Depuis la mort de son oncle en
Alors, plein de haine contre Napoléon, qu'il regardait comme le destructeur de sa maison, comme l'auteur de ses malheurs publics et privés, il fit en 1808 un voyage secret, sous un déguisement, dans ses états de Brunswick pour y visiter ses adhérents. Il devait y reparaître en 1809 k-s armes à la main.
Les trois frères aînés, Charles, George et Auguste n'étaient pas de la même trempe. L'aîné mourut deux mois avant son père ; les deux autres, faibles de corps et d'esprit, laissèrent passer au diic d'CEls tous leurs droits sur un trône qui était à reconquérir. Le 1" janvier 1808, George écrivit au roi Jérôme une lettre humble et résignée jusqu'à l'adulation pour lui demander l'autorisation de rentrer dans le Brunswick.
... Cette grâce de Votre ]\fajesté me serait d'autant plus précieuse que mon expatriation m'est rendue plus pénible encore par le malheur que j'ai d'être aveugle depuis plusieurs années, et que mon plus vif désir est de finir mes jours dans ma patrie en simple particulier... J'ai attendu l'heureux moment de l'arrivée de Votre Majesté dans ses états pour mettre à ses pieds ma respectueuse demande et pour lui offrir en même temps mes , félicitations sur son avènement au trône et mes vœux les plus ardents pour la conservation de sa personne sacrée, ainsi que pour la prospérité de son illustre maison... *.
Napoléon, à qui son frère communiqua cette letti^ princière, répondit simplement :
Je pense que vous ne devez rien répondre à ce prince, puisqu'il n'a pas mis dans sa lettre le mot sujet, et que vous ne devez reconnaître à Brunswick que des sujets.
i. Mémoires et Correspondaït^c du roi Jérôme, t. III, p. 238.
La paix de Tilsit vint consacrer la dépossession des maisons de Hesse, de Brunswick et d'Orange, en stipulant toutefois au profit de leurs chefs une rente viagère. L'occupation de Cassel, de Fulda et de Brunswick par Napoléon I" était une mesure commandée par l'attitude toute prussienne de leurs souverains et par le devoir d'assurer la sécurité de l'armée française. En était-il de même de la conquête de ces pays ? Ce que les Hessois et les Brunswickois ont pu gagner à cette conquête et ce que la puissance réelle de la France a pu y perdre, la suite de cette histoire nous l'apprendra. Au point de vue du droit des gens, elle doit être blâmée. Il était trop visible que Napoléon y avait cherché moins la punition de souverains tyranniques, imprudents ou perfides que le profit de « sa maison. » Mais les historiens prussiens, qui ont tant déclamé contre la spoliation de la maison de Hesse par Napoléon, doivent, après les événements des dernières années, rentrer en eux-mêmes et s'attrister avec nous que le respect des petites puissances ait fait si peu de progrès de 1806 à 1866.