‹ L'Allemagne sous Napoléon 1erChapitre 57 sur 66 · Muller, Liederbuch fur die Veteranen dergros · texte numérisé non relu

Muller, Liederbuch fur die Veteranen dergros

sen Napoleonarmee.

Malheureusement les chances heureuses, pour Napoléon, n'étaient pas un moyen de sortir de ses anciens embarras, mais une excitation à s'engager dans de nouveaux. Au lieu de savoir gré à la fortune de le sauver ainsi de lui-même, il s'affermissait dans sa confiance en son étoile. Il se croyait le droit d'oser toujours davantage.

Pourtant Napoléon parut d'abord tout entier aux joies de sa nouvelle vie de famille, aux projets d'avenir pour son héritier futur, aux idées de pacification européenne. Metternich, envoyé auprès de lui par l'empereur François et admis par lui dans une sorte d'intimité, comme un véritable ministre de famille, transmit d'abord les renseignements les plus favorables sur ses dispositions. Il voulait liquider toutes les difficultés de sa situation, écarter tout ce qui pouvait entretenir les inquiétudes ou les jalousies. Il demc?.ndaun projet à Talleyrand pour distribuer à ses alliés d'Allemagne tout ce qui lui restait encore au delà du Rhin. La soumission du Tyrol, postérieure à la paix de Vienne, lui avait mis entre les mains les deux versants des Alpes rhétiques; le traité avec l'Autriche lui avait donné Salzburg, Berchtesgaden et l'Innviertel (il ne considérait point les provinces illyriennes comme pays allemands). En outre, il lui restait de ses conquêtes précédentes Baireuth dans le Haut-Palatinat, les principautés de Fulda, de Hanau et de Katzenelbogen, Erfurt et plusieurs petits territoires en Thuringe, la tête de pont de Magdeburg sur l'Elbe, le Hanovre sur la mer du Nord.

Il céda à la Bavière : IMe Tyrol allemand qu'elle

avait perdu par sa faute et que Napoléon avait dû reconquérir; le Tyrol italien échut à son royaume d'Italie; le Pusterthal à son gouvernement des provinces illyriennes; 2° Salzburg, Berchtesgaden et rinnviertel , dépouilles de l'Autriche; 3° Baireuth, qu'il avait conservé depuis le traité de décembre 1805 avec la Prusse ; 4° Ratisbonne qu'il venait de reprendre au Prince-Primat. C'était un accroissement pour le royaume de Bavière, en ne comptant même pas le Tyrol, de 700,000 âmes.

Mais le roi Max-Joseph devait céder au grand-duc de Wiirtzburg, en échange de quelques petites enclaves, un territoire de 30,000 âmes surleMein, entre Wiirtzburg et Schweinfurt ; il devait abandonner au roi de Wurtemberg la ville toute bavaroise d'Ulm avec une partie de son territoire, les anciennes possessions des maisons de Taxis, d'CEttingen, de Hohenlohe et un certain nombre de baillages bavarois. Les acquisitions de la Bavière se réduisaient donc à environ 2 ou 300,000 âmes. C'était peu, si l'on songeait aux promesses qu'on avait faites à l'armée bavaroise la veille d'Abensberg : « Je vous rendrai si puissants que vous n'aurez plus besoin de mon secours. )) En outre, la Bavière devait renoncer à toute indemnité pour le passage et les dépenses de la Grande-Armée sur son territoire. Elle devait même payer à la France 30 millions pour subvenir aux frais d'une guerre entreprise, affirmait l'Empereur, pour le maintien de son indépendance.

Le Wurtemberg recevait donc avec Ulm un accroissement de 150,000 âmes. Mais il devait céder à Bade

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de petits territoires pour un chiffre de 25,000 âmes et à Darmstadt environ 1S,000 habitants. Darmstadt héritait encore de quelques parcelles des pays de Fulda et de Hanau.

Le Prince-Primat renonçait à Ratisbonne, à quelques petits baillages et à l'octroi du Rhin. Mais il recevait les pays de Fulda, de Hanau, la souveraineté sur la ville libre de Francfort. Il devenait grand-duc de Francfort, souverain d'un territoire compact de 300,000 ^ habitants. On lui donnait pour héritier présomptif, non plus le cardinal Fesch, mais Eugène de Reauharnais. Il payait en outre 3 millions et demi et se chargeait d'une rente de 600,000 francs en faveur des donataires de Napoléon.

Enfin Napoléon, comme nous allons le voir, cédait le Hanovre à Jérôme, et s'arrangeait à lui rendre la libre disposition de Magdeburg. Rref, il ne resta en Allemagne, des territoires soumis à l'autorité des généraux et à l'administration des intendants français, que Katzenelbogen et Erfurt.

Napoléon s'occupait aussi de préparer l'évacuation de l'Allemagne. Dans le midi, la Grande-Armée se retirait par journées d'étapes à travers les provinces autrichiennes, la Ravière et le grand-duché de Rade. Dans le nord, au contraire, l'évacuation promise au traité de Tilsit n'était pas encore terminée. La faute en était à la Prusse, qui trouvait fort bien de l'argent pour faire contre nous des armements, dont elle n'osait se servir, et qu'elle était ensuite obligée de

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