Karl Mœller, op. cit., I, p
sorties de leur vie normale : Berlin redoutait, tout à la fois, les moments tragiques où se déchaînait leur colère, et les périodes mornes, lourdes, endeuillées, durant lesquelles elle se condensait. On était moins tranchant et moins allègrement sahreur, à Berlin, que ne l'était, devant son pupitre, Tirresponsahle Henri Heine. Le général de Wrangel, chargé du maintien de l'ordre à Munster, parlait comme lui : il voulait que la Prusse fût énergique, qu'elle supprimât le concordat, qu'elle rendit les évêquesinotl'ensifs^ ; il souhaitait des instructions rapides, décisives-, et s'emportait contre les tergiversations de Bunsen, qu'il traitait de Jésuite déguisé \ et contre les beaux esprits de Berlin, qui croyaient avoir sauvé la Prusse lorsqu'ils s'étaient délectés du pamphlet du surintendant Bretschneider contre l'archevêque Droste ^. Mais en face de ce militaire, Vincke, le fonctionnaire civil, était enclin à une politique de concessions, et la santé de l'archevêque captif faisait son principal souci : quel ennui pour la Prusse, si Droste venait à mourir^'! Tiraillé par ces avis contradictoires, le Gouvernement de Berlin tergiversait. Wrangel, alors, s'impatientait; car le bruit courait que le futur Frédéric- Guillaume IV ferait bientôt un voyage en Westphalie, et Wrangel se demandait quel accueil réservait au prince royal un peuple aussi mal pacihé. Et l'anxieux général envoyait à Berlin courriers sur courriers, demandant que le prince