‹ L'Allemagne religieuse (volume 3)Chapitre 158 sur 215 · Galland, op. cit., p · texte numérisé non relu

Galland, op. cit., p

du vieil Empire, et charriant en un torrent, avec ce cadavre solennel, tout un amas de métaphores insultantes, de plaisanteries empanachées, d'invectives goguenardes. Puis soudain, faisant trêve aux bouffonneries, Gœrres ouvrait le pli qui ren* fermait les dernières volontés ; il y lisait le nom d'un exécuteur testamentaire, le général Bonaparte^ . C'est vingt-deux mois avant Brumaire et sept ans avant Austerlitz, qu'il jetait sur le papier cette prophétique ironie. Dieu la prit au mot ; et sur l'ordre de l'exécuteur testamentaire que ce jeune homme avait désigné, les chancelleries du monde, en 1806, enregistreront, en leur style à elles, l'acte de décès rédigé en 1797 par Gœrres.

Rome, à son tour, devenait française ; et Gœrres sonnait le glas de l'autre grand pouvoir qui avait partagé avec l'Empire l'hégémonie de la chrétienté.

Rome est libre, s'exclamait-il. Jadis la puissance temporelle appelait à son aide le bras spirituel; un signe vers le ciel, un auathème, et tout était dit. Aujourd'hui ce bras est paralysé; la philosophie a remplacé les noirs maléfices; et c'est la publicité qui met en branle l'empire des esprits, La méchanceté, lorsqu'elle n'est pas justiciable de la loi, est justiciable du pilori. Nous voulons enlèvera la prêtrise son masque, mettre partout des idées saines en circulation. Nous travaillons au bien des peuples, nous travaillons même pour les princes, car nous leur montrons qu'on peut se passer d'eux, et nous enlevons de leurs épaules le poids du gouvernement 2.

Cependant que les armées démantelaient TEm-

i. Scpp, op. cit., p. 46-48.

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