Wolfsgrubçr, op. cit., p
reille rémission, et ne voulait pas que ses sujets en pussent lire la mention, même en latin. Il connaissait mal la foi; et plutôt que de rectifier les idées qu'il s'en faisait, c'est à l'Eglise qu'il infligeait de mauvaises notes. La chaire était étroitement surveillée ; un journal se fonda, pour critiquer les prédicateurs * : ceux qui célébraient, en chaire, les ordonnances ecclésiastiques de Joseph II, étaient désignés aux faveurs de l'opinion, et parfois Tempereur ordonnait à l'évéque de les féliciter 2 ; mais ceux qui prêchaient un « fanatisme ascétique » encouraient les remontrances et les railleries, et tel curé coupable d'avoir vendu un manuel de dévotion au Sacré-Cœur, — vestige de r « ex-jésuitisme », — était condamné, par indulgence, à cent florins d'amende et quatorze jours de prison : la peine, môme, fut réputée minime pour un tel délit ^.
Tout se tient dans l'Eglise : les règlements disciplinaires, les organismes ecclésiastiques, y sont issus de l'esprit de foi. Mutilez la foi, rétrécissez la conception traditionnelle du christianisme : tout de suite certaines formes d'expansion religieuse paraîtront surannées, et certaines exigences de la discipline religieuse deviendront importunes. C'est la foi qui crée la loi, c'est l'esprit qui fait vivre la lettre.
Le joséphisme voyait dans le christianisme — et il n'avait pas tort — un agent de moralisation pour la vie commune ; mais il n'y voyait rien de plus.