Bruno Gebhardt, op. cit., I, p
4. Voir Theodor Ludwig, Deulsche Zeitschrift fur Kivchenrecht, 1902, p. 167 et suiv. — Le texte du projet de Brader est publié intégralement aux pages 178 et suiv. ; celui du projet de Rothensee, aux pages 287 et suiv. Ils révèlent, dune façon fort instructive, comment Bade, au début du siècle, concevait la vie et le fonctionnement de l'Eglise.
5. Voir sur son séjour Otto Meier, op. cil., I, p. 222-230; — et sur ses négociations relativement à un Concordat bavarois, Sicherer, op. cit., p. 112-140 et 176-182, et p. 22-47 des annexes.
la France. Napoléon I" voulait donner une sanction, dans Tordre religieux, à cette nouveauté politique qui s'appelait la Confédération du Rhin; il voulait qu'à cette ébauche d'unité allemande, fille et sujette de sa volonté souveraine, correspondît un Concordat allemand, conclu par ses soins; et sans doute il espérait que sa sollicitude pour la religion d'une partie de l'Allemagne asseoirait au delà du Rhin sa prestigieuse puissance L
La Cour de Rome, naguère si négligée, recevait à présent trop d'avances : d'une part, les désirs timidement exprimés des Etats allemands, qui s'essayaient à régler leurs affaires avec elle, personnellement ; d'autre part, les communications formelles et menaçantes de l'empereur des Français, qui, se réputant à juste titre comme « le plus puissant d'entre les chrétiens », sentait sa (-conscience troublée », tant que se prolongerait, pour le catholicisme allemand, « un état d'abandon et de perdition^ ». Le Wurtemberg après la Bavière,
i. « Les philosophes, disait Napoléon au poète Wieland. se tourmenteni à forger des systèmes ; ils cherchent en vain quelque chose de supérieui à cette religion qui réconcilie Ihounne avec lui-même et garantit l'ordn public et la paix des Etats en même temps qu'elle assure aux individus le bonheur et l'espérance.» M. Denis, citant ces paroles, ajoute : «Napoléoi comptait que ces paroles retentiraient dans toute l'Allemagne et lu concilieraient de nombreuses sympathies chez un peuple dont il con naissait la profonde religiosité.» [L AllemaQne. 1789-1810, p. 302.)
2. Dès le 22 février 1806, Napoléon écrivait au Pape : « Pour de;, intérêts mondains, pour de vaines prérogatives de la tiare, on laisse péri des âmes, le vrai fondement de la religion. Ils en répondront devant Dieu ceux qui laissent l'Allemagne dans l'anarchie.» (D'Haussonville, l'EgliS' romaine et le Premier Empire, II, p. 101. Paris, Lévy, 1870.) Les deu: documents les plus curieux sur les ambitions et les obligations qu'affec tait Napoléon à l'endroit du catholicisme allemand sont :
1° Une note de Chamj)agny au cardinal Caprara, du 21 septembre 1807 « Protecteur de la Confédération de l'Allemagne, l'empereur doit soigne les intérêts de la religion de cette grande contrée. C'est pour cela que lu a été donné le pouvoir temporel, et, lorsque l'aveuglement et l'ignoranc'
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et Bade après le Wurtemberg i, ne se lassaient point d'élever la voix pour re'clamer des évêchés spéciaux et une organisation territoriale de la confesdon catholique ; et, d'autre part, « héritier de ^Iharlemagne, véritable empereur d'Occident, fils lîné de l'Eglise, >> Fempereur Napoléon considérait que c'était de lui seul, — de lui, le reconstruc- :eur universel , — que les Eglises d'outre-Rhin pouvaient attendre le « secours, la puissante protec- :ion », dont elles avaient « un si pressant besoin ». Se savait-il pas, à l'occasion, protéger ces Eglises contre l'intolérance des Etats, comme l'attestèrent bruyamment, en 1810, ses remontrances au jouvernement badois, coupable de traiter les ca-
le quelques conseillers perfides portent la Cour de Rome à sacrifier en Allemagne l'intérêt des catholiques aux protestants, l'empereur qui se •appelle que la religion ne peut périr, et qui a été l'instrument dont Dieu 'est servi pour la rétablir en France, ne peut-il pas se regarder comme lyant encore la même vocation en Allemagne?» (D'Haussonville, op. cit., I, p. 409-460.)
