‹ L'Allemagne sous Napoléon IerChapitre 23 sur 51 · septembre · texte numérisé non relu

septembre

Napoléon écrivait lettre '^ur lettre aux princes du Rhin pour presser l'envoi de îeurs contingents et pour leur indiquer, dans sa marche rapide à travers T Allemagne, un lieu et une heure de rendez-vous. Jamais les anciens empereurs germains n'avaient été obéis avec une telle ponctualité. Dès le 8 octobre, 8,000 Wiirtembergeois se trouvaient réunis à EUwangen, 4,000 Badois à Mergentheim (Wurtemberg) ; 6,000 Hessois de Darmstadt faisaient leur jonction avec Augereau en Franconie ; 15,000 Bavarois se rassemblaient sur rinn, et 7 ou 8,000 aux environs d'Eichstaedt sur le Danube. Les contingents des petits princes s'armaient à la hâte. Le Prince-Primat, archevêque-électeur de Ratisbonne, fournit jusqu'à ,2,000 hommes.

Napoléon arriva dans les premiers jours d'octobre à Wiirtzburg : c'est là qu'il tenait à la fois sa cour et son quartier- général. On y voyait, confondus avec ses aides de camp et ses maréchaux, les princes allemands qui étaient venus lui présenter leurs hommages. L'archiduc Ferdinand, ancien duc de Toscane, maintenant duc de Wûrtzburg par la grâce de Napoléon, s'efforçait de profiter de la rupture avec la Prusse pour recommander l'alliance autrichienne. Le roi de Wurtemberg venait y apporter les renseignements qu'il avait pu recueillir sur les forces de la Prusse et l'exaltation belliqueuse des esprits à Berlin. Il Jivra à Napoléon une lettre où le duc de Brunswick sommait le roi de Wurtemberg, sous peine de perdre sa capitale et son trône, de rompre son alliance avec l'Empereur et d'amener son contingent à l'armée prussienne. Les menaces du vieux duc n'allaient pas tarder à retomber sur lui .

Enfin Napoléon prit l'avis de ses alliés sur la destination à donner aux troupes allemandes. Aucun ^les princes de la Ligue, le soupçonneux roi de Wurtemberg moins que les autres, ne se souciait de voir morceler son contingent. Ils acceptaient le commandement supérieur des généraux français, mais ils tenaient à garder leurs troupes en une seule masse. Qui pouvait prévoir l'issue de ce formidable duel entre l'Empire et la monarchie de Frédéric? L'important; était de pouvoir rappeler à l'occasion son contingent* L'armée saxonne n'eût pu faire à temps la palutaire volte-face de Leipzig si elle se fût trouvée dispersée dans la Grande-Armée. Napoléon montra pour ses confédérés la plus grande complaisance. Il leur promit de réunir autant que possible tous les auxiliaires allemands en un seul corps. Les Bavarois demandaient en grâce de ne pas obéir à Bernadotte : dans la guerre précédente, général et armée avaient eu également à se plaindre l'un de l'autre. En conséquence on décréta que les contingents des petits états seraient employés à garder les communications de la Grande-Armée ou à faire les sièges sous sa protection, qu'un corps important de Bavarois serait chargé de garder la frontière de l'Inn et de surveiller l'Autriche, qu'enfin le gros des forces wurtembergeoises et bavaroises serait placé sous ie commandement supérieur de Jérôme-Napoléon : le roi Frédéric pouvait déjà le regarder comme son gendre et comme un des futurs souverains de la nouvelle Allemagne. Jérôme, qui n'avait encore servi que sur mer, en qualité de capitaine de vaisseau, devait être un médiocre généralissinae.

Oq lui adjcÂgnit Vaojdamme pour suppléer aux dé£aillaiioes du génie qu'il ne pouvait manquer d'avoir, étant le frère de TErapereur.

