‹ L'Allemagne religieuse (volume 3)Chapitre 33 sur 215 · Meier, op. cit., p · texte numérisé non relu

Meier, op. cit., p

42 DU JOSÉPHldME AUX CONCORDATS

par Febronius, une sorte de capitulation du fébronianisme devant le joséphisme, et des prérogatives épiscopales devant les prétentions impériales ; et Joseph II pouvait, sans craindre les protestations de Febronius et de son école, construire à son gré dans ses Etats une Eglise toute nouvelle, harmonieusement assortie avec le rationalisme d'alentour, une Eglise où l'Etat serait tout et où Tépiscopat n'aurait point le droit d'aspirer à être quelque chose.

Il fallait que cette Eglise naissante s'accommodât aux convenances du siècle; que sa foi, sa discipline, son culte agréassent à la raison éclairée. De là l'effort constant du joséphisme pour purifier la foi, corriger la discipline, simplifier le culte.

La bureaucratie de Marie-Thérèse et de Joseph II ne reculait devant aucun détail ; rien de ce qui touchait au sanctuaire ne lui paraissait insignifiant. L'empereur n'aimait pas ce qu'il appelait « les romans des gens canonisés* », et l'on discutait longuement, entre les censeurs et l'archevêque de Vienne, si l'Etat pouvait laisser imprimer une vie de saint Joseph de Cupertino, où certains récits de miracles semblaient s'accorder assez mal avec la philosophie 2. On soumettait la

i. Rôsch, îoc. cit., 1904, p. 71, n. 2.

ÎJ, Wolfsgruber, op. cit., p. 408-412,

pratique des exorcismes à rassentiment de l'Etat *. On débattait minutieusement, dans la Commission ecclésiastique instituée par l'empereur, la question des indulgences. Oui ou non, pouvaientelles être applicables aux âmes du purgatoire ? Migazzi disait oui, mais Joseph II disait non. » Ni TEglise ni le Pape, objectait l'empereur, n'ont de juridiction sur les morts ; comment dès lors peuventils les gracier 2 ? » L'empereur, non content de soustraire la terre à la juridiction papale, y soustrayait le purgatoire. On eût dit qu'il voulait défendre l'autre monde, comme celui-ci, contre les empiétements du Vicaire de Dieu ; et les auteurs délivres pieux furent contraints d'effacer à l'avenir toute indulgence susceptible de bénéficier aux défunts 3. Rautenstrauch, Eybel rédigeaient des consultations sur les faveurs spirituelles, et concédaient ou refusaient accès aux brefs qui les promulguaient^.

Migazzi, pourcommémorerla bénédiction donnée par le pape Pie VI dans la cathédrale de Vienne, voulait faire poser une inscription latine qui rappellerait l'indulgence plénière attachée à cette bénédiction : le détail fut supprimé par ordre de Joseph II ^. Ignorant complètement que la contrition préalable et certaines conditions sacramentelles étaient indispensables pour l'efficacité du pardon, l'empereur jugeait immorale une pa-

1. AVolfsgruber, op. cit., p. 202 ; — ROsch, loc. cit., 1904, p. G2.

Page 1