‹ L'Allemagne religieuse (volume 3)Chapitre 95 sur 215 · Galland, Joseph voU Oasrres, p · texte numérisé non relu

Galland, Joseph voU Oasrres, p

ne le devait être eu sa vieillesse, prenait parti contre ces jeunes médiévistes^ ; Goethe, qui d'abord les avait encouragés dans un retentissant compte rendu, s'attiédissait à vue d'oeil 2. Et, si peu catholique que fût Arnim, si peu dévots que fussent alors Gœrres et Brentano, Tâme germanique était invitée à rentrer dans sa tombe, de peur que l'Eglise, cette autre morte, ne ressuscitât avec elle.

Mais, à ce moment même, dans leur commun sépulcre, une autre brèche s'ouvrait. La poésie de Guillaume Schlegel sur l'alliance entre l'art et la religion, les articles de Frédéric Schlegel sur le symbolisme religieux qui convenait aux beauxarts, avaient éveillé dans la jeunesse allemande certaines préoccupations mi-esthétiques, mi-religieuses. Une ville existait sur le Rhin, véritable leçon de choses léguée par un passé lointain, et qui confirmait éloquemment, par ses merveilles d'art, les théories allemandes des Schlegel, les théories françaises d'un Chateaubriand ^ ; c'était Cologne. Un prêtre, Wallraf, s'était fait nommer par l'autorité française inspecteur des antiquités de la ville; il profitait de ce titre pour sauver d'innombrables trésors artistiques et pour former des collections qui devaient être, bientôt, les révélatrices du moyen âge et les éducatrices du goût nouveau. Dans le sillage de Wallraf, des jeunes gens se disposaient à travailler : Bertram et les

Page 1