‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 163 sur 236 · Brûck. IT, j). 556 et suiv · texte numérisé non relu

Brûck. IT, j). 556 et suiv

le nouvel archevêque de Fribourg, maintint ces turbulences en échec ; mais, pour que la question des synodes cessât d'être grosse de menaces, il fallait que les e'vêques allemands, tous ensemble, en fissent un examen sérieux, suivi d'une solution: c'est ce qu'ils accomplirent en 1848 dans leur assemblée de Wurzbourg.

Au fond de ces impétueuses aventures, il y avait autre chose et il y avait plus que Finquiétude de tempérament qui sollicitait certains prêtres au mariage ; il y avait autre chose et il y avait plus qu'un certain libertinage de pensée, qui, transformant le ministre de Dieu en un simple éducateur populaire, répudiait la liturgie comme un attirail ; il y avait une question capitale, que la marche vertigineuse des événements rendait urgente. L'opinion publique devenait tout dans l'Etat ; quelle place aurait-elle dans l'Eglise ? L'opinion publique extérieure à l'Eglise, c'est-àdire la représentation parlementaire, serait-elle admise à concerter le fonctionnement futur de l'institution religieuse ? Et l'opinion publique intérieure de l'Eglise, c'est-à-dire prêtres et laïques, serait-elle admise, périodiquement, à dire des mots et à faire des gestes auxquels la hiérarchie devrait déférer?

C'était là, dans toute son acuité, l'objet du débat. Les évêques, à cette double question, devaient répondre par un double non; et leur force, qui leur permettaitd'envisager avec calme les évolutions du lendemain, résidait dans l'instinct du peuple catholique, qui, avec eux et comme eux, répondaitnon. Ils pouvaient s'appuyer sur les fidèles eux-mêmes

pour résister aux théories qui s'essayaient à flatter les fidèles en les voulant investir d'une anormale souveraineté.

C'est qu'en effet, malgré les récentes misères de l'Eglise d'Allemagne, un fonds solide d'habitudes religieuses s'était en beaucoup de régions maintenu dans le peuple. Les instituteurs qu'avait formés le célèbre Overberg avaient éveillé, dans les villes et campagnes de Westphalie, un esprit de foi, robuste et grave, qui devait survivre longuement à toutes sollicitations adverses. En terre rhénane, bien que Farchevèque Droste-Vischering, qui vivait isolé dans son palais, fût assez peu connu, une plaie s'était ouverte en beaucoup d'âmes lorsque la Prusse l'avait emprisonné ; et Ton avait vu la foule s'émouvoir et monter la garde, en certaines villes, de crainte que d'autres prêtres ne fussent arrêtés. Plus plastique et plus mou, n'ayant jamais éprouvé à l'endroit du gouvernement de Montgelas l'invincible soubresaut de rébellion qui soulevait les consciences rhénanes contre Berlin, le peuple bavarois cédait toujours à la voix pénétrante des cloches, qui l'appelait à Féglise pour VAngelm du soir^; il se prosternait

1. Sur la piété et la foi bavaroises, voir ci-dessus, p. G7 ; (iœrres, l'oUlisclic Schviften, VT, p. 323 : — et cf. une lettre de l'archevêque Reisach à Geissel constatant, en 1843, que sur le Rhin le sens pour la liberté ecclésiastique

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toujours auprès de ces <( Monts des Oliviers » qu Savait multipliés la scuplture germanique d'antan ; de vieux livres qu'on se passait de père en lils, la Vie du Christ de Gaspard Erhard, la Légende de Martin Gochem, perpétuaient la pensée chrétienne comme une hérédité 1; par dessus les frontières du Tyrol s'épanchaient, dans la l^avière méridionale, des souftles d'une ardente dévotion, — de cette dévotion qui jadis, en face de l'envahisseur, avait spontanément, en une grande manifestation populaire et militaire, salué dans le « Cœur de Jésus » le suzerain du Tyrol-. On voyait, en Wurtemberg, des fidèles se cabrer contre le clergé, parce qu'il traitait lesespèces eucharistiquesavecirrespect, et d'autres prévenir le roi qu'ils aimaient mieux n'avoir point de curés que d'avoir des curés mariés-'; et quant aux Badois qui avaient l'âge d'homme aux environs de 1840, ils étaient, s'il en faut croire Stolz, singulièrement ignorants du catéchisme'*, mais il n'était pas rai e que, souffrant de leur ignorance comme d'une disette, ils s'en fussent en Alsace, en longues files, pour entendre prêcher des missionnaires \ Ainsi les souillures qui avaient affligé l'Eglise n'avaient point exercé,

est plus vivant et la pratique inoiiis ossifiée qu'en Bavière. (Pfiilf, C'«/-di)}nlvoti Ci'iufti'J, I, p. 3')7.)

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