Mémoires de la duchesse (fAbrantès^ t. XIII
LE MARIAGE AUTRICHIEN. ii^
elle pour paraître incontestables ; elle avait fait autrefois des rois, elle pouvait bien consolider un empereur. Les témoignages du temps ne laissent aucun doute sur cet accroissement de la puissance morale de Bonaparte, trois fois sacré par la victoire, par la bénédiction papale, par le mariage autrichien, après l'avoir été par le sang du duc d'Enghien.
Beugnot, entouré des sociétés secrètes de l'Allemagne dans son grand-duché de Berg, se sent moins menacé :
Le mariage de l'empereur avec l'archidiichesse d'Auiriche, s'il n'éteignit pas le foyer^ en tempéra au moins l'ardeur. Un tel événement, en agissant puissamment sur l'opinion en général, la modifiait mieux que n'auraient fait toutes les mesures partielles. On s'aperçut à l'instant même d'un changement considérable dans les dispositions du grand-duché. Les familles qui avaient des enfants au service de l'Autriche les appelèrent à Dûsseldorf pour y passer comme en pays ami le temps de leur congé. Les jeunes gens, bien élevés et de bon ton, et entre lesquels quelques-uns étaient chambellans de l'empereur d'Autriche, fraternisaient de la manière la plus cordiale avec les ofticiers allemands ou français de notre petite armée. Si on parlait encore de guerre, c'était avec l'espérance de se battre à l'avenir les uns à côté des autres ^
Bourrienne, notre ministre à Hambourg, que la police de Paris ne cessait d'exciter à la chasse aux pamphlets, s'étonne de l'insuccès complet, inouï d'un nouveau libelle :
M. Perthes, libraire à Hambourg, en reçut douze exemplaires de Leipzig; il ne put jamais en vendre que quatre, et