‹ L'Allemagne religieuse (volume 3)Chapitre 90 sur 215 · Id., op. cit., I, p. 27t · texte numérisé non relu

Id., op. cit., I, p. 27t

h. M""* Charles Lenormant, Coppetet Wtimar : A/"»' de Staël et ia grande duchesse Louise, p. 194-202 (Paris, Lévy.1867).

6. lierichtiguny einiger M issdeutuny en {BerWn^'RGiiiier, 1828). Rapprocher de cet opuscule la critique assez âpre qu'il fait de l'art des Nazaréens, dans SCS Leçons sur Vhistoire et la théorie des beaux-arts^ traduction Couturier de Vienne, p. 350-351 (Paris, 1830).

tisme, aussi, qui avait condamné l'âme d'Auguste- Guillaume à souffrir, impuissante et dépaysée, dans ce protestantisme où s'attardaient ses indolentes nostalgies.

Le romantisme allemand fut longtemps ignoré en France ^. M""" de Staël le connut peu ; nos romantiques à nous ne le soupçonnèrent point. Le livre de l'Allemagne^ d'Henri Heine 2, sous l'apparence de tracer un tableau de ce mouvement, nous en donne une caricature, fort amusante d'ailleurs. Les historiens contemporains de la lit-

1. NiM"»» de Staël, ni Saint-Chamans, qui lui répond dans Y Anti-romantique, ne connaissent le romantisme allemand. Il en est de môme de l'école de Hugo, qui en restera toujours à Goethe et à Schiller (Louis Bertrand, La Fin du classicisme et le Retour à l'antique dans la seconde moitié du XVIII» siècle et les premières années du xix« en France, p. 367. Paris, Hachette, 1897). — « Le romantisme français ne doit rien au romantisme allemand, parce qu'il l'a presque complètement ignoré... Le lyrisme de nos romantiques ne doit à peu près rien à celui des romantiques allemands. » (Joseph Texte, Btudes de littérature européenne, p. 205 et 219. Paris, Colin, 1898). Cf. Brandes, V Ecole romantique en France, trad. Topin, p. 56-59. (Berlin, Barsdorf, 1902.) - Il semble que l'Allemagne, au contraire, se soit préoccupée avec quelque passion du romantisme français : voir, par exemple, sur la portée religieuse de notre romantisme, les polémiques entre Huber d'une part, Gutzkow et Laube d'autre part, en l'année 1833 (Dresch, Gutzkow et la Jeune Allemagne, p. 130), et les lettres très curieuses^ et extrêmement malveillantes, échangées entre Gœthe et Sulpice Boisserée au sujet de Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo, « cette œuvre grimaçante, dit Boisserée, ramassée avec le plus grossier arbitraire dans les ordures des rues moyen-àgeuses de la ville de Paris «, et dont Goethe à son tour conclut que les talents français sont « en putréfaction » {Sulpiz Boisserée, II, p. 5/3-575).

2. Qu'il fut pourtant, lui aussi, disciple du romantisme, c'est ce que montre Saint-René-Taillandier, la Jeune Allemagne, p. 396.

térature allemande ont hérité de la malveillance de Heine : on dirait qu'ils ne pardonnent point au romantisme d'avoir acheminé vers l'obédience catholique un groupe d'intelligences allemandes* ; et la colère mal dissimulée qu'ils ressentent leur cache l'intérêt psychologique de ces évolutions religieuses.

Vous trouvez, à l'origine de cette école, — et Frédéric Schlegel en est à cet égard un exemplaire accompli, — l'individualisme le plus débridé, le plus anarchique, qui fut jamais 2. Les mœurs des romantiques n'ont même point l'excuse de se présenter au public comme une sorte de laisser aller de la bonne nature; elles affectent, avec audace, d'être une déclaration de guerre à la société ; et, comme l'Allemand, même en ses débauches, a besoin d'érudition, la philosophie de Rousseau fournit le théorème dont ils déduisent leurs dévergondages. Schlegel lit la Stdla de Goethe, oîi s'étale une bigamie toute sereine et toute cordiale ; et cela paraît à Schlegel d'une « haute moralité ^ ».

