Karl Mreller, op. cit., I, p
3 Le chapitre, dans une circulaire au clergé, du 21 novembre 1837, uisait que 1 archevêque avait été éloigné gravissimis ex causis; le clergé
était le doyen, fut nommé vicaire capitulaire^ et la lettre officielle par laquelle le chapitre informait le Pape essayait de jeter le discrédit sur le prélat captif. Les chanoines, faisant bon marché de leurs liens avec l'archevêque, s'érigeaient, en face du Pape, en apologistes de l'Etat. On eût pu croire qu'au nom de cette attache canonique qui unit un métropolitain à ses sufîragants, les évoques de la province de Cologne montreraient quelque émoi. Il est permis d'espérer que devant leurs autels domestiques leurs voix se firent basses — basses comme l'était leur courage — pour murmurer quelques prières en faveur de ce prisonnier qui expiait leur esclavage et qui, malgré eux, les allait libérer. Elles furent perceptibles à Dieu; mais les hommes, eux, n'entendirent qu'un silence; et onze ans après, à l'assemblée de Wurzbourg, le chanoine Lennig rougissait encore de cette étrangeté : « Au moment de l'arrestation de Clément- Auguste, déclarait-il, un fait sans précédent se produisit dans l'histoire de l'Eglise, par suite du manque d'unité : l'épiscopat allemandne fit rien". » Les lèvres de l'archevêque étaient closes par la force, celles des chanoines s'ouvraient pour dire Amen; et dans son duel contre l'Eglise, l'Etat prussien se flattait de pouvoir compter, pour couronner sa victoire, sur le mutisme universel. Les lettres de Nagler, directeur des postes, dévoilent
(l'un doyenné répondit par une lettre attristée, protestation très formelle contre l'insinuation du chapitre. Voir les deux textes dans : A/Maires de Colofine, p. 107-109.
1. Voir, dans Affaires de Cologne, p. 118-110, l'annonce officielle de cette nomination, et dans Martens-Murhard, Recueil des Traités, nouvelle série, VI. p. 367-379, la suite des actes du chapitre de Cologne.