Reiukens, Melchior von Diepenbrock, p
3. Fœrster, Melchior von Diepenbrock, p. 80-95 ; Reinkeiis, op. cit., p. 28j et suiv.
'i. Fœrster, Melchior von Diepenbrock, p. 72.
f). n avait, en 1841, refusé, malgré les démarches de Radowitz, la succession de Droste-Vischering sur le siège de Goiogne. voir ci-dessus, 1». 214. n. 1.
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dances très franches et très libres sur les réformes nécessaires dans l'Eglise ^
C'était une heureuse fortune pour le catholicisme prussien de posséder, dans la personne de Geissel, un homme de doctrine et de fermeté, capable de concerter certaines résistances sans avoir jamais l'aspect intransigeant d'un lutteur, et puis, tout à côté, dans la personne de Diepenbrock, un pasteur épris de rayonnement religieux et de paix civique, et capable de préparer certaines conciliations sans jamais être eflleuré par le soupçon d'une excessive souplesse.
Les deux prélats correspondaient entre eux :
ils harmonisaient leurs volontés, et témoignaient par leur exemple qu'un épiscopat n'est vraiment fort que lorsque chaque évéque, bien loin de se désintéresser des affaires de ses voisins, se sent responsable en une certaine mesure des destinées universelles de l'Eglise et surveille, au delà des incidents locaux de son diocèse, les pulsations de la vie catholique. La période où les évêques n'avaient été que des administrateurs locaux, sous la haute surveillance de l'Etat, faisait place à une ère nouvelle, dans laquelle l'épiscopat prussien, admis désormais à des colloques avec l'Etat '~,
1. Briefe von Sailer, Diepenbrock und J'ossavant, p. MO. 87,88.— Cf. dans Reinkcns. op. cit., les jugements et les réserves de Diepenbrockau sujet des prédications d'Eberhard à. Ratisbonne, dont le ton déplut aux prolestants et qui suscitèrent à l'évèque beaucoup d'ennuis (p. 208-217); — an sujet de la tin de la Myslique de Gœrres (p. 271); — au sujet du bruit fait autour de la Sainte Tunique (p. 329).
2. Il y avait même, pour les choses scolaires, une sorte de collaboration entre lEglise et lEtat, collaboration qui, au lendemain de 1848, ira s'accentuant : voir, par exemple, la circulaire du 7 juillet 18V2, dans laquelle le (Jouveruement i)russien exprime aux évêques sa satisfaction pour le zèle des ecclésiastiques en matière d'enseignement, et souhaite <|ue, de plus en plus, ils étudient la pédagogie (Rendu, De l'f:ducatioi\
LUTTES DANS l'ÉGLISE 263
élaborerait et pratiquerait une politique générale ; et dix années suffiront, en dépit des gouvernements badois, wurtembergeois et hessois, pour que l'épiscopat de la province ecclésiastique du Haut-Rhin soit à son tour unifié par la tenace initiative de Tarchevêque Vicari.
ÏI
L'Allemagne traversait alors des années sourdement troublées, dont 1848 devait être le dénouement. D'obscurs tressaillements se laissaient sentir ; les polices les mieux armées peuvent empêcher les hommes de s'agiter, mais non point le sol de trembler. « Vous avez éveillé Michel en 1813, vous ne le rendormirez plus », criait aux souverains d'outre-Rhin le poète politique Hoffmann de Fallerslebom^. Surveillé, comprimé, Michel avait pu se laisser assoupir, mais il sommeillait sans dormir. Patient en son rêve, et lent en ses énergies, Michel n'étirait encore qu'avec timidité la puissante lourdeur de son bras, lorsque déjà les catholiques, eux, étaient relevés de leur assoupissement : leur dévouement même
populaire dans VAllemugne du Nord, p. 103-104), et le règlement de 184"), dapiès lequel, en Prusse, i)Our manquer l'école, il faut la permission (ki curé, ratitiée par le Landralh, si l'absence doit durer plu» de trois jours (Rendu, op. rit., p. 126). — î^i Ion veut voir comment, pratiquemewt, s'exerçait cette collaboration des deux pouvoirs, lire les souvenirs du prêtre Krabbe, qui était Schulrath à Munster (Krabbe, Pudat/oyisclie Erinnerunr/eu, p. 122 et suiv.).
1, Saint-René Taillandier, la Jrune AlIrniMi/iw, p. GO.
à l'endroit de l'Eglise les avait mis en avance sur leur peuple.
« S 'éveillant lors de l'affaire de Cologne, grandissant et se fortifiant à la dure école des sarcasmes et des persécutions, une invisible puissance a surgi, puissance merveilleuse ; c'est quelque chose que personne n'a inventé, ni conduit, ni réglé, quelque chose que les romantiques rêvaient, c'est une opinion catholique ^ »
Ces mots sont de l'ancien romantique Eichendorff, dans V Histoire de la littérature poétique de r Allemagne ; ils nous font pressentir l'actif concours qu'allaient trouver immédiatement parmi la foule des fidèles les évoques émancipés.
L'opinion catholique était souveraine dans les diètes provinciales de la Prusse rhénane : en 1843, on y demandait, à l'unanimité, que la Prusse, s'acquittant enfin de la promesse que vingt ans auparavant elle avait donnée au Saint-Siège, constituât en faveur de l'Eglise romaine un capital, susceptible d'assurer à cette Eglise une existence indépendante 2... L'Eglise de Prusse, enlOOi, attend encore ce capital. On protestait aussi, en cette même année 1843, contre l'introduction, dans le nouveau projet de code criminel, d'un certain nombre de pénalités exclusivement destinées aux ecclésiastiques, et menaçantes pour la liberté de l'Eglise'. Des courriers échelonnés