Aichinger, op. cit., p
7. Aichinger, op. cit., p. 21-25.— Sailer disait de la Compagnie : « Il y a ou beaucoup de divin dans sa fondation, beaucoup d'humain dans son développement, beaucoup de diabolique dans sa suppression. » (Ringseis, iirinnerunfjen, I, p. 70.) Il garda toute sa vie un véritable culte pour la mémoire du Jésuite Stattler, dont il défendit la Demonsiratio catholica.
SAILER 293
professeur à Tuniversité d'Ingolstadt de 1777 à 1781 S professeur h Tuniversité de Dillingen de 1784 à 1794-, professeur, enfin, à l'université de Landshut.de 1801 à 1821 3, Sailer forma pour son Eglise plusieurs générations de prêtres et de fidèles, auquelles il sut communiquer un sens intime et mystique du règne de Dieu. L'Allemagne catholique, à la fin du xviii* siècle, ne possédait pas, à proprement parler, une « littérature » catholique en langue allemande, non plus que notre France, h la fin du xvi% n'avait une « littérature » catholique en langue française. Sailer rendit au delà du Rhin le même service que chez nous saint François de Sales; et ses innombrables œuvres, qui formeront plus tard quarante et un volumes, aspirèrent à être une école de sens chrétien et à donner une discipline de vie chrétienne. Moraliste
empreinte d'idées fébroniennes et bientôt mise à l'index, contre les assauts d'un adversaire bénédictin (Aichinger, op. cit., p. 27-32, 45-59 et 434); et il disait un jour, au témoignage de Ringseis, que si, la Compagnie de Jésus existant, il avait à recommencer sa vie, il se ferait Jésuite (Ringseis, op. cit., I, p. 71). Le témoignage très élogieux que le chanoine Schmid, le disciple par excellence de Sailer, rendait aux Jésuites, est également à retenir (Schmid, Mémoires, trad. Dodille, p. 711).
1. L'électeur Charles-Théodore de Bavière, à son avènement, voulut faire des économies dans le fonctionnement de l'Université d'Ingolstadt, et Sailer en fut victime (Aichinger, op. cit., p. 59).
2. Sur la trinité de professeurs qui illustrèrent l'Université de Dillingen : Sailer. Joseph AVeber (1753-182(1) et Benoit-Patrice Zimmer (1752-1820), — la « feuille de trèfle », comme on les appelait, — et qui se retrouvèrent ensemble, quelque temps durant, à l'Université de Landshut au début tlu XIX» siècle, voir Aichinger, op. cit., p. 8(i-l}0 et 331-338. — Sur les manœuvres à la suite desquelles ces trois professeurs, malgré le rapport favorable de Feneberg, furent disgraciés sur l'ordre de Clémcnt-Wenceslas, ancien électeur de Trêves retiré dans son évèché d'Augsbourg, voir Schmid, Mémoires, trad. Dodille, p. 345-350, et Aichinger, op. cit., p. ly9-224.
3. La Bavière, en 1800, transporta à Landshut l'Université d'Ingolstadt, et c'est parce que le gouvernement de Montgelas considérait Sailer, W'eber et Zinmier, comme des « illuminés », disgraciés à Dillingen pour crime d'illuminisme, qu'il les appela à Landshut (Aichinger, op. cit., p. 329-331),
tolérant, sauf pour lui-mftme, et philanthrope sensible, sauf à ses propres fatigues, il y avait en Sailer, aussi, quelque chose de Fénelon, d*un Fénelon qui, au lieu d'être le précurseur du xvm" siècle, en eût été l'héritier; ses illusions et ses défauts mômes, sorte de patine que son époque avait mise sur son âme, ne pouvaient, dans le monde d'alors, qu'aider à son apostolat.
Avec Sailer, le catholicisme releva les droits du christianisme, dont la philosophie rationaliste, depuis cent ans, avait fait singulièrement bon marché; avec Sailer, la religiosité allemande, tant protestante que catholique, réapprit à prier. Voilà le caractère propre de son action. Ne lui demandez pas de polémiques confessionnelles : il les déteste ; et c*e que bien plutôt il caresse, c'est l'idée d'une sorte de collaboration des diverses confessions chrétiennes contre les négations de la libre pensée ^ Ne lui demandez pas, non plus, d'accentuer dans son enseignement les arêtes qui forment, entre catholicisme et protestantisme, une sorte de ligne de partage des doctrines et des consciences : à l'occasion, et lorsqu'il le faut, il saura sans doute, tout comme un autre, écrire de bonnes pages sur l'importance de la tradition dans l'Eglise *, et même une dissertation savante et apologétique sur le culte des saints 3, mais ce ne sont là, dans son œuvre, que des accidents ; elle est faite, dans son ensemble, pour être lue, comprise et goûtée,
i. Sailer s'inspirait à cet égard de l'exemple de son maître le Jésuite Stattler. Voir Karl Werner, Geschichte der katholiachen Théologie,^ édit., p. 229-230.