PRÉFACE XI
qu'ils croient, mais quelles sont les émotions religieuses qu'ils ressentent et quels sont les points de vue qu'ils aiment. Or on ne peut le savoir que par un contact assidu et immédiat avec leur enseignement, avec leurs écrits, avec leurs âmes; il faudrait presque être en eux pour être certain de les bien comprendre et pour parler d'eux comme ils le méritent ; c'est donc eux, surtout, que nous devions écouter ; et, dans ce livre, c'est eux qu'on entendra.
« Lorsque le protestantisme veut se constituer en église une et bien ordonnée, il souffre d'une antinomie interne, qui dérive de son principe même et dont la solution ne peut jamais être qu'instable et approximative. Les réformateurs n'ont pas eu la pensée d'établir dans l'Église chrétienne ce que nous appelons aujourd'hui la liberté de penser. Ils substituaient seulement la véritable doctrine évangélique à la tradition catholique qu'ils estimaient fausse. Mais, dans les affaires humaines, le fait et l'exemple sont plus forts que les théories. Si les réformateurs n'accordaient pas en principe la liberté de pensée et le droit