‹ L'Allemagne religieuse (volume 2)Chapitre 82 sur 202 · Voir ci-dessus, livre I. chap. iv · texte numérisé non relu

Voir ci-dessus, livre I. chap. iv

5. Friedrich. Geschichte des Yatikanischen Konzlls. I, p. 187-188.

fait entrer Schlegel, des théories philosophiques sur l'histoire ; nous les rencontrerons plus tard, en leur temps ; et, dans cet émule des Bonald ou des Blanc-Saint-Bonnet, on aura peine à retrouver le « grécomane » de jadis ^

Tandis que Frédéric Schlegel, naguère encore prêtre des dieux de la Grèce, consacrera ses vingt dernières années à l'apologie de TEglise, son frère Auguste-Guillaume, lui, ne quittera jamais une attitude indécise. On l'avait vu, en 1799, dédier à Gœthe une élégie sur l'art grec, dans laquelle il conjurait l'Olympien de Weimar de montrer à son époque la route du vieux Parnasse ', et puis, en 1800, par un brusque soubresaut, célébrer en un poème « l'alliance de l'Eglise avec les arts », et signifier ainsi une sorte de congé aux prestiges de l'hellénisme ^. Sur le Parnasse devenu solitaire, les arts gisaient oubliés; et du haut du ciel l'Eglise venait à eux, elle les conjurait de renoncer à leurs antiques idoles, à jamais détrônées ; elle s'offrait à les servir en même temps qu'ils la serviraient ; elle les enrôlait pour sa gloire, et, deux ans avant le Génie du christianisme, la poésie de Guillaume Schlegel scellait cette alliance, pour l'éternité... On eût pu

\. Le P. Bamiij^artner. dans l'article du Kirchenlexikon intitulé Deutsche. Lillemlw (HL p. 1586-ir)'Jl. Fribourg, Herder), fait finement remarquer que les littérateurs convertis au catholicisme ont souvent mis la poésie au second {>lan pour se consacrer à des études plus exclusivement religieuses : c'est lune des causes qui expliquent qu'au point de vue littéraire les catholiques allemands aient souvent jjaru voués à une certaine infériorité.

2. Au}i;uste-Guillaume Schlegel, Poetische Werke, II, p. ô-23(Heidelberg, Mohr et Zimmer, 1811). — Sur Auguste-Guillaume Schlegel (1077-1845), voir Gœdeke-Gœtze, VI, p. (i-lG.

o. Auguste-Guillaume Schlegel, Poetische Werke, 1, p. 84-97.

croire, alors, qu'il allait se faire catholique : il recommandait à la Vierge Marie l'âme delà petite AugustaBœhmer' ;rAnnoncialion-, laViergedesSept Douleurs''', l'Assomption ^, lui inspiraient des sonnets tout parfumés de pieté; mais l'ascendant de M"*' de Staël le retint dans la Réforme. Il écrivait encore à Mathieu de Montmorency, en 1811 , que le culte protestant ne répondait pas à son cœur, et qu'en se prosternant devant la chapelle de Notre-Dame des Ermites, il avait entendu un appel"'... Avec le temps, l'appel s'assourdit, et lorsque, en 1827, le baron d'Eckstein, à Paris, imprimera dans son journal que Schlegel est « à demi catholique », l'ancien chantre de l'Eglise sautera sur sa plume et publiera une brochure entière pour démentir cette opinion comme une calomnie ^\ C'est ainsi que les deux Schlegel, dont la jeunesse s'était pareillement dévouée au service des dieux de l'Olympe et qui l'un et l'autre avaient quitté ces dieux, mourront, l'un, en 1828, catholique intransigeant et satisfait, l'autre, en 1842, protestant tiède et mécontent; mais leurs deux consciences, si différemment traitées par la destinée, étaient l'une et l'autre des pupilles du romantisme, puisque, en définitive, c'était le romantisme qui avait amené Frédéric au catholicisme, et le roman-

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