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XIV PRÉFACE

Les deux notions d'église — ce qui implique cohésion — et de liberté d'examen — ce qui implique éparpillement — sont en présence; il s'agit de les concilier. La personnalité puissante de Martin Luther s'y efforça ; les contrastes de sa vie, les incertitudes de sa doctrine, les incohérences de ses attitudes successives, sont l'indice et le résultat du labeur où il s'épuisa pour justifier, tout ensemble, ses libertés à l'endroit de la vieille Eglise et ses prétentions autoritaires à l'endroit de la nouvelle. Comme s'il sentait, d'ailleurs, que ses propres forces étaient audessous d'une pareille tâche, il appela l'Etat comme auxiliaire.

L'Etat, dans l'histoire de la Réforme, joua perpétuellement un rôle d'unificateur. Lorsque les divergences portaient sur l'objet même des dogmes, sur la question de la prédestination, par exemple, ou bien sur celle de la grâce, l'entremise conciliante de l'Etat suppléait à la bonne entente des colloques.

« Mais encore, demandait Bossuet aux calvinistes de son temps, par quels moyens prétendez-

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