‹ L'Allemagne religieuseChapitre 14 sur 37 · XX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XX PRÉFACE

conclusions de ces derniers théologiens, le yéritable Verbe, la parole sacrée, ce n'est plus Dieu qui la prononce et la fait retentir éternellement la même à travers les siècles ; c'est nous qui la prononçons, nous la lui soufflons tout au moins, car qu'est-ce qui fait la valeur d'une parole, si ce n'est le sens qu'on y met?

« Et c'est nous qui donnons ce sens. L'esprit divin passe donc dans le croyant, et, par moment du moins, il semble que notre pensée soit le vrai Dieu. C'est un chef-d'œuvre d'habileté que cet essai de conciliation entre la foi et la libre pensée. La première semble toujours en arrière ; néanmoins, l'autre, en s'ingéniant, finit par trouver moyen de la tirer à elle. Ce sont des arrangements, des compromis perpétuels, quelque chose comme ce qui se passe entre un sénat conservateur et une chambre progressiste, qui cherchent tous deux de bonne volonté un modus vivendi *. »

Arrangements, compromis, modus vivendi^ rien n'est plus séduisant pour les autorités d'Etat, naturellement ennemies d'une intransigeance religieuse qui suscite toujours des embarras. La théologie dite « moderne », en un

» Guyau, L'Irréligion de l'Avenir, p. 133-134.

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