2» Le Mémoire adressé au nom de l'empereur par Bigot de Preameneu lU cardinal Fesch, le 16 novembre 1809. contenant une série de questions iestinées à être adressées au Conseil ecclésiastique. « Sa Majesté, y isait-on, qui peut, à juste titre, se considérer comme le chrétien le plus )uissant dans le rang suprême auquel la Providence l'a élevé, sentirait a conscience troublée s'il ne portait aucune attention aux plaintes des i^glises d'Allemagne sur l'abandon dans lequel le Pape les laisse depuis lix ans. Sa Majesté le conjure d'y rétablir l'ordre. L'archevêque princetrimat vient encore de lui adresser ses représentations à cet égard. Si le ^ape continuait, par des raisons temporelles ou par des sentiments laineux, à laisser ces Eglises dans l'état de perdition et d'abandon, Sa tlajesté désire, comme suzerain de l'Allemagne, comme héritier de Gharemagne, comme véritable empereur d'Occident, comme fils aîné de 'Eglise, savoir quelle conduite elle doit tenir pour rétablir le bienfait de a religion chez les peuples d'Allemagne». (Barrai, Fragments relatifs à 'histoire ecclésiastique des premières années du XIX^ siècle, p. 101-102. "•aris, Egron, 1814.)
1. Le nouveau royaume de Wurtemberg, sans ambages, prenait à lui eut seul l'initiative de cette organisation : en 1812, il créait un vicariat 'piscopal à Elhvangen, et s'opposait à ce que le titulaire demandât des )ouvoirs, soit au Pape captif, soit au nonce de Lucerne, soit au métro- Mlitain Dalberg ; et c'est seulement en 1816 que Relier, futur évêque de acttenburg, fit reconnaître ce vicariat par le Pape (Brùck, I, ]). 154-156).
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tholiques comme des « hilotes * » ? p]n face des Etat: allemands qui souhaitaient leur^ Eglises, Napo léon préférait que l'Allemagne eût son Eglise comme la France unifiée avait la sienne, ou, tou au moins, qu'une primalie allemande dominât d« son iuipérieuse bénédiction tous les Etats signa taires de la Confédération germanique. Dalberg lui,nejugeait pas impossible que, sous les auspices de Fempereur, des concordats spéciaux, analogues au Concordat français, fussent négociés et que pardessus les Eglises nouvelles, filles de ces traités uneprimatie nationale continuât de régner; il renoncerait d'ailleurs à cette primatie, le jouroii elb paraîtrait un organe superflu'-.
1. Voir Ip texte do cotte curieuse uote, du 12 février 1810, dans BrûcP I. p. 2,'G-227.
2. L'opinion de DaUierg est exprimée dans un écrit publié à Paris e 1810 et intitulé : De la pair de VEfflise dans les Etats de la Confédératio rhénane, vœux exprimés par Charles, archevêque-métropolitain de Balif bonne. Dalberg explique que la spoliation de tous les évèchés par suite d la sécularisation, la vacance de plusieurs d'entre eux (Passau, Froisinj Baniberg, Wurzbourg, Munster), la confiscation des biens des séminaire et des monastères, ont troublé la paix dans les Etats de la Goafédératio rhénane, et que les bons offices du métropolitain pour obtenir un Goi cordât ont été infructueux. « La paix serait rétablie, poursuit-il au pan graphe 6, si lAuguste Protecteur au nom de la Confédération, et ' 8aint-Père, convenaient d'adopter pour le pays dont il s'agit le Concord; français. Alors chaque Etat aurait à sa nomination un ou plusieurs évêqui qui. confirmés ensuite par le Saint-Siège, jouiraient de la même autori spirituelle dont ils jouissent en France, et dont la menseépiscoi)alo sera déterminée par les souverains respectifs et sous la médiation de Sa Majes lempereuretdeSaSainteté; les îCtats plus petits se concerteraient entre eu pour une nomination alternative... L'archevêque de Ratisbonne laissera à la décision du Souverain Pontife Pie VII et de Sa Majesté l'Empereur dr Français réunis, la question, si, en conservant toutefois l'autorité épi copale dans son diocèse particulier, sa juridiction métropolitaine d< cesser ou non dans les Etats confédérés... S'il devient nécessaire à paix de l'Eglise et au rétablissement de lépiscopat dans les Etats «le Confédération d'en faire le sacrifice, et que le Saint-Père et lAugus Protecteur en décident ainsi dans leur sagesse, le métropolitain ne de pas balancer à renoncer, d'une manière légitime, à l'autorité ot ai avantages temporels quelconques dont il jouit en cette qualité, toute coi sidération particulière devant se taire lorsqu'il s'agit du bien général. »
