Cf. ci-dessus, tome I, p. 310, n
5. Gœrres. Gesa„nnt-lte Briefe, III, p. 317 et 320. — Cf. Brentano, Gesammelle Briefe, II, j). 275, sur l'ignorance et l'allure conuuune du clergé.
G. Voir, en particulier, sa lettre à Giovanelli au sujet de l'aridité du ;.)reniier volume de hi J/j/slir/iie-, il,exj)lique qu'il a voulu réhabituer au travail ses lecteurs appartenant au clergé (Gœrres, Gesammelle Briefe, III, ">. 453-156).
DBRARY ST. hmrs COUfGE
M. Gœrros, « condamné, tout le long de l'année, à réciter à des séminaristes l'histoire du péché originel* », n'est qu'une caricature. 11 se faut défier des jugements de Heine sur les professeurs bavarois : en lui faisant espérer une chaire à l'Université de Munich, et en ne la lui donnant point, on l'avait mis en fort méchante humeur ; et dans une lettre à Varnhagen, il s'avouait « capable de pendre ces Polignacs allemands - ». Faute de pouvoir pendre Gœrres, il l'a de son mieux diffamé. De fait, deux cents étudiants et beaucoup de gens du peuple se pressèrent aux premières leçons de Gœrres; peu à peu, l'auditoire se restreignit; une élite fut fidèle'^. C'était plutôt une philosophie de l'histoire qu'un enseignement de l'histoire : Gœrres ne suivait pas les faits, mais, d'un regard allier, il les convoquait autour de certains pôles élus, le Sinaï, le Calvaire. Il voyait, dans l'histoire, « la servante de la fraîche et
1. Henri Heine, De V Allemagne, I, p. 298. — Cf. Heine, Correspondance inédite, I, p. 373 (lettre à Varnhagen, du 12 février 1828) : « Gœrres devient tous les jours plus catholique et sera certainement cardinal. M""" Gœrres tricote déjà des bas violets. »
2. Sur les rapports de Henri Heine avec Munich et la promesse que le ministre Schenk lui avait faite d'une chaire, voir Gustav Karpelcs. Heinrich Heine, aus seinem Lebcn und seiner Zeit, p. 114-121 (Leipzig Titze, 1899). — « A Munich, j'apprends que cela va mal, écrivait Heine à Varnhagen le l*^"" avril 1831. Si mou ami Schenk ne m'avait pas sacrifu' aux Jésuites, je pourrais, sans que mes principes eussent à en souffrir lui être fort utile aujourd'hui. Mais la déloyauté et le manque de talem m'ont si fort indigné de ce côté-là, que maintenant je serais capable d( pendi-e moi-même les Polignacs allemands. » {Correspondance inédile II, p. 122.)
3. Voir, sur les débuts de cet enseignement, le témoignage de Gœrret lui-même {Gesammelte Briefe, III, p. 314-318 et 369. — Dœllinger, dan; un ai-ticle non signé — mais dont Friedrich, Ignaz von Dœllinf/er, I, \). 217 le déclare l'auteur — article adressé au Mémorial catholique de Paris, 1828 p. 393, écrivait : -< Je tiens de bonne source que ce sont justement le; élèves les plus distingués et principalement les moins corrompus et le; plus religieux qui assistent avec le plus de zèle aux leçons de Gœrres. "
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verte vérité, qui n'a pas besoin de manteau pour se couvrir! ,> ]v|ais cette histoire, toujours véridique, devenait comme la matière à laquelle il imposait une forme ; et dans une « perspective d'aigle », suivant le mot de Diepenbrock", il la mettait en acte. Le protestant Bœhmer, un maître en érudition, admirait profondément cette u manière titanique-^ ». Les trois conférences publiées en 1830 sur le fondement, les divisions etlasuite de l'histoire, du monde S et la préface donnée par Gœrres à la Vie de Jésus, de Sepp% nous donnent l'image de ces ascensions hebdomadaires dans lesquelles le professeur, promenant entre ciel et terre sa somptueuse imagination, interprétait avec r « au-delà » l'histoire d'ici-bas. Le romantisme allemand déroulait fi son tour un Discours sur r Histoire universelle^. Mais on ne trouvait pas,