‹ L'Allemagne religieuse (volume 2)Chapitre 63 sur 202 · Olto Mcier, oj). cil.. II, I, p · texte numérisé non relu

Olto Mcier, oj). cil.. II, I, p

2. Sur le voyage de Wessenl)erg à Rome, voir Olto Meior, op. cil.. II,I, p. 73-78.

3. Anijelo EccîesisB f/ermnnicx lœlans et (/ralus clerua Brisi/oviensi.^, hjiil. 1818(Norber, toc. cit., XII, p. 13G2).

4. Niebuhr estimait que plusieurs des innovations de "Wessenberg étaient bonnes, mais que tout en lui trahissait un esprit superficiel {einen fldchen Gcist), tel qu'on le pouvait attendre dun disciple du prince-primat (Nippold, Bunsen, I, p. 151).

ô. Dans ses Rvilexions sur la situation de l'Ef/lise catholique dans la Confédération ç/ermanir/ur. jiubliées en ISIS, Wessenberg. instruit par l'attitude des puissances allemandes, renonce à la vieille idée d'un Concordat d'Empire, qu'il avnit héritée de Dalberg: c'était, en fait, une première capitulation de son « patriarcalisme ». Voir l'analyse de cette brochure dans Otto Meier, op. cit., II, I, p. 78-86.

Car ce qu'il fallait aux souverains, c'étaient des solutions pratiques, et Tenteté canoniste les voulait engager dans une suite de polémiques dont on n'apercevait pas l'échéance. Y avait-il du temps à perdre lorsque, dans l'immense Confédération germanique, toutes les Eglises, sauf six, étaient veuves de leurs évéques? Encore, parmi les six évoques encore vivants, cinq étaient-ils plus que septuagénaires, et deux étaient-ils de nationalité française-. Rendre à l'Allemagne, d'urgence, un épiscopat : c'était désormais la préoccupation des souverains allemands.

Au moment où, revenant de Rome, Wessenberg les voulait enrôler au service de ses frondeuses ambitions-, ils chargeaient au contraire leurs envoyés de nouer avec la Curie des entretiens chaque jour plus sérieux; ils y parlaient bas, très bas, chacun à part et chacun pour soi; et les conversations qu'engageaient avec Consalvi

1. Otto Meier, op. cil., I, p. 452-454. Les six évéques vivants étaient les évéques allemands do Hildeshcim, Eichstatt, Passau, Corvey, et les évoques français de Mayence et de Trêves; et seul celui de Corvey, dont le diocèse était insif^nifiant, avait moins de soixante-dix ans. — Il faut tenir compte, aussi, du désir quavaient les souverains, pour l'intérêt même des idées " territorialistes », de soustraire leurs sujets à la juridiction d'évéques demeurant hors de leur territoire : témoin Humboldt qui, au tem})s où il était à la section des cultes, à Berlin, eut à s'occuper très sérieuseuient des rapports entre les catholiques de la Prusse occidentale et les évéques résidant dans le duché de Varsovie (Bruno Gebhardt, op. cit., I, p. 291 et suiv.).

2. « Wessenberg, sans doute, est un homme estimable, écrivait Gœrres en 1819; mais il est dans son tort, puisque, pour soutenir une mauvaise cause contre le siège pontifical, il a recours au pouvoir temporel, et sacriûe la liberté de l'IOglise en faveur des souverains, en se disant le défenseur de cette liberté. » {L'Alle/naym et la Révolution, trad. Scheffer, p. 87. Paris. Brissot-Thivars, 181i).) — Quanta Niebuhr, qui avait assisté à Rome aux démarches de Wessenberg, il ne comi)renait pas cette demiinsubordination qui n'avait pas la loyauté d'aller jusqu'à la Réforme et qui chagrinait « le plus pur et le plus doux de tous les Papes » (Janssen, l'riedrith Leopold Graf zu Stolbercj, 11, p. 384-385).

les souverainetés laïques, môme protestantes, et les notes que lui transmettaient, pour le service de ces souverainetés, les théologiens, môme fébroniens, étaient pour Rome une première victoire'; car ces conversations particulières et ces notes de détail attestaient qu'avant d'être née, la grande Eglise nationale germanique était morte-. Il fallut plus de cinquante ans pour que M. de Bismarck s'essayât une dernière fois, et d'ailleurs inutilement, à contester cette victoire définitive de la centralisation romaine sur l'idée d'Eglise nationale.

Le prisonnier de Sainte-Hélène faisait école. Il avait ouvert le siècle en ménageant au Saint-

1. C'est pont-être ce que sentait Gœthe lorsqu'il écrivait en une de ses Xviiies : « Le Concordat et les statuts de lEfîlise ne sont-ils pas menés à bonne lin? — Oui, commencez une fois avec Rome, et vous serez promenés! » (Gœthe, Œuvres, trad. Perchât, I, p. 394.)

