‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 28 sur 236 · Grerres. Gesammelte Briefe, III. p. 172-174 et · texte numérisé non relu

Grerres. Gesammelte Briefe, III. p. 172-174 et

3. Brentano, Gesammelte Briefe, II, j). 84 : VHistoire des légendes, à laquelle travaille Gœrres, représentera toutes les légendes des peuples comme des "fausses couches >. de la vérité {Miss(jehurten). — «L'ffistoire des léf/endes, écrivait une autre fois Brentano (il, p. 187), peut devenir une colonne de l'Eglise. »

4. Gœrres. Gesammelte Briefe. III, p. 178 et 183. — Cf. Diel-Kreiten, Clernens Brentano, II, p, 345-349.

Mais Gœrres était devenu publiciste religieux avant môme que le monde n'eût appris qu'il était définitivement converti; on ne saisit pas, dans ses lettres, la trace de crises de conscience ; la poussée des circonstances, son propre besoin de s'extérioriser, le rejetaient hors de lui-même et ne lui laissaient point le loisir d'être spectateur du travail intime qui tour à tour l'avait mené de l'Eglise vers la Révolution et ramené de la Révolution vers l'Eglise. Il n'avait ni le temps ni le goût de revivre son passé etde thésauriser les miettes de ses existences antérieures; il préférait ramasser toutes ses énergies pour l'action nouvelle.

On lut dans toute l'Allemagne, en 1825, une prosopopée du prince électeur Maximilien I" au nouveau roi Louis de Ravi ère, publiée par le Catholique^ et signée de Gœrres. Maximilien ressuscité disait au jeune souverain : « Ce que tu peux édifier, ne le bâtis point «ur les eaux courantes et le sable fugitif des opinions humaines, mais faisle reposer sur Dieu, citadelle de tout ce qui est solide. Sois un prince chrétien, colonne pour la foi, protecteur de la liberté de l'esprit. Sois un protecteur et un asile de la foi, afin que la Ravière redevienne ce qu'elle fut : un bouclier, une pierre fondamentale de l'Eglise ^ »

Ga3rres, « le persécuté des rois de l'Europe », prévoyait-il que le souverain qu'il faisait interpeller du fond d'une tombe allait devenir son protecteur?

I. Cet écrit est reproduit dans les Polilische Schriflm de Gœrres, V, ]). 235-260. — Windischiiiann écrivait à Gœrres à ce sujet : « Vous avez loyalement rempli votre vocation, d'être un gardien et un héraut fidèle de la véritable Eglise et du véritable Etat. » (Gœrres, Gesammelle Briefe, III, p. 218.)

« Avec sa majesté royale, disait Gœthe à Eckermann, Louis I" a sauvé le beau naturel d'homme qu'il avait reçu en naissant ; c'est un phénomène rare ^ » A distance, et lorsqu'on oublie qu'en une heure de caprice il sacrifia sa politique aux susceptibilités d'une ballerine-, on est séduit par cette riche et fougueuse nature, dont la spontanéité ne se laissa pas entamer par l'étiquette, et qui comprenait qu'en nous abandonnant à nos enthousiasmesnous plaçons à gros intérêts les richesses de notre âme. Fils d'un père qui avait aimé la France, Louis l\ lui, était un Allemand passionné"^ : le Panthéon germanique qu'il édifia sous le nom de Walhalla était pour lui un sanctuaire ^ ; et ses regards de patriote germain, agressivement tournés contre la France, s'arrêtaient avidement sur l'Alsace''. C'était par surcroit un romantique : sa jeunesse, éprise d'art grec, s'était laissé convertir

1. Gœthe. Convrrsalions avec Eckernuinn, trad. Delei'ût, II, [>. 121. La jeune Allemagne, au contraire, était malveillante pour Louis I*^ Gutzkow le comparait à >;éron et écrivit contre lui un drame aristophanesque, Jupiter Vindex (Dresch, Gutzkow et la Jeune Allemagne, p. 99)-

2. Au sujet des caprices de Louis de Bavière, lire l'essai de défense qu'en tente Ringseis, qui le connut et l'aima (£'?-/»ner«n^en, II, p. 164-166).

