Sepp, oj). cit., p
CATHOLïCÎSME et SAlNTÈ-ALLlANCE 325
qu'une bonne parole, mais point de promesses, écrivit à sa fiancée que la ville de Paris n'était qu'une fille publique, et s'en retourna vers Coblentz, la haine au cœur contre la France ^ 11 avait vingt-quatre ans, et brûlait avec intrépidité ce qu'avaient adoré ses vingt ans ; il se croyait revenu de ses partis pris de jeunesse, mais en fait sa jeunesse émigrait au service d'un autre parti pris, qui s'enracinera tellement en son âme que, lorsque plus tard des recherches de bibliothèque le ramèneront à Paris, il souffrira de cette nécessité comme d'un fléau-.
« Il est certain, sans démenti possible, écrivaitil en 1800, que le but de la Révolution est complètement manqué^. » Gœrres, à cette date, ne croit plus à la France. « Le citoyen du monde, dit-il, continue de suivre la France en sa carrière ; mais c'est seulement parce qu'il s'intéresse, encore et toujours, à la destinée d'une si grande fraction de l'humanité ; ce n'est plus, comme jadis, que la destination du genre humain soit aux mains de la France ; ce n'est plus qu'on la voie occupée de l'idéal le plus élevé qui nous puisse occuper ici-bas; ce n'est pas qu'on attende d'elle l'avènement d'une ère nouvelle dans l'histoire du mondée » Sa déception s'exacerbe, s'enfielle, et
1. Sepp, op. cit., p. 63-Hn. — Voir l'analyse de l'état d'esprit de Gœrres à cette époque, dans Franz Schultz, Joseph Gôrres als Herausgeber, Litterarhistoriker^ Kritiker im Zusainmcnhanfje mit der jûnyeren Homantik (t. XII de la collection Palspstra. Berlin, Mayer et Millier, 1902).
2* Gœrres, Gesammelte Briefe^ II, p. 279. — Cf. I, p. 405, la lettre où Gœrres supplie son fils Guido, en 1839, de quitter Paris au plus tôt ; II, p. 168, une autre lettre très violente contre la France; et 111, p. 25 et 117, d'autres expressions de son aversion pour Paris.