Les romantiques avaient beaucoup appris à

1. M. Brandes, par exemple, Die deulsche romantische Schule, p. 105 (Leipzig, Veit, 1901), est fort en colère contre les romantiques, parce qu'ils, ont diminué les femmes qui furent mêlées à leur vie, et qu'ils les ont rendues, tour à tour, romantiques, repentantes et catholiques.

2. On connaît l'attitude morale des premiers couples de romantiques, Frédéric Schlegel et Dorothée, Auguste Schlegel et Caroline, Schleiermacher et Henriette Herz. — Leur politique est révolutionnaire connue leur morale : Schlegel glorifie la République démocratique et le suffrage des femmes ; Novalis rôve dune nouvelle Saint-Barthélémy dont les despotes seraient victimes.

3. Haym, op. cit., p. 874. — « Mon père n'a jamais rion fait pour moi, dit Lucie dans Stella, et je lui pardonne de nous avoir abandonnées, ma mère et moi, car la liberté est au-dessus de tout pour l'homme. » {Stella^ acte I, dans le Théâtre de Gœthe, trad. Théophile Gautier fils, I, p. 223.) Dans la première rédaction de la pièce, Fernand devenait bigame, et, au moment de la chute du rideau, embrassait les deux femmes.

Técole de Goethe, et ilsavaient beaucoup retenu i. Ils pouvaient se demander, même, si la « liberté » de mœurs dont Goethe avait donné l'exemple n'avait point fécondé son génie. Ses aventures de cœur, en effet, étaient comme les brouillons de ses livres : une fois la mise au net achevée, il faisait avec son sentiment comme on fait avec un brouillon ; il le supprimait. Immortaliser les femmes qu'il avait aimées était son moyen, à lui, de prendre congé d'elles ; c'est en prolongeant leur nom sur les lèvres des hommes qu'il déshabituait ses propres lèvres de le murmurer et son propre cœur d'y trouver attrait ; et, comme dommages-intérêts pour la foi qu'elles avaient mise en lui, il leur jetait, superbe, quelque part de sa gloire littéraire. Les pages qu'il leur consacrait étaient vraiment des délivrances ; et l'on pourrait, reprenant ici le mot d'Aristote sur le sens duquel les esthéticiens discuteront à jamais, dire qu'en racontant ses passions, Gœthe s'en « purgeait ». Il abolissait le passé de son âme par là même qu'il le fixait en chefs-d'œuvre. Comme, dans le développement d'un Moi si sagement économisé, rien ne devait être perdu, il importait que le public eût le bilan successif de ses expériences sentimentales; ces bilans étaient souvent d'inoubliables livres; et, pareil à Jupiter qui savait bien que les mortelles de son choix ne manqueraient point à ses caprices, cet autre Olympien, qui faisait sur Doro-

i. Même un catholique comme EichendorfF restera fidèle, jusqu'à la fin de sa vie, au culte de Gœthe, considéré comme le héros de la poésie allemande (Keiter, Joseph von Eidiendorff^ sein Leben und seine Dichtunyen^ p. 15. Cologne, Bachem, 1887).

thée Veitrimpressiond'un dieu, avait confiance, lui aussi, que toujours des femmes se rencontreraient pour être les esclaves de son génie* C'était ériger l'inconstance du cœur en un moyen de production littéraire. Pauvres âmes désertées, hier choyées comme des idoles, et froissées aujourd'hui comme des épreuves d'imprimerie, de quoi se seraientelles plaintes ? Gœthe ne se dispensait de leur continuer son propre culte qu'en les proposant au culte de la postérité.