3. Poésies choisies du roi Louis I" de Bavière, trad. Hallez, p. 10, 11, 45, 48, 159, 163 (Paris, Dentu, 1868).

4. Saint-René Taillandier, Etudes sur la révolution en Allemagne, I, p. 466 et suiv., analyse avec attrait le recueil d'inscriptions composées par Louis de Bavière lui-même en l'honneur des bustes de la Walhalla, et qui inspiraient à l'épigraphiste Zell une naïve admiration.

5. Le prince Louis écrivait de Wurzbourg, en 1817, au précepteur de son fils : « Gomment un Allemand peut-il être ami de la France, tant que l'Alsace est détachée de l'Allemagne? » (Sepp, Ludiviy I v. IJayern, p. :581. Schaffouse, Hurter, 1869.) " Ne te fie pas aux Français, ne deviens pas un membre de leur système d'Etats », écrivait Louis I«% en 1833, à son fils devenu roi de Grèce (Trost, Kônig Ludicig I von Bayeim in seinen liriefen an seinen Sohn den Kônig Otto von Griechenland., p. 69. Bamberg, Buchner, 1891).— Cf. même recueil, ]). 21, à propos de la joie qu'il éjirouvait. en 1840, lorsqu'il crut à une guerre contre la France.

par son médecin Ringseis aux prestiges de l'art chrétien^ ; lorsque ses voyages à Rome l'eurent rapproché des Nazaréens, il leur consacrait un poème dans lequel Cornélius était comparé à saint Pierre, Overbeck à saint Jean- ; et mettant en vers son rêve d'un a règne de beauté qui s'étendrait sur l'Allemagne^ », il les appelait tous deux « ses hommes d'Etat ». Pour l'art comme pour la patrie, Gœrres et Louis I''' vibraient à l'unisson '^. Quant à la politique, il ne semblait pas qu'elle les dût diviser. Ringseis, après le Congrèsde Garlsbad, remontrait au prince Louis ^ que l'Etat des Wittelsbach eût gagné la gratitude de l'Allemagne et supplanté en prestige l'Autriche et la Prusse, si la dynastie eût expliqué avec force que jamais elle

1. Ringseis, Erinnerunyen, I, p. ÔOl. — Ringseis prévoyait, dès 1818, laurure d'un renouveau artistique, que Louis I" ferait s'épanouir eu Allemagne {op. cit., I, p. 466). — Outre les quatre volumes de Souoenirs que nous citons fréquemment, lire, sur Jean-Népomucène Ringseis 1870-1880) une lettre de Brentano {Gesammelte Briefe, II, p. 293).

"2. Saint-René-Taillandier, op. cil., I, p. 453. Sur l'entremise efficace de Ringseis entre Louis I" et Cornélius, voir Ringseis, op. cit., II, p, 11 ; sur les vains efforts de Ringseis pour faire venir Overbeck à Munich, voir Ringseis, op. cit., III, p. 47-48.

3. Ringseis, Erinnerungen, I, p. 470. — Gœrres consacra un article dans VÉos aux poésies de Louis I" (Gœrres, Gesammelte Briefe, III, p. 354). — Lire dans Saint-René Taillandier, iS'^wrfe.f sur la révolution en Allemagne, I, \). 44.V447, un curieux article du Globe, du i.'2 avril 1829, sur l'œuvre poéti(iue du jeune roi.

4. " Amour et enthousiasme pour le christianisme et pour la patrie, ce sont pour Louis I" les plus nobles impulsions de l'esprit artistique. » (Ringseis, Erinnerungen, I, p. 468.) — Comparer l'enthousiasme qu'inspirait à Saint-Marc Girardiu, en 1833, le spectacle de Munich {Notices politi(/ues et littéraires sicr l'Allemagne, p. 34. Paris, .Joubert, 1834), enthousiasme que Saint-René Taillandier, très sévère pour le roi Louis, criticiuait sans ambages peu d'années après {Etudes sur la rérolution en Allemagne. L p. 138 et 485).