'1. Wessenbcrfj: persista, dix ans durant, à conserver, maljîré Rome, ses fonctions (!(• vicaire capitulairc de Constance, et M. Friedrich, l'historien « vieux-cntholiqne », estime que cette ténacité provocatrice ei'it marqué en Alleniaf,'ne un désastre irréparable pourl' « ultramontanisme », si elle eût trouvé l'appui des Gouvernements (Geschichle des Vatikanischen. Kuiizils, L p. 181-18-2). Mais rinc!)nduite flagrante d'un certain nombre de prêtres badois et la défection bruyante du pi-ètre Henhœfer, qui devint en 18'26 pasteur protestant, ménageaient àWessenberg une série de déceptions. Son ami Fridolin Huber défendit courageusement les maximes et l'œuvre du vicaire générai ; mais l'échec de cette administration était démontré par les faits. A partir de 1827, Wessenberg est dans la retraite : nous le retrouverons dans la suite, aidant et « documentant » les prêtres et les laï(iues qui voudront lulter contre V « ultramontanisme », et soutenant, dans les revues qu'il inspirera, le mouvemcmt en faveur de la réforme liturgique et le mouvement synodal; il publiera en 1840 un livre sur les grands conciles des xv« et xvi« siècles, qui sera comme le testament de sa pensée sur l'histoire de l'Eglise. Il ne mourra qu'en 1860,

Siège deux surprises successives, dont l'une, le Concordat, ressemblait à un hommage, dont l'autre, les articles organiques, ressemblait à une duperie. A l'improviste, il avait appelé la diplomatie pontificale à réorganiser avec lui l'Eglise de France; à l'improviste encore, il avait donné au Concordat, tout ensemble, une entorse et un complément. Les souverains allemands qui voulaient, au lendemain du Congrès de Vienne, rétablir Téquilibre de l'Eglise, connaissaient, pour l'avoir étudié, le précédent de Napoléon^; et les grandes lignes de leur politique ecclésiastique s'y calquèrent presque servilement. Ils demandèrent et obtinrent de Rome qu'une assise fût donnée à leurs Eglises; puis ils prétendirent régler en toute liberté le détail de ces édifices, dut l'assise ellemême en souffrir.

Le Concordat entre Rome et la Ravière, ratifié à Munich le 24 octobre 1817-, fut presque aussi-

1. Précisément, dans leur Pro Memoria de janvier 1818 à Frédéric- Guillainne III, ses ministres lui font remarquer que la République française dut recoul-ir au Pape pour les délimitations diocésaines (Otto Meier, op. cil., II, II, p. 77). Au fond, les Gouvernements voulaient traiter avec le Pape pour édifier territorialement une organisation ecclésiastique, mais non pour reconnaître des droits à l'Eglise. Au Concordat, conclu avec le Pape, de fixer les limites des évêchés ; aux articles organiques, rédigés en dehors du Pape, de fixer les limites entre l'Etat et l'Eglise.

2. Postérieurement à l'ouvrage d'Otto Meier, II, I, p. 86-213, les deux ouvrages essentiels sur le Concordat bavarois sont: Sicherer, Staat und Kirche in Bayern vom Hef/ierunf/santriti des Kurfursten Maximilian Joseph IV bis zur Erklarunij von Te(jernsee (Munich, Kaiser, 1874); — et Lerchenfeld, Ziir Gesclnchie des bairisclien Concordats (Nordlingen, Beck, 1883). — Le texte de ce Concordat est publié dans Martens, Nouveau Recueil de traités, III, p. 106-126; il porte la date du 5 juin, bien que présentant de notables différences avec le texte signé par Rome le 5 juin. Sur les négociations antérieures au 5 juin, voir Sicherer, op. cit., p. 201-232, et p. 52-71 des Annexes; sur l'attitude des divers ministres bavarois à l'égard de ce Concordat, l'hostilité formelle de Lerchenfeld, les réserves plus conciliantes auxquelles se borna Rechberg, voir Lerchenfeld, op. cit., p. 31-50, et SiGherer,^o79. cit., p. 7,1-77 des Annexes ; sur les con-

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lot mis en péril par la façon même dont le Gouvernement bavarois le publia; on en fit comme un appendice de la constitution du royaume, — ce qui n'était point pour déplaire au Saint-Siège, — mais on y accrocha, comme second appendice, un (( édit de religion^ » qui subordonnait l'Eglise à rEtat. La signature donnée au Pape par le roi de 'Bavière était corrigée et à demi retirée par cette adjonction d'articles organiques, qui ne faisaient avec le Concordat qu'un seul et même bloc, charte Ihybride, incohérente, pour laquelle fut réclamé le serment des ecclésiastiques^ et des fonctionnaires. D'interminables négociations s'engagèrent entre Munich et le Saint-Siège-^; et les confédérés d'Eichstatt, dont le chef, l'éveque Stubenberg, venait de monter sur le siège archiépiscopal deBamberg, y jouèrent un rôle actif'. Ce fut en effet le chanoine Hellferich qui, dans un voyage à Bome, amena le ministre de Bavière, Haeffelin, à rédiger la déclaration du 27 septembre 1818'', d'après laquelle r « édit de religion » n'était applicable que pour les protestants. Le Pape exprima publiquement sa joie d'une telle solution''; mais la Cour de Munich, bientôt, désavoua l'interprétation don-

cessions obtenues par l'Etat en ce qui concernait les nominations ecclésiastiques et les prétentions de lEtat circa sacra, et sur la ratification du Concordat, voir Sicherer, op. cit., p. 232-256.

1. Sur redit de religion, voir Sicherer, op. cit., p. 2G1 et suiv. ; et cf. dans Lerchenfeld, op. cit., p. 07-09, un premier brouillon de cet édit.

2. Sur les difficultés auxquelles donna lieu le serment des ecclésiastiques, voir Sicherer. op. cit., p. 3(J5 et suiv., et p. i).>107 des Annexes.

3. Sur lirritatiou du Saint-Siège, voir une lettre de Jenison, ministre de Bavière à Naples, dans Sicherer, op. cit., p. 79-80 des Annexes.

4. Sur le rôle joué dans cette affaire par les « confédérés », voir Friedrich, Ge.sc/iiclite des Valikanischen Konzils, I, \). 183-186.

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