XII PRÉFACE
d'examen, ils en usaient pour eux-mêmes; ils taisaient appel à la conscience et à la raison indivi duelle ; ils propageaient, en fait, le droit qu'ils ne proclamaient pas; ils montraient comment on peut faire appel des décisions humaines les plus hautes, comment on résiste aux autorités ecclésiastiques, et l'on brave les anathèmes en endurant le fer et le feu. L'histoire des martyrs a parlé plus haut que les doctrines des réformateurs ; et, qu'on en fasse à la Réforme un sujet d'honneur ou de reproche, il faut reconnaître qu'elle a introduit dans le monde religieux la liberté de croire et le droit d'examiner ce que l'on croit.
« Mais, d'un autre côté, ce droit et cette liberté ne sont qu'une forme. La forme doit avoir un contenu. On n'est pas chrétien ni religieux parce qu'on réclame le droit de croire, mais par le fait qu'on a une foi. Pour constituer une association religieuse, ne faut-il pas, entre les membres associés, des convictions communes qu'ils puissent professer ensemble ? En d'autres termes, sans définition de la foi et sans confession de foi, peutil y avoir une Eglise?
« On aperçoit d'ici les deux termes de l'antinomie inhérente au protestantisme. Si vous n'avez pas de confession de foi, qui êtes-vous ? Quelle société formez- vous ? Pourquoi existez- vous ? Et si vous promulguez une profession de foi, si vous