Henri Heine, De VAllemarpie, I, p
4. Brentano. Gesnmvtelte Briefe, II, p. 207. — Cf. Gœrres, Gesamvi liriefp, III, p. 359, la lettre de Diepenbrock à Gœrres, en 1829, à r(.( . sjon de son introduction aux œuvres d'Hepri Suso : « Vous n'êtes j... s un poète, vous n'êtes pas un philosophe, vous n'êtes pas uji théologien, vous en êtes la trinité; et la théologie, la philusupliie, la i)00sie, sont vivantes en vous, en une seule personnalité. »
^ Henri Heine. Dt VAllemaime, I, p,29r): — Crjrrc.v'mulanrt' inMitê, II,
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qualifiait Munich), Schelling, lui, professait la philosophie. « Il a fait beaucoup de rétractations », écrivait Brentanoi. (dl a trahi la philosophie et l'a livrée à la religion », confirmait Henri Heine '^. !Le bruit courut même, en 1828, qu'il s'était fait catholique. Ce qui était vrai, c'est que la situation du christianisme, dans l'évolution religieuse de rhumanité, devenait, pour lui, l'un des problèmes essentiels : son enseignement de Munich en cherchait la solution-'.
Il la crut trouver en deux versets de l'Epître aux Philippiens, et, sur eux, bâtit une christologie, dont l'aspiration fondamentale était de montrer dans le paganisme, non seulement la base historique, mais l'étoffe môme du christianisme. Le 'Christ de Schelling préexistait à l'ère chrétienne, comme divinité du paganisme : il jouissait déjà
p. 137 : « C'est à Munich qu'est l'officine de tout mal dans l'art comme dans la science. » (Lettre à Charles Imniermann, du 19 décembre 1832.)
1. Brentauo, Gesammelle Briefe, II, p. 207. — Cf. Gœrres, Gesammelle Briefe, III, p. 319 : « Schelling a fait la critique de tous les systèmes depuis Descartes, et même du sien, et il veut maintenant édifier à neuf sa philosophie historique. »
2. Henri Heine, Be l\Ulema(jnc , I, p. 173 : « M. Schelling, dans les antres du jésuitisme, aide à forger des chaînes intellectuelles; et puis, il veut nous faire croire qu'il est toujours et invariablement le même qu'il fut jadis; il renie même sa qualité de renégat, et à l'opprobre delà défection il ajoute encore la lâcheté du mensonge. >> — Il est curieux de constater que, dès 1804, Benjamin Constant redoutait que le schellingianisme ne pvit conduire au catholicisme [Journal intime, édit. Melegari, p. 4, 13, IB, 32-33).
3. Au témoignage de Rio, qui entendit Schelling causer avec Lamennais en 1832, Schelling rêvait, à cette date, « la science se substituant à la foi, ramenant le genre humain à l'unité, et ayant pour base, d'une part les faits primitifs, et, de l'autre, une méthode encore inconnue au monde, au moyen de laquelle on déduirait progressivement et d'une manière rigoureuse, des faits primitifs, le christianisme tout entier, ou, en d'autres termes, toutes les lois de l'humanité. >- [Einloyue à l'art chrétien, II, p. 168, Paris, Hachette, 1872.) — 8uli)ice Boisserée, dans une lettre à Gœthe de 1828, parle avec admiration des leçons de Schelling à la nouvelle Université de Munich {Sulpiz Boisserée, II, p. 498-499).
