Otto Meier, op. cit., II, ii, p
3. On eût surpris, i)lus encore, le Grand Electeur; dans son testament politi([ue de 1()(J7, il écrivait : « Lélectorat de Brandebourg et la Poniéranie sont, grâce à Dieu, complètement affranchies des grossières superstitions et de lidolàtrie papiste », et il espérait que cet affranchissement durerait toujours ( Bachem, Preussen und die Katholische Kirche, 5* édit. p. 4).
4. Voir Parisel, l'Elut et les Eglises en Prusse sans Frédéric-Guillaume 7", p. 74r)-77G. — Spectator (F.-X. Kraus), dans la Beilatje sur AHijeincinen Zciluuf/ du l" décembre 18î)8, donne de curieux détails sur ces anti(iues susceptibilités de la Prusse.
."). Riedel, Katliolisc/ies Lcbeu in der Murk Brandcnbiirt/, p. 71 (Berlin, inip. de la Genaania, 18i)4).
0. Le chancelier Ilardenberg, annonçant àConsalvi, le30 décembre 1810, l'envoi de Niebuhr comme ministre, lui écrivait: «Je regarde nos relati(ins connue plus solidement établies que jamais. La protection que «a Majesté accorde à ses sujets catholiques, la façon de penser du Saint- Père et l'esprit éclairé qui guide son ministre respectable, nous les garantissent nmtuellement. » (Gonsaivi, Mémoires, I, p. 94. )
Mais le Congrès de Vienne, en assurant à la Prusse des territoires considérables tout le long de la vallée du Rhin, grossissait étrangement le nombre de ses sujets catholiques i, et ]a question catholique, du jour au lendemain, y devenait plus ardente et plus aiguë. Frédéric Guillaume III en avait conscience : dans la proclamation qu'il adressait à ses nouveaux sujets rhénans, il insista, surtout, sur la liberté dont il ferait bénéficier la religion, « lebien le plus sacré de l'homme », et sur les efforts qu'il ferait pour améliorer la situation de leurs prêtres'-.
Le moment était solennel pour la Prusse : elle ne pouvait plus se présenter devant l'Allemagne et devant l'Europe comme une puissance essentiellement protestante, qui abritait chez elle, sous la protection des traités, quelques anciens essaims de populations catholiques; et, pour obtenir le respect de leur foi et la liberté de leur culte, les Rhénans n'étaient point d'humeur à invoquer des signatures diplomatiques; ils se prévaudraient, tout simplement, tout fièrement, de leur qualité de citoyens prussiens. Il n'était plus permis à la Prusse de considérer le catholicisme comme une végétation parasitaire s'étalant çàet là, en plaques restreintes et discrètes, sur le vieux tronc prussien : le catholicisme rhénan demandait d'être grelfé sur ce tronc; à ce prix seulement, la loyauté
1. Cette différence entre la situation de TEf^^lise catholique en Prusse dans la période antérieure et lasituation créée j)ar le traité de Vienne est bien expliquée dans un mémoire d'Altenstein, du 30 mars 1818. (Meier, oji. cit., IL II, p. 90).
2. De la Prusse et de sa doininution, sous les rapjjufts jxtlilic/ue et religieux, spécialement dans les nouvelles provinces, par un inconnu, j). 'o2b (Paris, Guilbert, 18'«2).
La réorganisation de l'église ik^
rhénane serait acquise aux Hohenzollern'. La Prusse, jusque-là, avait toléré un certain nombre de catholiques, plus qu'elle n'avait toléré le catholicisme : sa conscience désormais devait s'élargir à mesure que s'étendait sa puissance; et la hase théologique sur laquelle reposait son unité morale était définitivement vacillante, par Teffet même de ses succès militaires et de ses bonnes fortunes diplomatiques.
Niebuhr, son ministre à Rome, était un protestant fervent : le culte et les pratiques de l'Eglise romaine lui déplaisaient'; il comprenait mal le mystérieux attrait qui séduisait vers le catholicisme de nombreux artistes de la colonie allemande de Rome'', et sans doute croyait-il qu'en installant un prédicateur protestant dans la Ville Eternelle, il mettrait un terme à cet exode des consciences''. Mais son antipathie contre la reliî^ion papiste ne dégénérait pas en intolérance; t, dès qu'il eut connu Pie VU et Consalvi, il fut presque épris de ces deux hommes ■', ou du moins les jugea très supérieurs à la religion qu'ils représentaient. Pie VU avait dans sa Ribliothèque Vaticane le beaux manuscrits : c'était un charme auquel
1. Moohler, dans l'article ([xian 1838 il consacrait à l'affaire deColof^ne, lécrit en (jnelques i)ages très tines la situation nouvelle de la Prusse •ar l'apport aux catholiques nouvellenieut annexés (Moehler, GesamineUe ichi-iflen und Aufsûtze, 11, p. ^^3-.'. Ratisbonne, Manz, 1840).