."). La lettre est publiée dans Ringseis, op. cil., II, j). 299. « La Bavière, explique Ringseis, serait devenue, par la force de l'opinion publique, plus puissante que l'vVutriche et la Prusse, et celles-ci n'eussent jamais osé, dun ton dictatorial et railleur, défier le peuple allemand en pleine figure. .Je voudrais pleurer des larmes de sang, en voyant C(>tte occasion perdue pour la Bavière. "

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ne dérogerait à la constitution. Sans vouloir s'aventurer dans une sorte de donquichottisme constitutionnel, le roi Maximilien fit du moins la sourde oreille aux ordres de la Sainte-Alliance, et c'est au prince Louis que les esprits en surent gré ' . La reconnaissance de Gœrres lui était acquise ; et puisque cette âme princière était àtant d'égards jumelle de la sienne, Guerres, de son exil, criait au roi nouveau d'ôtre un roi catholique.

Catholique, Louis L' l'était. La disparition delà surditédontjadis il étaitafiligé avait coïncidé avec la visite du prêtre Alexandre de Hohenlohe, thaumaturge étrange que toute l'Allemagne du Sud réputait pour ses guérisons 2 ; et Louis de Bavière aimait à se dire que la clarté de son ouïe lui était un bienfait de Dieu. Mais quelque joie qu'il éprouvât à se considérer comme l'objet d'un miracle, une autre impression, plus profonde, plus intense, avait contribué, dès sa jeunesse, à préparer et à pénétrer son âme : il était comme le fils spirituel du prêtre Sailer, il avait subi, longuement, mûrement, la captivante intluence de ce grand lecteur de consciences ; et l'on peut dire qu'avec lui le culte pour Sailer s'installait sur le trône môme de Bavière.

Triomphant des résistances primitives de Rome.

\. Sur les sentiments du prince Louis à l'endroit de la constitution, voir Ringseis, op. cil., l, p. 509.

2. Perthes, Leltcn vun Friedrich Perlhes, II, p. 3't2-343. — Voir sur Alexandre de Hohenlohe (1794-1849), qui eut en son temps une immense notoriété, les Mémoires et Expériences dans la vie sacerdotale et dans le commerce aoec le monde, recueillis dans les années 181.j- 1834, par Alexandre, prince de Hohenlohe (Paris, Lagny, 183f)). — Jusqu'à Rome, on s'intéressait à ses cures merveilleuses (Janssen, Bfihmer's Lchen und Briffe, II. V- 94).

l'école DI: MUNICH 63

il avait aciieminé Sailer vers les sommets de la hiérarchie; il l'avait fait nommer, en t823, coadjnteur de Ratisbonne ; il l'en nommera évoque en 1829 ^ Dès son avènement il le gratifia d'un château'^. Sailer aurait pu devenir une Eaiinence grise; mais il lui suffisait d'avoir fait de Louis 1''' une âme religieuse, et le reste viendrait par surcroît...^ Le reste, ce serait l'ettlorescence monastique dont la Bavière allait être l'asile ; le reste, ce serait l'attitude catholique que, devant le monde, la Bavière allait prendre. C'est grâce à l'influence du prince héritier que, dès 1824, quelques séminaristes bavarois avaient pu faire leurs études au collège gerQianique de Rome, jadis fondé par saint Ignace, et qui, durant cette période, était complètement abandonné par les clercs de langue allemande, sur l'ordre des gouvernements^. L'ombre

1. Aichinger, op. cit.. p. 423 et suiv. — Sur les sympathies du roi pour Sailer, voir une lettre de Brentanoà Gœrres, en 18-3G (Gœrres, Gesammelte Briefe, III, p. 259), et une lettre de Diepenbrock, de la même année Briefe von Sailer, Diepenbrock laul Passavant, p. 25). — « Le roi Louis, lisait de son côté Sailer, justifie toutes les nobles et justes espérances. » Gœrres, Gesammelte Briefe, III, p. 221).)

2. Reinkens, Melchior von Diepenbrock, p. !)!t-l()0, — Sepp, Ludivit/ iuf/ustiis, Kôniçj von Bayern, p. 381. — Cf. Sepp, op. cit., p. 3'.)4 : eu 1841, il reconunandera à Ried', évé(iue de Ratisbonne, l'exemple de Saler comme un modèle à suivre. — « L'influence que vous avez exercée lendant ces années de ténèbres que les insensés ont prises pour de la umière, écrivait Louis P"" à Sailer en 1831, sera salutaire aux générations "utures. » (Notice de Diepenbrock sur Sailer, en tète de Sailer, Théologie pastorale, trad. Belet, p. ix.) Enfin, peu avant la mort de Sailer, Louis I" aisait venir le vieil évêque pour la bénédiction de la Walhalla, et 'invitait à rester couvert pendant la cérémonie. (Reinkens, Melchior von Diepenbrock, p. 126.)

