Beck, op. cit
'2. Le texte prussien était ainsi conçu : Die KathoUsche Kirche in Deutshland wird iintcr lier Garantie, des Bundes eine so viel môglich oleichfôrlif/e, ilire Itcclite und die zwr Beslreitung ihrer Bedûr fuisse notwendiqsten litlcl sirhernde Verfassiniff erlialten (Klùbor, Uebersicht der diploma- ■irlien Verhandluuf/en des Wiener Corifjresses, UI, p. 440-441).
3. Le texte autrichien était ainsi conçu : Die Angelegenheilen der Kathosclien Kirche sollen mit dem rômischen Hofe auf der Versammlung (ce qui ouiait dire : au Dundeslag) vcrhandelt iverden (Klûber, Uebcrsicld, III, . 441).
4. Ce texte était ainsi conçu : Die Kalholische Kirche in Deutschland wird
Wessenberg se croyait maître du succès, lorsque survint, pour traverser son espoir, la mauvaise volonté de la Bavière, bientôt suivie d'autres oppositions. Les partisans des Eglises d'Etat voulaient empêcher l'unification nationale de l'établissement religieux. Aussi la Bavière prit-elle prétexte d'une divergence d'idées avec la Prusse au sujet de la situation des protestants, pour faire échouer le projet d'article relatif à l'Eglise germanique ^ Wessenberg s'émut, puis s'indigna. Il conjura Metternich, lui déclara que ce serait une honte aux yeux du monde entier si le peuple allemand ne trouvait pas dans l'Acte de Vienne une garantie pour ses intérêts religieux ; que les gouvernements unis pourraient intimider le Saint-Siège ; que Rome, au contraire, s'ils traitaient séparément avec elle, se jouerait d'eux-. Metternich était de
unter der Garantie des Bundes eine ilire Redite nnd die zur Bestreitung ihrer Bedilrfnisse tiotwendifjen Mittel sichernde Yerfassumj er/ialten (Klûher, Uebersicht. III, p. 441-44".'); P"''' ^>'^ remplaça Verfassung (constitution) par Einriclitung (organisation) sur la demande du Luxembourfjf, qui agissait à l'instigation du cardinal Gonsalvi, inquiet de cette participation éventuelle de pouvoirs laïques à la constitution de l'Eglise (Klûber, Uebersicht, III, p. 445).
1. L'article discuté contenait un second paragraphe ainsi conçu : « Les évangéliques conservent expressément leurs droits reposant sur des traités, lois fondamentales ou autres pactes en vigueur. » La Bavière re poussa cette addition, et la Prusse aimait mieux effacer tout l'article qur de le laisser passer sans l'addition (Beck, op. cit., p. 78 et suiv.). Lo Bavière ne faisait en cela que s'inspirer de l'avis des « orateurs » d( l'Eglise, qui, dans une note sur l'article 1"), se plaignaient qu'il y eût iné galité entre l'Eglise protestante, à laquelle on maintenait les droit: acquis, et l'Eglise catholique, que les projets même relatifs à son organi sation menaçaient d'une certaine inunixtion des pouvoirs laïques (Klùber Akten des Wiener Congresses, IV, p. 295 et suiv.).
2. Lettre de Wessenberg à Metternich, du 1" juin 181.") : il faisait remar quer, aussi, que l'article IG de l'Acte de Vienne assurait aux Juifs habi tant en Allemagne plus de garanties que n'en aurait, au sujet de ses inté rets religieux, le peuple allemand lui-même si l'on supprimait l'article 1 (Beck, op. cit., p. 78 et suiv.). —Cf. la note ofHcielle de Wessonberp le 8 juin 1815, contre l'effacement de l'article (Klùber, Akten des Wiene Co7\gresses, IV, p. 308 et suiv.).
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l'avis de Wessenberg^ ; mais, la Bavière tenant bon, Ton finit, le 8 juin 1815, par effacer l'article litigieux ' ; et le Congrès de Vienne se sépara sans donner à Tidée de primatie ou de patriarcat la plus légère satisfaction'^.
Pie VII, par l'intermédiaire de Gonsalvi, avait protesté contre les décisions du Congrès de Vienne, déplorant la disparition des principautés ecclésiastiques, la sécularisation des biens d'Eglise, et regrettant hautement que « le Saint-Empire romain, centre de l'unité politique, ouvrage vénérable de l'antiquité, consacré par l'auguste caractère delà religion, ne fût pas encore ressuscité de ses ruines». Les Papes, forts de leurs certitudes d'éternité, mettent parfois plus de temps que le reste des hommes pour tisser le suaire du passé. Mais dans ces mêmes notes de protestation, « Sa Sainteté nourrissait l'espoir que les princes qui gouvernaient l'Allemagne prêteraient tout leur concours et appui à une systémation {sic) des
1. Mémoires de Mctternich, HI, p. 1-5. On voit Metternich, par exemple, se féliciter auprès de l'empereur, le 5 avril 1816, d'avoir jusqu'à ce jour parfaitement réussi à empêcher la conclusion de tout concordat particulier entre le Wurtemberg et le Saint-Siège.