Mesurez l'effet de ce magnifique « égotisme » sur des âmes de jeunes gens qui peuvent se donner l'illusion que leurs infidélités mêmes attesteront en eux, non point seulement la« liberté «de l'homme, mais le droit souverain du génie. Par surcroît, assez frottés de philosophie pour savoir que le Moi s'affirmait en reconnaissant sa suprématie sur le Non-moi, les éphèbes du romantisme conviaient la métaphysique elle-même à rassurer leurs consciences: changer de maîtresses ou bien, pour lesfemmes,changerd'amants, c'était, àchaque vicissitude des cœurs ou des sens, élargir^ étendre, amplifier la souveraineté du Moi sur le Non-moi ; il semblait que les fantaisies de la chair rendissent plus intense la conscience du Moi ; c'est ainsi que don Juan se mettait à l'école de Fichte pour faire taire ses derniers scrupules*.

Frédéric Schlegel, en signalant dans Wilhelm Meister l'œuvre par excellence des temps modernes et en faisant de ce roman une sorte de

i. Même les romans d'Eichendorff, si chrétienne qu'en soit l'inspiration^ ne sont pas exempts d'une certaine sensualité, qui choquait Lamotte- Fouqué (Keiter, Joseph von Eichendorff^ p. 41).

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Bible, acheva de déranger les imaginations juvéniles. Car, tandis que Schiller félicitait Gœthe de n'avoir point attardé dans le « fantaisisme » cet aventureux Wilhelm et de Tavoir, pourtant, préservé du « philistinisme», les jeunes romantiques, qui prenaient dans Wilhelm Meister, tout ensemble, des leçons de conduite et des leçons de littérature, eurent une façon romantique de lire leur Bible*. Lîicinde, de Schlegel ; Florentin, de Dorothée Veit; Sternbald, deTieck; Henri d'Ofterdingen, deNovalis ; les Episodes de la vie d'im fainéant, d'Eichendorff, sont des imitations de Wilhelm Meister, dans lesquelles lea fantaisisme » déborde^; et les romantiques copiaient le héros de Gœthe, non seulement dans leur littérature, mais dans leur propre vie^.

De là leur curiosité morbide, parfois essoufflée, le plus souvent languissante, mais inquiète toujours ; de là leur mélancolie, d'autant plus prolixe en ses plaintes qu'elle s'essaie plus vainement à verser de vraies larmes ; de là, enfin, l'aspect spécial qu'affectait en eux le sentiment de la perfectibilité indéfinie, héritage du xvm*" siècle. Ce sentiment ne mettait point en branle leurs éner-

1. Baiimgartner, op. cit., II, p. 402; — Keiter, Joseph von Eichendorff,

2. « Leur pêle-môlc d'intrignes et d'amourettes, dit spirituellement M. Denis, nous fait l'effet d'une gageure où des professeurs desthétique ae battent les flancs et se montent l'iniagination pour se prouver à euxmêmes qu'ils ne sont Jias des économes. r>{L'AUemagne, 1789-1810, p. 214.)

3. Comment d'ailleurs, peu à peu, leur admiration pour Wi/Aeim J/ej«/er se tempéra de réserves; comment Novalis accusa Gœthe d" «athéisme poétique»; et coniment Schlegel finit par écrire que c'était là «un roman contre le romantisme»; comment enfin Menri d'Oflerdingen, de Novalis, en môme temps qu'une imitation de Wilhelm Jleister, aspire à en être la contre-partie, c'est ce qu'on peut lire dans des pages excellentes de M. Spenlé, Novalis, essai sur l'idéalisme romantique, p. aul et suiv.

