PRÉFACE XIX
La Réforme, depuis Bossuet, avec une logique irrésistible, a parcouru quelques étapes de plus: il y a aujourd'hui un « profane vulgaire », né dans le protestantisme, baptisé dans le protestantisme et qui, rebelle aux jeux d'esprit du subjectivisme, continue de réclamer un dogme. Comme la Réforme veut être une Eglise, comme une Eglise a besoin de faire nombre, il faut tenir compte de ce vulgaire.
L'Etat, encore, vient à la rescousse. Après avoir réuni dans une même confession ceux qui professaient, sur les points fondamentaux de l'économie dogmatique, des opinions différentes ou inverses, l'Etat, que trois siècles d'expérience ont appris à manier l'Eglise, a tenté ce prodige de faire vivre ensemble, sous la même rubrique, et — ce qui est mieux encore — sous l'égide du même Credo^ ceux qui admettent la révélation et ceux qui la nient, ceux qui considèrent le dogme comme une vérité descendue d'en haut, et ceux qui réduisent le dogme à n'être qu'un commentaire arbitraire, subjectif, des émotions religieuses ressenties par l'âme, tout au plus un simple écho d'en haut, très indirect et très incertain.
« Au fond, écrivait M. Guyau en exposant les