‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 31 sur 236 · Galland, op. cit, p · texte numérisé non relu

Galland, op. cit, p

4. Strodl a réédité ces trois conférences : Ucher Grundlaf/e, Gliedcruivi und Zeitenfohie dcr Weltgeschichte, drei Vortrof/e (Munich, Stahl. 1880), en y joignant une longue suite d'études sur Gœrres historien. Voir, en particulier, les pages 100-115, où Strodl énumère les divers sujets traités par Gœrres dans son vaste cycle d'enseignement. — Cf. dans Sepp. Ga^i-res und Seine Zeitr/enossen, p. 415-430, une leçon d'histoire de l'anli- (juité, professée par Gœrres.

5. Gœrres, dans cette préface, étudie « les actes fondamentaux prinutifs pour la fixation du rapport entre Dieu et la créature » : c'est une sorte de raccourci de ses cours historiques sur la Genèse (Strodl, op. cit., p. 103, n. 2).

G. « Son point de vue d'histoire universelle, écrivait le jeune Lasaulx, alors étudiant à Munich, est le plus haut qu'un honnne puisse prendre. Sa déduction des lois éternelles est-elle, dans le détail, toujours juste et historiquement vraie? je ne sais ; mais inème si l'ensemble n'était qu un grand poème, cette poésie est si immense, si élevée, que volontiers je donnerais pour elle quelques prétendues vérités historiques toutes nues. » (Stolzle, Kmstvon Lamulx, p. lH-17. Miinster, Aschendorff, 1904.) — « L'histoire générale de Gœrres, écrivait Dœllinger à Raess, n'est pas une histoire au sens commun du mot, mais elle traite des mysteria aubhr

ici, cette régularité superbe avec laquelle, sur un geste de Bossuet, les faits de l'histoire s'alignent devant Dieu, comme les courtisans devant le grand Roi. Le geste de Gœrres est plus saccadé; et l'histoire, telle qu'il la maîtrise, s'abandonne à de turbulents soubresauts avant de se venir ranger dans la voie, fixée d'avance, oii les conseils éternels s'accompliront. Les peuples, chez Bossuet, semblent se soumettre à la règle théâtrale de l'unité d'action : le drame où les jette Gœrres est moins sobre et plus tourmenté. Gravement effacé dans la coulisse, Bossuet se cache derrière le Très-Haut ; Gœrres se découvre ; il précède Dieu, il le devine ; et si Dieu voulait se taire, il lui arracherait ses tacites pensées. L'évêque ne parle qu'après Dieu; le laïque parle au nom de Dieu^ D'une môme haleine, le commentaire des âges antérieurs expirait, sur les lèvres de Gœrres, en prédictionsd'avenir; etlorsque, en 1827, l'^os, journal catholique fondé par un converti, publia son

viia, Dieu, la Trinité, la création. » (Friedrich, Lpiaz v. Dopllhu/cr, I, p. 223.) — Un autre auditeur de Gœrres fut le futur évoque Conrad Martin, qui nous dit sou admiration dans sesZritbilderoder Erinnei^nf/en an meine cerewirjtoi Wohlthater, p. 54 et suiv. (Mayence, Kirchheim, 1870; — cf. Stauun, Dr. Conrad Martin, Bischof von Paderborn, p. 14-17, Paderborn, Junfennann, 18'J2). — Le professeur Herniaun Grauert a bien défini la valeurde Gœrres connue historien, la pénétration intuitive avec laquelle « il outrait dans l'esprit et dans les idées motrices de l'histoire universelle », et. inversement, les lacunes de son œuvre en ce qui rej^arde « la critique forte et méthodique des sources. » {Wissenschaflliche Beilaye zur Gcrniania, 14 juin llHIl.) — Cf. Janssen, Bohrner's Lchen und Brief'e, II, p. 425, et surtout III, p. 192 : Bôhmer explique, on 1850, pourquoi Gœrres ne fit pas de disciples comme historien : c'est parce qu'on attire des élèves, non par la « conception » {Avffassung), mais par la « participation aux recherches «.

1. Voir, sur la philosophie de l'histoire dans Gœrres, Strodl, op. cit., p. 115-173; on y trouvera très bien caractérisées les influences philosophiques subies par Gœrres, et l'auteur explique fort exactement comment on entrevoit, dès les ])remiers écrits du jeune Gœrres, sa future conception de l'histoire.

article apocalyptique sur le Miroir du teîiips^^ il semblait à Diepenbrock que dans les colonnes de VEos se déroulait un vieux rouleau de parchemin d'Isaïe^. Gœrres, avec une fantaisie luxuriante, aimait à se représenter les prochaines commotions qui menaçaient la terre, à mesure qu'elle se détachait du ciel.

Mais il se réputait encore historien, lorsque, devant des auditeurs éblouis dont l'un s'appelait Montalembert, il professait ses leçons sur laMy.stiqiie'^. N'était-ce point, en quelque façon, poursuivre l'étude de l'histoire terrestre, que de contempler en tous leurs épisodes, les plus augustes comme les plus baroques, les plus purs comme les plus indécents, les plus authentiques comme les plus discutables, toutes les projections du ciel et de l'enfer dans la vie de la terre ? Dans sa préface aux œuvres d'Henri Suso traduites par Diepenbrock, Gœrres avait trouvé de poétiques accents pour célébrer ces « oiseaux de tempête » qu'avaient été les mystiques du moyen âge :

Ils cherchaient le calme, écrivait-il, dans le centre mystérieux des êtres, dans la divinité qui mire sa douce beauté,

1. L'article est reproduit dans Icf^ PolUifirhe. Schriften, V, p. 382-395. — Sur riinpression produite, voir Friedrich, Ii/na: v. Dwllinger, I, p. 203-204. — Guillaume Volk écrivait de Gœrres : « Il m'est toujours ajtparu sous

es traits d'un des voyants les plus enthousiastes de l'ancienne Alliance. » (Rosenthal, Konvertitenhilder, I, m, j). 1G9.)

Page 1