‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 199 sur 236 · lieiic/it, p. 59-60 .'). Jiericht, p · texte numérisé non relu

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l'année 1848 365

On était au lendemain de la sanglante émeute de Francfort^, qui avait coûté la vie au général Auerswald et au prince Lichnowsky : la peur, conseillère mauvaise pour les assemblées qui aiment l'ordre, n'allait-elle pas peser sur les congressistes de Mayence et paralyser leurs élans? Mais le curé Ketteler venait de prononcer Toraison funèbre des deux victimes, et dans son discours, délinissant la crise qu'on traversait, il avaitnoté, « à côté d'une éclosion de viles passions telles quejusqu'ici l'humanité les connut à peine, une aspiration puissante, un effort, une poussée vers le plus haut idéal que l'âme humaine puisse concevoir^ ». Le prêtre, dans une cérémonie religieuse, avait rendu hommage à l'année 1848, en môme temps qu'il en honorait les victimes : les laïques qui délibéraient à Mayence imitèrent l'exemple de générosité que Ketteler leur avait donné ^.

Loin de prendre peur du peuple, môme égaré, ils se redisaient, avec gratitude, ce que ce peuple, déjà, avait fait pour l'Eglise. Le vicaire Kuland, de Berlin, racontait une touchante histoire ! comment une collecte, faite par quelques « com-

1. Sur cette émeute, voir AViclnnaun, op. cil., p. 242-2G4. et Paslor op. cit., I, p. 2G1-264.

2. Voir, sur cet épisode, Kannengieser, Kvttclcr rf rOrijaiUsation .sociali' en Allenuu/ne, p. 23-25 (Paris, Lethielleux. 1894). — L'oraison funèbre, qui fut dans la suite répandue à des milliers d'exemplaires (AVich-

■mann, op .cil., j). 259), est intégralement rei)roduite dans Peter Reiclienshperger, up. cit., p. 137-144. Il ajoute que, de longues années après, Simson, ; iprésident du Reichstag, lui disait ne pouvoir se défendre dune secousse

nerveuse lorsiju'il évoquait le souvenir de cette oraison funèbre.

3. Remanjuez que les centres où étaient écloses ces aspirations « catholiques sociales » qui se traduisaient à MayCnce étaient précisément ces villes de Cologne, Aix-la-Chapelle, Trêves, tout récemment troublées par des manifestations ouvrières et des émeutes républicaines dont on Deut lire le récit dans Matter, la Prusse cl la liécolutioa de 1«4 > .,. 109, 157 et 207.

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pagrions », avait permis l'installation, dans la capitale prussienne, de quelques sœurs gardesmalades, humble noyau dont le grand hôpital Sainte-Hedwige est sorti ^ Ruland aimait cette fondation populaire; son discours resonnait comme un chant de triomphe, s'interrompait en des larmes de joie. «Ce ne sont pas des blasés élégants qui ont fait cela ; c'est le pauvre peuple catholique, luttant contre la misère; c'est lui qui fait tout, tout vient du peuple. Il a donné sa sueur pour avoir des sœurs de charité. Ce n'est que grâce aux pfennigs de ces pauvres catholiques que je puis être devant vous, moi, un pauvre prêtre qui n'ai rien^! » Fœrster, le futur prince-évêque de Breslau, racontait à son tour la construction de Tune des plus belles églises de Silésie, avec l'argent des pauvres ^, qu'un terrible typhus avait récemment visités, et avec qui le clergé, survenant héroïquement derrière le typhus, était devenu familier '*. Au banquet final, à côté d'un toast pour le Pape, d'un toast pour Tépiscopat, il n'y eut pas moins de trois toasts pour ce peuple bienfaisant. Le premier était porté par RitTel, le professeur de théologie, victime naguère, à Giessen, des susceptibilités du Gouvernement hessois : il se déclarait fils d'un homme de métier ; on eût dit qu'il se drapait

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