des honneurs divins, mais c'était malgré le Père ; durant cette période païenne de son existence, il ne croyait pas, dit saint Paul, « que ce fût une usurpation de s'égaler à Dieu » ; en quoi il se trompait et trompait les hommes. Une révolution se fit en lui : dans la crèche et sur le Calvaire, « il s'anéantit, prit la forme d'esclave »; il déchut volontairement; alors les païens reconnurent qu'en lui ils n'avaient pas adoré le vrai Dieu. Mais le Père, lui, sut gré de cette résipiscence du Christ; et pour le récompenser il l'autorisa de rechef à être une divinité : c'est de Faveu du Père que désormais Jésus fut Dieu. Ainsi la période mythologique et la période de la révélation sont les deux actes d'un môme drame, dont Jésus est le héros K Une lettre qu'écrivait à Dœllingero l'étudiant Bernard Fuchs, plus tard professeur de théologie morale, nous oifre une image curieuse de l'enthousiasme qu'excitait cette synthèse parmi certains jeunes théologiens. « Comme grandeur, disait Fuchs, comme portée, comme pénétration, comme simplicité, comme charpente, comme force, comme
1. Ou jieut consulter avec fruit, à ce sujet, Euiile-Alfred AVeber, h'xoiiien crilUjue de la jihilosophie religieuse de Schellina (Paris, Cherl)Uliez, 1860).
2. Quant à l)œlliu{,'er lui-niènie, nous trouvons sou opinion sur renseignement de Schelling dans larticle anonvnie qu'il écrivit en 1828 au Mémorial calholit/ue, de Paris : « Il est difficile, dit-il, de concilier son système philosctphique, dont il est toujoiu's opiniâtre défenseur, avec les idées du christianisme, auquel il rend hommage. Il s'occupe actuellemont de la composition d'un ouvrage qui exclura probablement tous les doutes à cet égard. Quand Schelling énonça publiquement qu'il était convaincu de la vérité de la religion chrétienne, il excita un grand étonn»Muent, et plusieurs ne surent qu'en penser; le bruit courut même à Munioh et ailleurs qu'il était devenu catholique, ce qui est faux; mais cela i)rouve aii moins combien de gens regardent le retour au christianisme positif et le retour au catholicisme comme svnouvuies. » {MOmorial catholique, 1828, p. 317.)
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profondeur, toute la spéculation chrétienne est de beaucoup surpassée. Si ce système était en conflit avec le dogme, les intérêts catholiques péricliteraient, un grand nombre de catholiques se détacheraient i. )) Le futur professeur Sepp faisait écho : (( Le cœur ne nous brulait-il pas lorsque Schelling parlaito? » Et le prêtre Magnus Jocham, longtemps après, se rappelait avec admiration H'explication donnée par Schelling des prophéties messianiques d'Isaïe et la façon dont il faisait comprendre le dogme de la résurrection des imorts-^. Encore que la théorie des trois Eglises, pétrinienne, paulinienne, johannique, fût aussi malaisément acceptable que l'était cette christologie, de bons esprits parmi les catholiques bavarois, Ringseis, Michel Strodl, crurent longtemps qu'une philosophie chrétienne pouvait s'adapter au système de Schelling'^; et depuis Patrice Zimmer au début du siècle jusqu'à Rosenkranz ^ en
1. Friedrich, Iipiaz con Do'Uinf/er, I, j». 443-400. — Fnchs, dans ïArchic fur Ihcolof/ische Lillcradw, fondé par Dœllinger eu 1842, se détacha de cette admiration excessive (Friedrich, op. cit., Il, p. 141); il devint, en 1845, j)rofesseur de théologie morale (Friedrich, op. cit.. H, p. 71).
2. Friedrich, hjna:: oon iJœllini/er, I. p. 437. — L'ahl)é Studach, anmùnier de la i)rincesse royale de Suède, expliquait au jeune Charles de Montalembert, en 1828, (fu'en Allemagne Kant était abandonné, et qu'il existait à Munich une école nouvelle aspirant à la foi par la science, école dont Schelling était le chef (Lectxnuct, AJontalemljei^i, l, p. 58). — Staudenniaier, aussi, fut en son temps très séduit par Schelling (Lauchert,/'V«nj Anton Staudenmaier. p. 49); mais, plus tard, en 1842, parlant de la dernière forme de la i)hilosophie de Schelling. il écrivait : « Ce n'est pas là la doctrine chrétienne, mais cette philosophie est i)lus rapprochée du christianisme que Tancienne philosophie de l'identité, du même auteur, et que les systèmes philosophiques du temps présent et du passé récent. » 'Lauchert, op. cit., p. 371.)