Diel-Kreiten, op. cit., I, p
3. Chateaubriand, en 1824, souscrira six exemplaires de la pul)licati< de Sulpice Boisserée sur Cologne {Sulpiz Boisserée, I, p. 432).
deux frères Boisserée ' s'attardaient en de solitaires promenades -, à l'ombre du chevet de Saint-Géréon ou de Saint-Severin, coins de silence et d'archaïsme, qui leur semblaient être des symboles de la patrie germanique endormie.
Dominés par ces impressions d'art et d'histoire, ils prirent en 1803 le chemin de Paris, s'installèrent rue de Glichy, dans l'ancien hôtel du baron d'Holbach, allèrent voir, un peu partout, les objets d'art, que ramenait en France la victoire de nos armées, et tirent la connaissance de Frédéric Schlegel -^
L'intelligence qu'ils avaient de la cathédrale de Cologne les aida à comprendre Notre-Dame, que Schlegel appréciait peu^ : ils se firent, à leur tour, les maîtres de ce maître, le guidèrent avec piété dans notre cathédrale, et lui promirent de plus beaux ravissements, s'il venait voir les églises du Rhin. Ainsi commencèrent, pour les Boisserée, de longues années de vagabondages esthétiques, durant lesquelles, parcourant la France, la Belgique, l'Allemagne, ils recherchaient dans les boutiques de bric-à-brac, dans les cloîtres où il n'y avait plus de moines, dans les églises où Dieu n'était plus, de vieilles peintures, de vieilles statues, de vieux émaux. Schlegel les accompagnait, notait au jour le jour ses trouvailles d'art ; et les Bois-
1. Sur Sulpice Boisserée (1783-1854) et Melchior Boisserée (1786-1851), voir le Recueil de lettres publiées en 1861, par la veuve de Sulpice, sous le titre : Sulpiz Boisserée, en deux volumes (Stuttgart, Gotta). L'historien Bôhmer appelait ce recueil un trésor de la nation (Janssen, Bôhmer's Lebcn wid Briefe, III. p. 401).
2. Sur le souvenir que ])lus tard ils gardaient de ces promenades, voir la lettre de Bertram à Sulpice Boisserée, du 11 mai 1811 [Sulpiz Boisserée, I. p. 127).