‹ L'Allemagne religieuse (volume 3)Chapitre 146 sur 215 · Ringseis, Erinnerungen, I, p. 223-230 et31G-3G · texte numérisé non relu

Ringseis, Erinnerungen, I, p. 223-230 et31G-3G

àÔâ t»ENSÉE CAtHOLlQUË ET t^ENSÉE ALLEMANDE

pourquoi la foi ne fait plus de miracles, comme au temps des apôtres. Ringseis est au seuil du doute : la foi est-elle devenue sans vertu?... Mais soudainement, dans le village de Baindlkirchen, il a vu le prêtre Lindl, et des hommes de toute cri* gine se pressant autour de ce prêtre pour trouver le signe de Dieu : des pantomimes, des peintres, des danseuses de ballet, tout d'un coup plongés dans Tascèse ; des joueurs et des ivrognes à jamais convertis ; des valets de ferme qui pénètrent le sens de TÉcrilure; et les barrières s'effaçant entre les classes sociales, et Thumanité, sur le sol de Baindlkirchen, devenant une cordiale fraternité *. Et Ringseis, étonné, a retrouvé sa confiance au Christ. Le jurisconsulte Savigny vibrait à Tunisson : il s'enthousiasmait pour Boos, et peut-être espérait-il qu'à la faveur de ces nouveautés mystiques, les deux confessions chrétiennes, en une heure d'exaltation chaleureuse, finiraient par se rapprocher et se fondre 2. Brentano, à son tour, le beau-frère de Savigny, recopiait, avec son enthousiasme de romantique, les lettres de Ringseis; il les faisait circuler, il se félicitait que, « sous le sceptre de Satan » (ainsi qualifiait-il le gouvernement de Montgelas), « se développât un pur christianisme 3 ». Il faut lire les impressions de Ringseis, il faut lire celles de Brentano, pour ressaisir le sentiment d'émancipation qu'éprouvaient les âmes en entendant parler de cette Bavière oîi le « pur christianisme » se réveillait. Le catholicisme, en

\. Riiigseis, Erinnerungen, I, p. 323 et suiv.

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