Ilowitt, op. cit.. I. p
4. Howitt, op. oit , II, p. 312-313. — « Une tête dune pureté et dune expression ravissantes, écrit Montalembert en 1832, d'où rayonne tout ce ' qu'il y a dans la piété de plus austère et de plus élevé, une beauté de saint» (Lecanuet. Montalen,t,crt, I. j». 301). Paris. Poussielgue, l8!l4). — Cf. l'impression du jeune Lasaulx. dans Stulzle, Ei-nsl von Lusavlx, p.'sii. (Munster, AschendortT, I'j04). — J.enormant nonunait Overbeck « celui des artistes vivants qui porte le plus haut le fardeau le plus difficile .- (Howitt. op. cit., II, p. lit)). — Ce n'est que sous la j)lume du i)eintre Erwin Speckter, transfuge des Nazaréens, qui dévoua son pinceau à des allégories antiques, que l'on trouve, en 1831, des impressions assez malveillantes sur l'allure et l'extérieur d'Overbeck. Speckter, liriefe eines dentschen Kûmttcrs aus Italien, p. 113. Leipzig, Brockhaus, 184«).
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écrite — de ne s'être converti, un demi-siècle auparavant, que pour s'assurer à Rome de plus grandes facilités de travail : riiospitalité païenne des musées du Vatican ne valait-elle pas une imesse ? Mais, quoi qu'il en fût de Winckelmann, il était impossible d'imaginer, à l'origine des conversions d'Overbeck et de ses amis, le moindre mobile d'intérêt. Dans la Rome papale, ils n'eurent absolument aucune commande, si ce n'est de la part de leurs compatriotes allemands ; le Vatican les connut à peine ; et Montalembert pouvait écrire, en 1832 : « Les Italiens ne comprennent pas Overbeck le moins du monde ^ ».
Mais qu'importait à ces artistes que Rome sourît
1. " Quelle joie cynique, sauvage, écrivait Gentz, Gœthe semble avoir éprouvée à la glorieutie découverte, que Winckehuann est proprement un païen-né! Jamais je n'avais cru, chez Gœthe, à une haine aussi amère contre le christianisme, bien que depuis longtemps, de ce côté, je n'attendisse rien de lui. » (Brief'wechsel zwischen Friedrich von Gentz und Adam MiUler, p. 49. Stuttgart, Gotta. 18:)4). — Cf., dans Raich, Dorothca Schleiiel, 1. p. 155, une lettre de Dorothée à Caroline Paulus sur le \^9igSi' nmnc {S('ic/isisch-weimarische.s Heidentum) dont témoigne l'écrit de Gœthe. — Pour Gœthe, la conversion de Winckelmann ne fut qu'un acte d'adulation, et certaine lettre de Winckelmann, postérieure de deux mois à sa conversion, dans laquelle il se plaint de ne pouvoir atteindre son but, l'étude des trésors romains, « sans devenir quelque temps un courtisan » {Olme einige Zeil ein Ueuchler zu werden), sert d'argument aux détracteurs de la conversion de Winckelmann. l\ résulte dune lettre de Winckelmann, du Si) janvier Mb'.i, qu il ne doutait pas de la possibilité d'aller à Rome tout en gardant sa liberté de conscience (Justi, Winckelmann und seine Zeilf/enossen, I, p. 2«0, Leipzig, Vogel, 1898). Toutefois son biographe Justi, I, p. 281-306. incline à croire que le désir de s'assurer de plus grandes facilités de travail à Rome ne fut pas étranger à sa conversion. Voir, en faveur de la sincérité de Winckelmann, Baumgartner, op. cil., HI, p. 7. Il ressort, en tout cas, des observations de M. Justi, que Winckelmann n'était nullement un scei)tique et que jusqu'à la fin de j^a vie, la Bible, les prières chrétiennes, lui furent familières (Justi, op. cit., I. p. 65-(35).
i. Lecanuet, Monlalernberl, I. p. 300. A Vienne, d'autre part, qui passait encore pour une sorte de métropole du catholicisme allemand, les Nazaréens étaient peu aimés (Raich, Dorothea, Schku/el, II, p. 55); et l'empereur François, à son voyage à Rouie, ne visita pas l'atelier d'Overbeck et de ses amis, les croyant des adliérents du Junglinf/hund révolutiouuaire (Sopp. Gœrres und seine Zeifijencssen, p. 28()J.
à leur métier ? Rome plaisait à leurs âmes, et cela suffisait pour que le môme séjour qui, trois cents ans plus tôt, avait fait de Luther un protestant, les rendit, eux, catholiques.
On avait perdu l'habitude, à l'école des théologiens rationalistes, de considérer la conscience chrétienne comme susceptible de devenir, par sa propre vertu, une ouvrière de beauté ; on avait perdu l'habitude, à l'école des pseudo-classiques, de chercher dans les monuments du moyen âge, parure du sol germanique, l'épanouissement architectural d'une intense religiosité. A l'issue de cette mauvaise éducation, qui donnait aux peintres et aux sculpteurs, comme on l'a très bien dit, (( des âmes de littérateurs et non des cœurs d'artistes ^ », les peintres et sculpteurs qui descendaient vers la Ville Eternelle sentaient leurs yeux se dessiller; Rome leur révélait, à eux, comme Chateaubriand le révélait aux Français, que le christianisme recelait, pour la création de l'œuvre d'art, un « génie » insoupçonné -. Pour que ces surprises d'esthètes devinssent des secousses de consciences, pour que tôt ou tard ils fissent bénéficier l'Eglise romaine elle-même des hommages qu'ils rendaient à la beauté chrétienne enfin retrouvée, ce serait assez qu'une influence amicale s'exerçât, celle d'un Overbeck, par exemple, ou celle d'un Zacharias Werner. Aussi la conversion au catholicisme, pendant près de trente ans, sera-t-ellc, dans la