gies, mais seulement leurs rêveries ; il ne devenait point, pour eux, un maître d'optimisme, mais une source dedéceptions ^ Un perpétuel mirage de Tantique âge d'or flottait à leurs regards, et il leur plaisait que ce ne fût qu'un mirage; ils aimaient mieux avoir à désirer que d'être admis à posséder-; ils se ^complaisaient à aspirer, et semblaient détester de respirer. Voguer sans but, voguer encore et toujours vers quelque chose d'encore et toujours vague, c'était là leur rêve, c'était là leur vie'^ M™'' Ricarda Huch qui, dans son livre récent sur Tef florescence du romantisme, semble conquise par ces jeunes révolutionnaires, ne peut se défendre, pourtant, de les appeler des « hommes crépusculaires » {Dàmmerungsmenschen) ^ ; et la définition est merveilleusement exacte. Ils ne songeaient qu'au bonheur et ne cessaient de jouer à cache-cache avec lui; et la Fortune ne pouvait leur faire plus de plaisir qu'en se comportant à leur endroit comme une de ces coquettes qui lutinent sans trêve et qui ne cèdent jamais. « Telle est la destinée de Thomme, lit-on dans Slernbald: si l'objet dont il se réjouit s'approche de lui et lui saisit la main, il lui arrive souvent de s'effondrer comme s'il prenait la main de la mort '\ »

1. C'est par là que le romantisme se relie à la philosophie de Herdcr, qui, par sa conception de l'histoire, exclut toute finalité, et qui considère l'humanité comme un bouton dont la fleur doit éclore ailleurs.

2. De même en amour : voir, sur la sentimentalité et la sensualité romantiques, une analyse vraiment pénétrante dans Spenlé, iVorai/s, essai sur Vidéalisme. romantique en Allemaqne., p. 51-59.

3. Sur la philosophie romantique du vagabondage et de l'oisiveté, voir Spenlé, Novalis, essai sur Vidéalisme romantique^ p. 309.

4. Ricarda Huch, Bluthezeit der Bomantik, p. 103. (Leipzig, Haîssel, 1899).

5. Tieck. Sternbald, édit. Minor, p. 119; cf. p. 131, des déclarations analogues dans la lettre de Sternbald à Sébastien.

Ainsi raisonnaient les romantiques : ils mettaient leur contentement à être de perpétuels mécontents.

Sternbald, le héros de Tieck, oriente toute son existence, comme vers une « lune* », vers une fillette inconnue qui certain jour lui demanda des fleurs et qui disparut brusquement, tandis que résonnait un mystérieux cor de chasse; et, tout le long du livre, les résonances de l'invisible cor de chasse scanderont les vagabondes rencontres du rêveur avec la fillette inconnue^. Et c'est étrange à dessein, bizarre avec méthode, et systématiquement mythique : cela se passe entre ciel et terre. Et il faut que le rêveur soit toujours inassouvi, qu'il aille d'insuccès en insuccès ; car l'Infini ne saurait se fixer : l'Infini, pourchassé par cette rêverie somnambulique^ qui serait désolée de l'attraper, vagabonde par devant elle, toujours plus loin qu'elle et toujours plus vite qu'elle; c'est un Infini qui multiplie les manèges et nous dirions presque les niches, qui s'avance et puis qui s'évade, qui laisse croire qu'il est tout et qui s'amuse à jouer au Néant.

Mais, à vrai dire, était-ce bien l'Infini? Les

1. Comparer, dans Henri iVOfterdingen, de Novalis, le rôle que joue la mystique fleur bleue (Spenlé, Novalis^ essai sur l'idéalisme romantique, p. 314-317).

2. Tieck, Sternbald, édit. Minor, p. 141, 163, 405. — Comparer, dans le roman que publie Eichendorff en 1815 : Ahnung und Gegenwart, les types de Léontin, Victor, la comtesse Romana (Keiter, Joseph von Eichendorff, p. 3»); et dans son roman : Dichler und ihre Gesellen, publié en 1834, les types de Victor et d'Otto. (Keiter, op cit., p. 75.)

