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CHAPITRE IX

TLe régime luilitaire en lït'estphalie.

Les territoires de la Prusse et de ses alliés, situés entre l'Elbe et le Rhin, avaient été, par un décret du 5 octobre 1806, frappés de contributions de guerre considérables. Ainsi le Brunswick devait payer S, 625, 000 francs ; la principauté d'Orange-Fulda, 1,300,000; la Hesse-Cassel , 600,000; Halberstadt, 52o,000, etc. Les Prussiens de 1870 et 1871 nous ont habitués à de tout autres chiffres.

Un autre décret, du 23 octobre 1806, avait établi pour les pays en deçà de l'Elbe, conquis à la suite de la bataille d'Iéna, cinq gouvernements militaires; le général Lcison s'installait à Munster et administrait une partie de la Westphaiie prussienne, le général Gobert à Minden, le général Bisson à Brunswick, le général Thiébaut à Fulda, le général Clarke b Erfurt. A côté de chacun d'eux, un inspecteur ou sous-inspecteur aux revues était chargé, avec le titre d'intendant, de l'admmistration civile : il était nommé par l'intendant général Daru et correspondait quotidiennement avec l'inspecteur en chef Yillemanzy ; il était assisté

LE RÉGIME MILITAIËÈ EN WESTPHALTE. 185

d'un receveur dépendant de M. de La Bouillerie, receveur général des contributions de la Grande-Armée. Quand la Hesse-Cassel eut été occupée, elle forma un sixième gouvernement sous les ordres du général Lagrange et l'administration civile de l'intendant Martillière. Le gouverneur général de Cassel était, au dire des Allemands, « un homme de vieille honnêteté française, qui accomplissait à regret les ordres rigoureux de l'Empereur, qui faisait tout pour le mieux et prenait volontiers conseil sur les choses qui, en sa qualité d'étranger, ne lui étaient pas familières )). Il allait avoir à donner la preuve de sa modération et de son humanité ^

Il arriva à Cassel le 4 novembre 1806, au moment oii la Hesse n'était plus guère occupée que par une poignée de conscrits français et itaHens sous la surveillance du commissaire-ordonnateur Monnay. L'avant-veille, le roi Louis avait quitté Cassel, et Mortier avait poursuivi sa route pour aller accomplir les décrets de l'Empereur sur l'Allemagne du nord. Lagrange adressa une proclamation rassurante aux ha^ bitants de l'Électorat : les fonctionnaires du prince déchu restèrent en place; les impôts durent être perçus, la justice rendue, le pays administré, comme par le passé. On se contenta de faire enlever les armes électorales sur les monuments publics. Enfin on institua une commission chargée de veiller à l'égale répartition des logements militaires et des réquisitions.

1. Voir, sur les insurrections militaires, Lyncker, Geschichte der Insvrrectionen wider das Westphselische Gouvernement^ Gœttiagen, 1860.

Les instructions de l'Empereur portaient que l'on s'occuperait activement de la démolition des places de Hanau, Marburg, etc., de la vieille forteresse féodale de Ziegenhain, qui avait soutenu tant de sièges au seizième et au dix-septième siècle, et dont on disait dans le pays : Fort comme Ziegenhain. Dans toutes ses lettres, il insiste sur la nécessité de désarmer soldats et habitants : il connaissait trop bien le caractère violent et belliqueux des anciens Cattes, leur attachement aveugle à la maison électorale, qui les faisait appeler dans toute l'Allemagne les chiens de la Hesse, Il fallait se hâter de mettre à profit les premiers moments et la première surprise. Napoléon ordonna l'arrestation des généraux et officiers supérieurs hessois ^ Il recommandait de ne souffrir dans le pays aucun des princes de la famille déchue, pas même les femmes. On devait préparer un projet de mise à la retraite des anciens officiers et envoyer à l'Empereur la liste des pensionnaires électoraux. GuiUaume avait prêté environ 16 millions à ses sujets : Napoléon voulait les encaisser pour son compte ; pour faciliter le remboursement, il accorderait aux débiteurs une réduction de 10 pour 100. (( Enfin, ajoutait-il, s'il y a quelque chose à faire pour être utile à cette population et la contenter, telle que la suppression de quelque droit onéreux, ayez soin de m'en informer... On peut traiter le pays avec douceur; mais, s'il y a le moindre mouvement quelque part, faites un exemple terrible. Que le premier village qui bouge soit pillé et brûlé, que le

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