‹ L'Allemagne religieuse (volume 3)Chapitre 167 sur 215 · Gœrres, Politische Schriften^ I, p · texte numérisé non relu

Gœrres, Politische Schriften^ I, p

piété, sa « nature non falsifiée », son attrait vers la profondeur, désignent pour un rôle auguste K Gœrres fait plus et mieux qu'appeler ses compatriotes à se convertir ; il les convie à reprendre conscience de leur vocation sacerdotale, et à se bien persuader qu'il leur appartient d'être les prêtres du temps nouveau. Etrange et fumeuse apologétique, plus nationale que chrétienne et plus grisante qu'édifiante ! A l'origine de cette restauration religieuse qui n'est point exempte de quelque fantaisie, l'orgueil germanique s'étale : les Allemands doivent être religieux parce qu'ils sont « une caste de brahmanes - ».

Ce qu'il y a de précis à cette date dans l'esprit de Gœrres, c'est l'idée patriotique ; quant à sa religiosité, très sincère, ardente même, elle manque de consistance, parce qu'elle n'a point d'objet où s'attacher. La religion vers laquelle Gœrres sollicite les âmes n'est rien de plus encore, si l'on ose ainsi dire, qu'un devenir. Un opuscule intitulé Foi et Science^ qu'il publiait en 1805, opuscule hétérogène où Jacobi, Fichte, Schelling eussent pu retrouver quelques bribes, décousues et mal recousues, de leurs propres pensées, faisait rentrer dans le même filon religieux le paganisme et le christianisme, et inclinait à traiter les diverses religions comme des formes de religiosité également respectables en leur temps ^. Gœrres, en

\. Gœrros, Politische Schrifien, I, p. 178.

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