‹ L'Allemagne religieuse (volume 3)Chapitre 166 sur 215 · Gœrres, Polilische Schriflen, I, p · texte numérisé non relu

Gœrres, Polilische Schriflen, I, p

C'est dans son écrit sur la Chute de P Allemagne et les Conditions de sa renaissance^ imprimé en 1810*, que Gœrres esquisse cette explication des infortunes allemandes. Elle peut en ces termes paraître banale, et ressembler à un commentaire de Tencourageante mais platonique maxime :

Aide-toi, le ciel t'aidera. Mais d^autres pages, composées en cette même année, publiées beaucoup plus tard sous le titre : la Chute de la religion et sa renaissance "^^ nous font pénétrer plus avant dans la pensée de Gœrres. La Providence, telle qu'il la connaît, la comprend et l'adore, est une Providence qui se complaisait en faveur do l'Allemagne à certaines visées d'élite. Tout de même que, sous l'ancienne alliance, le peuple juif était un peuple de choix, de môme le Saint-Empire romain germanique était une institution de choix; et comme Israël fut puni par ses malheurs, ainsi l'Allemagne fut châtiée par la guerre de Trente Ans ^. Le châtiment fut incompris ; la nation prédestinée continua de perdre l'esprit, d'oublier tout ce qui faisait son essence, de répudier le culte de la vie ancienne, de l'art ancien, de perdre de gaieté de cœur le sens de ce qu'il y a de meilleur, et « avec ce sens devait disparaître aussi le sens religieux^». L'expiation dont Bonaparte est l'instrument doit dessiller les yeux de ce moderne peuple de Dieu, que son instinctive

1. Voir sur les circonstances de la publication de cet écrit, Sepp, op. cit., p. 123 et suiv.

2. La disparition du Vaterlândiachea Afuseum, que dirigeait Perthes, empêcha la publication de cet écrit (Gœrres, PolHische Schriflen, I, p. 132).

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