2. « Cet article, tel qu'il est conçu, est difficile à comprendre, et éveillerait présentement maintes susceptibilités si l'ini voulait entrer dans des stipulations plus précises. » Ainsi s'exprime, au sujet du rejet de l'article 15, le protocole du Congrès (Klûber, Akten des Wiener Conr/resses.ll, p. 5:5.5. — Cf. Kli'iber, UebersichL III, p. 447).
3. Le biographe Beck, jaloux du moins de prouver que le nMe de son héros AVessenberg au Congrès de Vienne ne fut pas inefficace, explique que c'est Wessenberg qui fit insérer dans l'article IG une clause d'après laquelle la différence des confessions religieuses ne devait, désormais, servir de prétexte à aucune inégalité dans la jouissance des droits civils et politiques. Wessenberg. aussi, travailla, mais sans succès, pour que l'iibligation imposée aux princes d'assurer à leurs sujets une représentation des diverses classes {Landslandische Verfassung) fût proclamée dune façon plus exi)resse (|ue ne le faisait l'article 1.3 (lîeck, op. cit., p. 83-80).
alTaires ecclésiastiques de cette nation illustre, conforme aux lois de l'Eglise». Ainsi la protestation môme du Pape enregistrait une victoire : ridée de primatie, qui eût risqué d'unifier l'Allemagne catholique contre Rome, avait tout au moins subi un recul; et c'est dans une période de concordats que, sous le regard boudeur de Wessenberg, Rome et les princes allaient entrer. Consalvi, au Congrès de Vienne, avait toujours évité d'employer cette expression : « l'Eglise catholique d'Allemagne»; c'est du pluriel qu'il usait : il parlait des (( Eglises catholiques de l'Allemagne'». A l'issue du Congres, il semblait que le pluriel Teiit emporté sur le singulier; et l'on pouvait pressentir que Rome aurait bientôt à négocier avec les divers Etats au sujet de leurs Eglises respectives.
1. Voir dans Klùber, Aklen des Wiener Coiujresaes, IV, p. 325 et suiv., la protestation de Consalvi, du 14 juin 1815, contre les décisions qui enlevaient définitivement au Saint-Sièfje, sans indemnité, le Gomtat- Venaissin et les territoires de la rive gauche du Pô; — IV, p. 319 et suiv., la note de Consalvi, explicative de cette protestation; — VI, p. 441-4'.f), la i)rotestation de Consalvi, du 14 juin 1815, relativement à l'Eglise d'Allemagne et au Saint-Enij.ire; — VI, p. 437-441, la note de Consalvi, explicative de cette protestation. Nos citations sont empruntées à cette dernière note. — Lire aussi, dans Kluber, op. cit., IV, p. 312 et suiv., le discours de Pie VII au consistoire du 4 septembre 1815: il y énumère les démarches qu'il a faites pour l'Eglise d'Allemagne, et exprime son espoir en un congrès nouveau, qui s'occupera exclusivement des choses allemandes. — Consalvi, dans l'une de ces notes (IV, p. 324-325), rappelle lormellement lexcmplf de Fabio Chigi, qui protesta au nom du Saint- ' Siège contre les traités de Westphalie. Kluber, Uebersickt der diplomatischen
Verfiandlu)u/en des Wiener Conijresses, III, p. 484-503, conii)are, en des pages fort intéressantes, les protestations du Saint-Siège contre le Congrès de AVestphalie et contre le Congrès de Vienne.
2. La remarque est de Kluber, Akten des Wiener Conoresscs, VI, i). 42i\ note.
L'idée de primatie, pourtant, avait trop d'appuis politiques pour se résigner aussitôt à Teiïacement; elle continua de frapper à la porte des cabinets des souverains, et de courtiser les âmes des fid(Mes; elle fut assez tenace, assez entreprenante, pour que certains esprits pussent encore croire, en Allemagne, à la prochaine fondation d'une «Eglise d'Utrecht », à Timminence d'un schisme germanique-. Rome n'était point sans anxiété, lorsque se réunit à Francfort, en 1816, le Bundestafj germanique : Metternich persistait dans son plan politique'^, Wessenberg dans son programme religieux; leur communauté d'action était grosse de menaces, et le chanoine HelfFerich, l'actif émissaire des confédérés d'Eichstatt, s'empressa de prendre la route de Francfort, pour mieux parer au péril'; il y trouva Frédéric Schlegel, qui
1. Le 18 février 1816, le vicaire général de Bamberg écrivait à l'évoque d'Eichstiitt qu'il était à craindre qu'on n'eût en Allemagne une Eglise d'Utrecht, que les lébroniens ne triomphassent, et que Dalberg ne consacrât Wessenberg coadjutenr malgré le Pape. Voir Bnick, L P- ;W4-::{Ub.
