‹ L'Allemagne religieuse (volume 3)Chapitre 160 sur 215 · Galland, op. cit., p. ."jô-ôG · texte numérisé non relu

Galland, op. cit., p. ."jô-ôG

2. Plus tard, en 1814, Gœrres, dans une lettre à Stein, évoquera le souvenir de sa période jacobine : « Dans ma vie, dira-t-il, je n'ai à rougir de rien : jamais je n'ai niésusé de ma force pour le moindre attentat contre mes concitoyens ; jamais je n'ai attaqué quelque chose qui fût réellement digne d'honneur. » (Gœrres, Gesammelte Briefe, II, p. 425-426.)

3. Déjà, dans le Rothc lilatt, Gœrres se plaint que Champein et Godon, installés dans le territoire de Trêves comme administrateurs des contributions et des finances, soient des Français ignorants des conditions locales (Gœrres, Politische SchriftP7i, I, p. 21-22). — Cf. dans le Rûbezald, ses plaintes contre nos « proconsuls » (Sepp, op. cit., p. 57-58)

En vain Gœrres se concevait-il et s'admirait-il comme « citoyen du monde » ; il était Rhénan et se sentait Rhénan. Du jour où ses compatriotes crurent avoir à se plaindre de leurs nouveaux maîtres, Gœrres, d'auxiliaire, était tout proche de devenir un insurgé. 11 serait curieux, et triste tout ensemble, de suivre dans les provinces rhénanes, — comme M. de Lanzacde Laborie s'y est brillamment appliqué pour la Relgique*, ---- le flux et l'irréparable reflux des sympathies populaires à l'endroit de la France : on verrait comment les procédés des « proconsuls », leur indiscrète immixtion dans le domaine des consciences, leur ignorance des besoins régionaux, leur irrespect à regard de l'opinion locale, leur prurit d'unjformiser, de centraliser, de niveler, soulevèrent bientôt d'acres mécontentements^. Gœrres, aux heures de désenchantement, demeura la voix de son peuple, comme il l'avait été aux heures d'enthousiasme. 11 se fit l'organe des doléances rhénanes, d'abord dans une pétition adressée au Directoire^, puis dans quelques articles qui le firent soupçonner d'anarchie, enfin dans deux missions, dont l'une, auprès d'un général, lui rapporta vingt jours de prison*, et dont l'autre, auprès du Directoire, acheva de le brouiller avec la France. Parti pour voir les Directeurs, il rencontrait à Paris Donaparte, dont Drumaire venait de sceller la gloire. Il eut audience, ne reçut

1. Iai Domination françiaise en Belgique, 1795-1814,2 vol. Paris, Pion, 1896.

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