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Ainsi, plusieurs combinaisons, dont l'une accentuait les rapports entre rétablissement religieux et la souveraineté territoriale, et dont l'autre ressuscitait l'antique usage des vastes patriarcats, se disputaient entre elles l'audience et l'acquiescement de Pie VIL Mais les premiers pourparlers échangés à Paris même entre le cardinal de Bayanne^ le nonce délia Genga, Tempereur et le prince-primat, furent interrompus, bientôt, parles événements de Rome. L'emprisonnement du Pontife suspendit toute décision ; et comme ces délais et ces incertitudes irritaient Napoléon, son conseil ecclésiastique, dès 1809, ne put se défendre d'excuser le Pape en alléguant que Pie VII, privé de r « assistance ordinaire » des cardinaux, ne pouvait étudier avec activité «une affaire liée comme celle-ci aux plus grands intérêts de la religion et des peuples 2 ». L'excuse était bonne, elle necom-
1. Gliainpaf,'ny, flôs le 21 soptenibro 1807, piiniifiait à Cnprara que, si Bayanuf ft dolla Geiii^a ne se mettaient pas vite en besogne, l'Euiperenr agirait comme Charlemagne et Charles-Quint, « pour les affaires temporelles », et que, « pour les affaires ecclésiastiques », il en appellerait à un concile général » (D"HaussonviIle, op. cit., II, p. 4G0). — Sur ces premiers pourparlers, voir Otto Meier, op. cit., I, p. B07-320.
2. La réponse du Conseil ecclésiastique à la consultation de Napoléon est publiée dans Barrai [op. cit., p. 152-164) : « L'influence de Tancien chef de l'Empire germanique est détruite, lit-on dans cette réponse ; le titre même que lui donnait cette influence est anéanti, et repose, avec bien plus de force et d'avantage, sur la tète de l'Empereur des Français ; en sorte que c'est de lui seul que les Eglises d'Allemagne peuvent attendre le secours et la puissante protection dont elles ont un si pressant besoin (p. 162). Tout nous porte à croire que le Souverain Pontife proposera lui-même, ou adoptera un plan conforme aux règles canoniques et aux pressants besoins de l'Eglise d'Allemagne, dès que sa situation et l'assistance ordinaire de ses conseils lui i)ermettront de se livrer avec activité au travail que demande une affaire liée, comme celle-ci, aux plus grands intérêts de la religion et des peuples (p. 163)... On ne pourrait recourir à la voie d'un concile pour la terminer, que dans la supposition où le Pape se refuserait à toute voie raisonnable de conciliation ; supposition à la(iuelle le caractère et la piété de Sa Sainteté ne permettent pas de
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portait nulle réplique, et jusqu'en 1814, Savone et Fontainebleau la rendirent valable ^ Le Pape, cette année-là, cessa d'être captif. 11 pouvait dès lors examiner et trancher les difficultés de l'Allemagne. Mais bientôt une foudroyante nouvelle faisait haleter et respirer l'Europe ; l'empereur, captif à son tour, avait l'Océan lui-même pour geôlier ; et ce ne fut plus avec Paris, mais avec Vienne, que Rome poursuivit le colloque.
s'arrêter un nionient (j). 164). » Quant à Dalborg, an paragraphe 7 de son écrit : De la paix de l'Ef/lisc, cité plus haut, il explique qu'en cas d'échec des négociations, « un concile général serait probablement l'unique et dernier espoir ».
1. Gomme Napoléon n'avait plus le loisir de songer à un concordat d'Empire ni la possibilité de l'obtenir, on recommençait en Bade, dès 1813, à préparer pour l'avenir un projet de concordat spécial, rédigé par le prêtre joséphiste Haeberlin (Ludwig, Deutsche Zeilsc/irift fur Kirchenrccitt 1902, p. 307-322). — Cf. Otto Meier, op. cit., I, p. 383-394.