Rosenthal, KonverlitenbUder, I, m, p
190 LUTTES ET VICTOIUES
contre les intrusions de la puissance civile ! L'ingéniosité, le ton de commandement des fonctionnaires protestants, étaient impuissants contre une pareille institution.
Et c'est sous l'impression vivace de cette levée des consciences romaines, que Gfrœrer, treize ans après, devenait lui-même catholique ^ Rintel, israélite passé à la Réforme, se faisait d'office, en des brochures chaleureuses, l'avocat de l'archevêque ; avec le temps, il se sentit et se déclara catholique ~. Le protestant Guillaume Volk entreprenait de réfuter un écrit oi^i le surintendant Bretschneider attaquait Droste^; il devait peu après se faire catholique et prodiguer dans Erfurt, l'une des villes de Luther, son zèle de néophyte ''-. François Ghassot de Florencourt, protestant d'origine, commençait sa carrière de publiciste par un écrit en faveur de Droste-Vischering; elle allait se continuer au service direct de l'Eglise romaine ■'. On murmurait avec quelque stupeur, dans les sphères officielles de Berlin, l'étrange histoire de la baronne Kimsky, messa-
1. Rosenthal, op. cil., I, m, p. \2>. — Sur Auguste-Frédéric Gfrœrer (1803-1861), voir Schulte, op. cit., III, i, p. 374-375.
'2. Bnick, II, p. 40."). — Le futur évoque Laurent était entliousiastc des écrits de Riiitel ; il déclarait qu' « on ne i)eut douter de lavenir dnn peuple et dun pays, lorsqu'on trouve encore, chez les adversaires nés de la vérité, une telle loyauté ». (Karl Mœller, op. cit., I, p. 429 et 443.) — Sur Charles-Gustave-Nicolas Rintel (1809-1854), qui fut bientôt attaché par Diepenbrock à la chancellerie épiscoi)ale de Breslau, voir Schulte, op. cit., III, I, p. 396-397, et Rosenthal, I, ii, p. 192-195.
3. Dcr Frcihcrr von Snndau oder die nemischte AVie (Halle, Schwetschke, 1838). ^
4. Sur Guillaume Volk (1804-1869), qui écrivit l'histoire de son évolution religieuse sous le pseudonyme de Glarus et sous le titre : Simpo». \\audrruiuicn undllcimlcahr (unes christlichen Forschers (Munich, Lentner, 1862-1863, 3 vol.), voir Rosenthal, op. cit., I, m, j». 154-202.
5. Pfiilf, Matlinckrodf, 2« édit., p. 88 (Paris, Herder, 1901). — Florcucourt, vers la lin de sa vie, passa « au vieux catholicisme ".
gère de confiance du ministre Hardenberg : expédiée à Rome pour s'y occuper de la question des mariages mixtes et pour y travailler en faveur de la solution prussienne, elle se faisait catéchiser par Grégoire XVI et revenait catholique MVlichelis, le secrétaire de l'archevêque, occupait ses loisirs, à Minden, en faisant des conversions; et pour y mettre un terme, la Prusse l'expédiait à Magdebourg -.
« Vous pouvez tenir pour certain, écrivait Metternich à Sainte-Aulaire, le 21 février 1838, que l'Allemagne n'a jamais été plus catholique qu'elle ne Test aujourd'hui, et ce n'est certes pas là ce qu'a voulu Je roi de Prusse, mais c'est là oii il se trouve conduit par de fort mauvais conseils •^. » Quelque temps s'écoulait, et Frédéric-Guillaume IIÏ avouait à Metternich que jamais la foi romaine n'avait fait plus de progrès dans ses Etats ^.
Elle y progressait, en efTet, non seulement par des conversions, mais aussi grâce àla formation d'une opinion laïque catholique, lentement mûrie et solidementexercéeen vue du prochain avènement du régime parlementaire. Le jeune Auguste Reichens-
1. Karl Mœller. op. cit.. II, p. G7-G'J. — Cf. Friedbcry, op. cil., p. 3!J. « Le Pape la tient jxjur une sainte », écrivait Brûhl, ministre de Prusse, le 11 janvier 1841; et Brûhl se plaignait quelle exerçât son influence à rencontre des prétentions pi'ussiennes.
2. Karl Mœller, op. cit., I, p. 371. — Sur Edouard Miclielis (181:5-1855), voir Rassmann, Nachrichten von dem Lcbni und dcii Schriflcn Mûnslerlàndischer Schriftsteller des 18""' und 19'"" Jahrhundcrts, p. 211-212.
3. Metternich, Mémoires, VI, p. 274. — « Vous ne pouvez vous figurer, écrivait-il à sa femme le 23 juillet, le changement qui s'est opéré dans les idées de Maltzahn (ministre de Prusse à Vienne) sur l'affaire de Cologne. Vous savez combien il était chaud défenseur du bon droit de sa cour; maintenant c'est moi qui dois l'arrêter pour ne point lui laisser faire ou dire des imi»rudences dans une direction contraire. » (VI, p. 2y8.)