2. Voir Metternich, Mémoires, IH, p. 3. — Le 5 avril 181o, Metternich écrit à l'empereur: « Il faut amener l'Allemagne à accepter une constitution ecclésiastique et à admettre des principes qui soient les nôtres, sans que nous ayons l'air de vouloir imposer nos principes à l'Allemagne » ; il songe à « s'assurer des vues de quelque ecclésiastique de marque en Allemagne, auquel on pourrait laisser en toute sécurité l'initiative de l'organisation à faire, au lieu de la prendre nous-mème ». « Il me semble incontestable, continue-t-il, que la personne la ])lus aj)te à jouer c»; rôle serait le baron de Wessenberg; il jiniit de la confiance générale en Allemagne » ; et il propose à l'empereur d'envoyer auprès de Wessenberg le vice-directeur des études théologiques, Augustin Braig.
3. Friedrich, Geschichle des Vatikanischcn Kon;ils, I, p. 180,
répudiait l'idée d'une primatie comme un germe de schisme^.
L'appui de Metternich, qui avait, au Congrès de Vienne, été de quelque utilité pour Wessenberg, lui fut plutôt nuisible à Francfort. La Prusse avait vu clair; elle avait senti que la réorganisation de l'Eglise germanique, telle qu'on la désirait à Vienne, pouvait faire de cette Eglise la satellite de l'Autriche; c'en était assez pour que la Prusse fît obstacle. Aussi les doctrines de Wessenberg, à Francfort, ne se heurtèrent-elles plus seulement à l'hostilité bavaroise, que Wessenberg, passant à Munich, avait vainement essayé de briser, mais aussi à l'antipathie prussienne- : dès ce moment, elles étaient en recul.
La mort de Dalberg, survenue le 10 février 1817'^, leur donna le coup de grâce en faisant disparaître le seul personnage qui eût été qualifié, sur l'heure, par son titre de prince-primat, pour supporter sur ses épaules la charge du patriarcat national. Il n'y avait plus de primat; Wessenberg n'était plus qu'un ancien coadjuteur : il pouvait dès lors construire des théories sur la primatie, elles flottaient en l'air, indécises et vides. Et l'un des i< confédérés » d'Eichstatt, le coad-
1. Sur le rôle de Schlegel et de Schlosser, un autre converti, à Francfort, voir Pertz, Leben des Freiherrn von Stein, V, j). 63: Stein leur reproche de vouloir former un Corpus cathoUcorum qui continuerait dètre un (M(>nient de divi^^ion pour l'Allemagne.
2. V(»ir, i^ur lattitude de Huniboldt, qui représentait alors la Prusse au Burulcs/af/. Briick, I, p. 300-302, et Bruno Gebhardt, op. cit., U, p. 220-221. Les idées de Humholdt étaient strictement « territorialistes » ; les rêves d'Eglise germanique choquaient, en détinitive, la conception qu'il se faisait des rapjiorts entre lEglisc et lEtat prussien.
3. Sur la demi-misère et l'isolement de Dalberg en ses dernières années, voir Beaulieu-Marconnay, II, p. 280 et suiv.
LA RÉORGANISATION DE l'ÉGLISE 137
juteiir Zirkel, publiait une retentissante brochure pour achever leur ruinée
Wessenberg se résolut à prendre la route de Rome, avec le désir d'en revenir évêque, voire patriarche; sinon, à son retour, il en appellerait à rAUemagne entière, et l'érigerait comme juge entre Rome et lui-. Son impatience se brisa contre la patience romaine ; il rentra à Constance fort mécontent ; et, drapé dans sa dignité de vicaire capitulaire, entouré d'un chapitre qui le soutenait et l'aimait, il concerta l'action du lendemain. Les prêtres du Rrisgau faisaient frapper une médaille sur laquelle ils lui exprimaient leur joie, leur reconnaissance, et le qualifiaient d'ange de l'Eglise germanique-'. Des duels de brochures s'engagèrent : les unes accusaient Wessenberg, les autres accusaient Rome ; et les unes et les autres, par le relief même qu'elles donnaient à Wessenberg, semblaient le sacrer primat, môme patriarche, encore qu'au jugement même deNiebuhr il fut très au-dessous d'une telle vocation^. Et puis le silence se fit: Wessenberg était devenu gênant "». . . et plus gênant pour les souverains qu'il ne l'était pour Rome.