‹ L'Allemagne religieuse (volume 3)Chapitre 176 sur 215 · Gœrres, Pol'Uiachc Schviften, I, p. 370 et suiv · texte numérisé non relu

Gœrres, Pol'Uiachc Schviften, I, p. 370 et suiv

?. Gœrros, Politiêchc Schri/ïeny I, p. 220. Ailleurs, à Ift môme date, il compte Pie VII parmi « les héros auxcpiela le monde doit sa délivrance», et le donne comme exemple à la jeunesse allemande de tontes ccmfessions : « Le interne esprit qui mnintenant repose sur elle a reposé siip lui. « {Op, cit„ I. p. 208-211.) — Dès 1811, Gœrves se plaignait ftM libraire per^hçà

Ainsi se complaisait la pensée de Gœrres dans l'évocation prochaine d'une alliance intime, profonde, entre toutes ces forces matérielles qu'étaient les peuples rendus à eux-mômes et la grande force morale que Pie VII incarnait. C'est le moment où toute la colonie étrangère de Rome fêtait à la villa Borghèse le retour de Pie VII, et oti Cornélius et Overbeck célébraient cette fête en dessinant un grand transparent oii resplendissaient les mots : « Virtû^ Giustizia^ liberata EuropaK » Mais dans cette Europe qui se flattait d'être « libérée », ce fut la Sainte- Alliance qui survint; elle réservait à Gœrres une formidable déception.

Metternich appréciait, en Gœrres, « un de ces esprits qui ne perdent jamais de vue le bien et le

do respionn.iRo auquel étaîont soumises los publications ultraniontainos depuis le conflit entre le Pape et ^apoléon (Gœrres, Gesammeltc Bricfe, II, p. IfiO).

1. Raich, Dorothea von Sclilegcl, II, p. 255-257. — L'admiration i)Our Pie VII était à cette époque assez répandue dans certaines sphères allemandes. Le jeune Ringseis, séjournant à Berlin en 181'i, écrivait aux siens: « Le Pape, ici, est en très grand prestige. Sa conduite & l'égard de Napoléon a même éveillé une admiration et un respect sans partage. » (Ringseis, -^rmr«c/'unjf/en, I, p. 187.)— Cf. Ringseis, op. cit., I, p. 485-487, l'impression que i)roduisit Pie VII sur Niebuhr; — et la lettre de 1814, dans laquelle Stolberg qualifie Pie VII de saint martyr universellement vénéré f. I anssen, /'r/erfric/* Leopold Graf zu Slolbertf, II, p. 352). —Mais on ne saurait rien lire de plus dévotement ému, de plus profondément admiratlf, au sujet de Pie VII, que certaines pages du journal duoo protestante, Klisa de laRecke, sur le retour de Pie VII à Rome en 1805 après son voyage de Paris (Elisa de la Recke, Voyage en Allemngnfi, danfi le Tyrf^l et en Il(ilit\ (rad. Moïitulieu. H. p. 392-309, et IV, p, 13-2U),

vrai, même lorsqu'une exaltation maladive les entraîne constamment dans le sentier de Terreur ^ ». Il essaya, dès l'origine de la Sainte- Alliance, d'enchaîner à cette cause politique le génie de Gœrres; mais Gœrres fut inébranlé. L'Europe et l'Allemagne, telles que les avait recrépies le Congrès de Vienne, déplaisaient à cette âme éprise de sincérité. L'Allemagne venait de traîner, depuis la paix de Westphalie, « les pires siècles de son histoire »; il eût voulu que le Congrès y mît un terme, qu'il reconstruisît la chrétienté en reconstituant l'Allemagne, et que l'Empire, « au lieu d'être une maison mortuaire où des héritiers souriants se disputent l'héritage, fût une maison dévie et de renaissance, où , pour une longue période, la liberté, la prospérité, la paix, seraient fondées ^ » ; mais w le palais impérial de Vienne était devenu comme une bourse, où l'on pesait et comptait les âmes, ainsi qu'on fait des:'pièces de monnaie^ » ; et l'Allemagne, au lendemain de cet effort de mathématique politique, était plus impuissante, plus divisée que jamais. « Etre Allemand, écrivait Gœrres en 1819, veut encore dire, comme avant 1813, être sans honneur ^ » Le patriotisme était suspect aux bu-

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