‹ L'Allemagne religieuseChapitre 9 sur 37 · PRÉFACE XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XV

VOUS parvenir à cette union tant désirée avec les luthériens ? Par l'autorité des princes. Selon vous ce sera aux princes à déterminer les articles dont on pourra convenir, et ceux qu'on pourra du moins tolérer... Parce que, dit M. Jurieu, toute la Réforme s'est faite par leur autorité. Vous ne m'en croyez pas quand je vous le dis ; mais votre ministre l'avoue ; à ce coup il a raison. On a vu dans toute V Histoire des Variations que la Réforme est l'œuvre des princes et des magistrats : c'est par eux que les ministres se sont établis, c'est par eux qu'ils ont chassé les anciens pasteurs, aussi bien que les anciens dogmes ; après de si grands engagements, il est trop tard pour en revenir ; et l'accord des religions doit être l'ouvrage de ceux par qui elles se sont formées *. »

En notre siècle même, malgré les prétentions de FEtat contemporain à être « laïque », un roi de Prusse a réalisé, dans son territoire, Tunion des réformés et des luthériens, d'après les maximes qu'acceptait Jurieu et que critiquait l'ironie de Bossuet.

En vain pourtant l'Etat se flattait-il d'avoir unifié toutes les confessions issues de la Réforme

* Bossuet, Avertissements aux Protestants, édit. Lâchât, XV, p. 273,

Page 1