‹ L'Allemagne religieuse (volume 3)Chapitre 175 sur 215 · Galland, op. cit., p · texte numérisé non relu

Galland, op. cit., p

pouvoir te passer de ma personne, mon esprit repose sur toi. Un jour viendra où tu crieras vers moi pour que je t'aide ^ » Gœrres se metlait dans Tâme de son ennemi, et le grand théâtre de l'Europe, devenu muet depuis que le bruit des proclamations n'y succédait plus au bruit des victoires, eut un instant cette illusion d'être rempli, comme naguère, par la voix de Napoléon. Môme mystificateur, Gœrres demeurait prophète : exilé de la terre par les Anglais, dérobé par la mort, ensuite, h la barrière des océans, l'Empereur avait en effet condamné la France, incertaine, souffreteuse, à être toujours en travail de lui, par delà Sainte- Hélène, par delà le tombeau.

A côté de cet hommage involontaire que Gœrres rendait à Napoléon, un autre hommage, celui-là volontaire, se multipliait soussa plume à l'adresse de Pie Vil:

Tes douleurs touchent à leur fin, disait-il au Pape; bientôt résonneront à ton oreille les tonnerres de la dernière bataille, et tes défenseurs s'approcheront, les héros du Nord, ceux dont les pères, jadis, ont brisé la force de l'antique paganisme. Au milieu de ces troupes de vaillants défenseurs du Seigneur, tu te dresseras comme jadis se dressa Léon; Russes, Suédois, Allemands, Anglais, Espagnols et Italiens, t'entoureront sur le champ de Sennar près Babylone, et tu béniras les généraux et les armées qui ont emporté de vive force, dans un combat, la paix du monde, le repos et la concorde de l'Eglise 2.

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