3. Que Sailer, enfin, en ces dernières années de son existence, et aalgré les faveurs dont l'entourait le roi, ne ressembla jamais à un irélat de cour : c'est ce dont témoigne l'attitude très ferme qu'il prit à. 'endroit du ministère bavarois dans les difficultés soulevées par les nariages mixtes (Aichinger, op. cit., p. 449-455).

4. Ringseis, Erinnerunfjen, II, p. 128: le premier de ces clercs fut Reiiach, plus tard archevêque de Munich et cardinal. Sur 251 « Germa-

de Maximilien pouvait, par la plume de Gœrres, objurguer son descendant d'être un bouclier de l'idée' religieuse : le disciple de Sailer comprendrait la leçon ^ .

Une grande décision marqua le début du règne l'Université de Landshut fut tranférée à Munich Ringseis avait été l'instigateur de cette réforme 2 un protestant converti, Schenk, y présidai L'esprit des universités portait alors ombrage au? grands de la terre : Louis P'', lui, appelait h science près de son trône, et lorsqu'on 1833, après les échauffourées de Francfort, les gouverne ments persécuteront les étudiants'*, un orateu catholique se lèvera, dans Yauia de Munich, pou défendre les franchises universitaires ; ce sera l

niques » (ainsi s'appellent les élèves du collège), on compte, entre 181 et 1848, 73 Bavarois, 60 Suisses, 35 Prussiens, 19 Hanovriens, 9 originaire du Nassau, 5 d'Oldenbourg et de Hesse. (Cardinal Steinhuber, op. cit., I p. 436-4?)7.) — Le prince Louis avait rendu un autre service à l'Eglif de Bavière : dans les discussions auxquelles avait donné lieu, en Bavièn la promulgation du Concordat, il était formellement intervenu en favei (le l'observation loyale du Concordat par le roi: « Qu'en serait-il de ' loyauté allemande s'il en était autrement? " (Lerchenfeld, Zur G schichle lies bayrischen Concordats, p. 10.)

1. Louis de Bavière, cherchant un précepteur i)Our ses enfants, cha geait Ringseis d'écrire à Sailer qu'il ne voulait les confier qu'à quelqu'ii qui fût teutscli, religiôs, volksreclitlich (Ringseis, Erinnei'ungen, II, p. 7 ces trois mots définissent assez bien Louis de Bavière lui-même.

2. Voir, dans Ringseis, Ennnerunfjen, II, p. 217 et suiv., son mémoi au roi sur l'opportunité de la translation. Déjà, voyageant en Sici en 1818 avec le prince Louis, au lendemain des fêtes de la Wartburg, lui expliquait que pour rivaliser avec Vienne, GToettingue et Berli l'Université de Landshut devait être transférée à Munich {Erinnerum/en. p. 419). — Le jurisconsulte Savigny, dans une lettre à Ringseis, comba tait ce transfert, et refusa l'offre d'une chaire à Munich. (Pfùlf, Stimm^ ans Marin Laach, 1904, I, j). 37; et Pfûlf, Savii/ny und die IHnge Bayera, p. 4, extrait des Stimmen aus Maria Laach, 1904, IL)

3. Ringseis, op. cit., II, p. 2v'5. — Voir, sur Schenk, Rosenlhal. Konve lilenbilder, I, 1, p. 358.

4. Voir dans Lerminier, Au delà du Rhin, II, p. 46 et suiv. (Par Bonnaire, 1835), le texte de la décision prise par la diète en 1834 cont les universités. — Une commission d'enquête fit condamner, en l'espa de trois ans. 204 étudiants.

L ÉCOLE DE WLNICH 6d

recleur Ringseis, confident du roi. Louis V% comme l'en suppliait Maximilien par Forgane de Gœrres, était « protecteur de la liberté de l'esprit' ». Mais en même temps, « colonne de la foi », il ouvrait à rintelligence catholique un beau terrain d'épanouissement : la théologie, dans la jeune univerté, allait se relever de l'assoupissement oii 'l'avaient plongée, dans les facultés de Bavière, les quarante dernières années; et des catholiques notoires furent appelés aux principales chaires 2. La chaire d'histoire fut offerte à Joseph Gœrres, au vif déplaisir du roi de Prusse'^. Louis I"" était fier de rouvrir l'Allemagne au grand contumace de Coblenz, et cette initiative royale assurait les •destinées de l'école de Munich.

