Gœthe. Mémoires^ trad. Carlowitz, IL p
porains ^ : ce verdict agressif, qui s'intitulait : /' (( Art moderne allemand^ chrétien et patriotique », apparaissait plus tard à Henri Heine comme la revanche des dieux païens, dont la colère se réveillait. Devant cette colère, continue Heine, « les fantômes du moyen âge s'enfuirent: les hiboux se cachèrent de nouveau dans les ruines des vieux châteaux; les corbeaux s'envolèrent à tire-d'aile dans h^s tours des églises gothiques 2 ». Lorsqu'en 1835 Henri Heine écrivait ces lignes, il prenait ses désirs pour la réalité. Les K fantômes du moyen âge » avaient au contraire la vie dure; et nous verrons, dans la suite de cette histoire, comment Joseph Gœrres, et puis Auguste Reichensperger'^ firent mentir les espérances d'Henri Heine et couronnèrent l'œuvre des Boisserée.
Quelque attirés que fussent les romantiques par les vestiges de TAUemagne d'autrefois, ils ne pouvaient résister, cependant, aux appels enchanteurs de l'Italie. Lucas de Leyde, dans le roman de Tieck, dissuade Sternbald de descendre au delà
1. Gœthe, édit. Kurschnor. XXIII. pn'face de Heinrich Dûntzer, p. xxvii-xxviii. — Sur cet article de Meyer. voir ci-dessous, p. 239, n. 4.
2. De l'Allemaf/ne, I, p. 220. — Pour comprendre l'état d'esprit de Henri Heine au moment où, obsédé par le nouvel idéal religieux du saintsimonisme, il s'emportait ainsi contre le romantisme, voir Lichtenberger, Henri Heine penseur, p. 124-127 (Paris. Alcan, 190ô).