3. « Un Pascal un peu somnambule, et qui n'entre que très rarement dans la région des certitudes où se complaît son frère», c'est ainsi que M. Maurice Maeterlinck définit ^ox^\\%. {Les Disciples à Sais et les Fragments de .\ovalis, traduits de l'allemand et précédés d'une introduction, par Maurice Maeterlinck, p. lv. Bruxelles, Lacomblez, 1895.)

romantiques croyaient le chercher, tout au moins le concevoir ; ils ne concevaient que Tindéfini, ils ne trouvaient que l'inachevé ^. Métaphysiquement parlant, il n'y avait pour eux que deux attitudes : ou bien admettre, finalement, une démarche de rinfini à Tendroit de leurs âmes, c'est-à-dire la révélation chrétienne, et saluer, dans leur course vers rinconnu, cette messagère accourue au^ devant d'eux, et qui ne demandait qu'à leur être familière; ou bien passer outre, continuer à courir,, ets'enlizerdans le nihilisme. Et de même, moralement parlant, il n'y avait pour eux que deux attidudes : ou bien ériger en souverain le Moi individuel, dont Fichte faisait le créateur du Non-moi, c'est-à-dire la seule réalité; ou bien accepter, pour ce Moi qu'exaltait leur emphase, un guide et un juge qui lui fût supérieur, et ce serait l'Eglise romaine. Car, en dépit des admirables efforts de Schleiermacher pour créer avec la poussière rationaliste un protestantisme nouveau, c'était sous sa forme catholique que le christianisme, en cette époque de transition, semblait encore digne de quelque maîtrise et susceptible de quelque prestige.

Henri de Kleist^ et Zacharias Werner ^ symbolisent à souhait, par leurs deux carrières, cette

1. « L'essence propre de tout art romantique, — a dit Eichendorff, qui connaissait bien l'école puisqu'il y appartenait, — c'est le sentiment profond de mélancolie {Wehmuth) au sujet de l'inaccessibilité et de la fragilité de la beauté terrestre, et, par suite, une curiosité toujours insatisfaite. » (Keiter, Joseph v. Eichendorff, p. 13.) — Voir une fine analyse de la mentalité romantique dans Brandes, Die deutache romantische ScÂu/e,p. 229.

2. Sur Bernard Henri Guillaume de Kleist (1777-1811), voir Gœdeke- Gœtze, VI, p. 96-104

3. Sur Frédéric Louis Zacharie Werner (1768-1823), voir Gœdeke-Goetze, VI, p. 90-95.

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sorte d'oscillation du romantisme entre l'Eglise romaine et le néant. Ils étaient, tous deux, protestants d'origine.

Kleist eut toujours une tendresse pour l'esthétique catholique : à la chapelle de la Cour, à Dresde, il avait admiré les pompes du culte.

« Notre service divin est nul, écrivait-il, il ne parle qu'à la froide raison; une fête catholique parle à tous les sens. Seulement une goutte d'oubli, et je serais devenu catholique^ ». 11 allait même, dans sa Pçnthésilée^ jusqu'à s'abandonner à U contemplation du mystère eucharistique 2. Mais il demeura pour l'Eglise un spectateur du dehors : les émotions qu'il y trouvait ou qu'il y pressentait ne faisaient qu'exciter encore, sans le satisfaire, son rêve maladif de jouissances qui ne conservaient à ses yeux tout leur prix que si elles se refusaient à lui. Il en vint à se tuer avec sa maîtresse. « Nous rêvons à des prairies célestes, à des soleils à la lueur desquels, avec de longues ailes à nos épaules, nous nous promènerons » : voilà l'adieu de Kleist à la vie. Sa maîtresse de faire écho : « Sou venez- vous, écrit-elle, des deux êtres étranges qui bientôt vont commencer leur grand voyage de découvertes -. » Henri de Kleist et Henriette Vogel, en se tuant, ne prennent congé du monde dans lequel ils vivent, que pour affirmer leur foi dans la pluralité des mondes. Ils ne se suppriment point, ils changent d'air. Ils s'éloignent de cette terre comme on s'écarte de

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