvrage de Sartori qui obtint le prix ; il s'intitulait : Statistische bhandlung Hier die geistlichen Staaten und die Mittel i/ire Verfassung u verbessern.
o. Sur le baron Frédéric-Charles de Moser, voir Schulte, Die Geschichte
'/• fjuellen und Literatur des canonischen Jtecltis, III, 2, p. 146-147.
4. Sur André- Joseph Schnaubcrt, voir Schulte, op. cit., III, 2, p. 164-165.
pense : Schnaubert avait conclu que les principautés ecclésiastiques devaient être transformées en principautés séculières héréditaires; Moser avait décidé qu'elles devaient être mises sous l'autorité de princes laïques qui seraient nommés à vie par la noblesse, et sous l'hégémonie desquels les évoques garderaient leur pouvoir spirituel.
Princes-archevêques et princes-évêques ne purent ignorer ces brochures, suscitées par un chanoine frondeur : il n'y était question que dt leur déchéance; ces « lumières» mêmes auxquelles ils avaient rendu de si fréquents hommages, dardaient contre eux, tout d'un coup, des rayons singulièrement hostiles !
Mais ces conclusions extrêmes d'un rationa lisme éclairé ne leur semblaient point méritei leurs alarmes: c'est contre le Saint-Siège que leu anxiété s'outillait; la lutte contre le Saint-Sièg( allait absorber leurs suprêmes pensées.
Charles-Théodore ^ le nouveau maître de l « Bavière, ennuyé que tous ses sujets dépendissen
1. Priiico palatin, il était devenu maitre de la Bavière par suite r 1 extinction de la ligne cadette de Wittelsbach à la fin de 1777 (Hinil Histuii'c de. la formation territoriale des Etats de l'Europe centrale, 1 p. 168. Paris, Hachette, 1876). — Sur la politique religieuse de Charle Théodore, qui prenait contre les cloîtres des mesures inspirées par l'espr de l'époque, et qui, tout en même temps, englobait les « illuminés dans un vaste procès, voir Scheglmann, Geschichte der Saekularisali'
d'évôques domiciliés hors de ses Etats i, avait réclamé du pape Pie VI qu'un évèché fût créé dans l'intérieur de ses terres, ou tout au moins qu'un nonce fût installé à Munich pour causer avec lui de l'Eglise bavaroise 2. Pie VI prêta l'oreille à ce second désir; et les électeurs apprirent, au cours de l'année 1785, que Zoglio, archevêque m /:>(i^r/?:bus d'Athènes, était nommé nonce en Bavière^. Déjà représenté à Vienne, à Lucerne et à Cologne, le Pape, désormais, serait représenté à Munich. Le bruit courut que Zoglio apporterait dans sa valise, comme don d'avènement, une bulle d'excommunication contre l'ordre des Illuminés ; l'inquiétude alla croissant, et les métropolitains de Mayence, Cologne, Trêves, Salzbourg, s'entendirent pour interpeller Rome. La réplique pontificale les mécontenta : Zoglio, leur disait-on, aurait les mêmes pouvoirs que ses collègues de Vienne et de Cologne^. Les métropolitains, précisément, avaient déjà, en 1769, dans leur réunion de Coblentz, protesté contre ces pouvoirs^ : la
im rechtsrheinischen Baijern, I, p. 4G, 57-76, 81-91, 94-114, 127-140 (Ralisbonne, Habbel, 1903).
1. Lps évèques de Spire. Woniis, AVurzbourg, Freising, Ratisbonnc, Passau, Constance, les archevêques de Cologne, Mayence, Trêves Salzbourg, avaient tous juridiction en quelque coin de terre des Etats de Charles-Théodore (Stigloher, op. cit., p.226-2'27). A certaines époques, les é\è(iues de Freising et Ratisbonne, de qui relevaient certaines fractions de l'Etat bavarois, et l'archevêque de Cologne, de qui relevaient certains territoires rhénans possédés i)ar Charles-Théodore, avaient été, du moins, des membres de la famille de Wittelsbach ; mais depuis 1703, pareil cas ne s'était pas présenté (Otto Meier, op. cit., I, p. 89-9U).