1. Le discours, publié clans lei^ Er inné ruiu/en de Ringseis, IH, p. 30(5-388. expose, non sans éclat, la conception « organi(iue » de l'Etat, opposée à !la conception « atomique » ; il subsiste connue un intéressant témoignage

des doctrines sociales catholiques au lendemain de 1830. Ringseis explique que l'Eglise et la monarchie n'ont jamais à craindre la science; (jue la destruction des hautes écoles serait « sotte, positivement nuisible et dangereuse, injuste et révolutionnaire », et qu'elle ne serait que la continuation de ces révolutions d'en haut, qui, soi-disant pour le bien général, ont, en détruisant les organismes corporatifs, préparé la chute des trônes.» Ce discours fut traduit en français par le futur abbé de Gazalès, qui faisait alors un séjour à Munich (Ringseis, op. cit.. IH, p. 91). — Voir, dans Pfiilf, Sacifpiy und die Binrje in Bayern, p. 13 (extrait des Stimmen aus Maria Laach, 1904, II), l'approbation qu'envoyait à Ringseis, à propos de ce discours, le jurisconsulte Savigny.

2. Plusieurs professeurs acharnés contre le catholicisme, Schulthess, Kœppen, et le prêtre Salât, fameux par ses campagnes contre le célibat, disparurent des cadres au moment du transfert à Munich. Voir, à ce sujet, le Mémorial caihulit/ue. de Paris. 18Î8, p. 317: on y trouve un article sur la nouvelle université, qui était, parait-il, de la plume de Dœllinger (Friedrich. Jt/naz von Dfrllinf/er, I, p. 217 et suiv.).

3. Sur l'appel de Gœrres à Munich, d<iut Ringseis et Sailer eurent l'initiative, voir Ringseis. Erinnerwif/én, II, p. 226-228, et Brentano,

'Gesaminelle lirirff, II, p. 153-154. — Le chargé d'atfaires de Prusse éleva des ■réclamations auprès du Gouvernement bavarois (Galland, op. cit., j). 383). — C'est à cette époque que Gœrres écrivait au roi de Prusse: « Depuis près de huit ans l'Allemagne est témoin de cette incomiu-éliensible contradiction : le même écrivain qu'elle connaît connue le défenseur de la

66 PENSÉE CATHOLinUE ET PENSÉE ALLEMANDE

Ringseis, Sailer, Brentano pressaient Gœrres d'accepter • ; il quitta Strasbourg, en déclarant que le vol des oiseaux déciderait de son chemin^; et les oiseaux l'orientèrent vers Munich, qui fut ainsi sa dernière patrie. Il était confiant dans sa destinée; n'avait-il pas appris, en Alsace, que les « pauvres braves gens de l'Eifel priaient bien pour lui 3». Derrière lui, la revue le Catholique obtenait aussi droit de cité en Bavière; elle s'installait à Spire jusqu'en 1841^; et Brentano souhaitait une sorte d'alliance, fondée sur un mutuel échange de services, entre le nouveau gouvernement bavarois et les rédacteurs du Catholique'\

vraie légitimité contre labsolutisiiie et la démagogie est poursuivi, de la façon la plus irréconciliable, par cette légitimité n>ème. » (Galland, op. cil.. p. 381.)

1. Voir la lettre de Diepenbrock dans Gœrres, Ge.mmmc.He Briefe, IIL 1). 29G. — Brentano écrivait à Gœrres : « A Munich, tu pourrais formel une ('cole historiciuo qui travaillerait dans ton sens... Il manque, en Bavière, un esju'it central et pratique comme toi. » (Gœrres, (lesammnUi Brtpfi'., m. p. 258-2()l.) Et une autre fois: «Il y a encore beaucoup de ])ien à faire en Bavière; mais il mamiue un honnne comme toi »; et il lui promet l'aide de Sailer (Gœrres, Gesammelie Briefe, III, p. 393).

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