Napoléon avait écrit dès le 28 septembre à Charles, prince héréditaire de Bade, époux de Stéphanie Beaiaharnais et qu'il pouvait également oonsidéter comme un prince de sa famille^ pour kii demander, s'il désirait prendre le eomimandement du contingent badois. Ii'offre spoiatanée du prince se croisa avec k lettre de TEmperieur, quâ lui écrivit une nouvelle lettre, de léii*citations :

Mon fils^ je reçois votre lettre du 27. J'approuve k désir q.ue vous avez de faire la guerre. Je vous verrai avec plaisir près de moi. Vous pouvez vous rendre à Bamberg pour le 4 ou le 5 d'octobre et y envoyer vos chevaux. Si vous pouvez diriger sur-le-champ sur cette place votre régiment avec quelqiïes escadrons de cavalerie et quelques pièces d'artillerie, cela sera eoiwesiable. Je laisserai du reste l'infanterie dans quelques places du côté de Bamberg jusqu'à ce que tout votre corps puisse se réunir. J'imagine que pour tous ces arrangements vous avez l'agrément du grand-duc. Pressez autant qu'il vous sera posei-ble le départ de votre corps de troupes. Les {Hrinees de la Cos^ôdéraiion se mettent en mouvement. Il est donc ban de n'êitce pas trop en retard.

L^Empereur s'efforçait, comme on le voit, de ren^ dre les débuts faciles aux jeunes princes héréditaires qu'il vfoulait attirer dans son armée et dans son système politique. Dans cette lettre paternelle, il ne s'agit enccvre que d'un travail de concentration à Bamberg, et pas encore des périls de la grande guerBCi.

Ce bel exemple du prince de Bade ne fut alors que peu suivi des fils de souverains. C'est seulement après léna, quand Napoléon parut avoir fixé la fortune, que Ton vit le prince héréditaire de Bavière, Louis, le prince héréditaire de Wurtemberg, Guillaume, le prince de Darmstadt, Emile, solliciter de Napoléon le commandement des contingents nationaux. Le roi de Wurtemberg surtout s'était montré prudent et avisé. Il avait des protecteurs dans les deux armées; dans celle de Napoléon son futur gendre, dans l'autre son frère, son neveu et son fils cadet.

Son frère, Eugène de Wurtemberg, était depuis longtemps au service de la Prusse et c'est lui qui fut si complètement défait au combat de Halle (17 octobre 1806). Son neveu, fils du précédent, qui portait le même nom, avait en 1805 refusé l'offre que lui fit Napoléon d'entrer à son service. Il combattit à Halle, aux côtés de son père, et devint plus tard général russe et un écrivain distingué* . Sur le frère et le neveu. Napoléon évidemment n'avait que peu d'action : officiers de fortune en Prusse ou en Russie, ils étaient devenus étrangers au Wurtemberg. La seule vengeance qu'il en tira, s'était de s'étendre complaisamment, dans ses lettres au roi de Wurtemberg, sur les échecs singulièrement multipliés qu'éprouvaient ses collatéraux sous le drapeau prussien.

Quant au prince Paul, fils du roi Frédéric, ses sentiments étaient en complet désaccord avec les obligations que semblait lui imposer la situation de

1 . On a de lui ; i^ Erinnerungen aus dem Felzuge des Jahres 1812 1' Bussland, Biesluu, 1846; 2« Mémoires, 3 vol., Francfort, 1863»

son Dëre. Il avait été, comme presque tous les membres de sa famille, élevé d'abord en Ku^^ie. Au moment oîi la guerre de Prusse allait éclater, il s enfuit de la cour, avec ou sans la permission de son père, et alla demander du service au duc de Brunswick*. Fait prisonnier à Prentzlow, il lui fallut bien revenir à Stuttgart, \)ù son père affecta de le traiter en rebelle ou en vaincu. Napoléon écrivait à son allié:

<f J'ai été tout à fait embarrassé du prince Paul. Mon premier mouvement a été de le laisser libre ; mais immédiatement après j'ai songé à l'inconvénient qu'il y aurait à laisser ce jeune homme se perdre entière^ ment par de fausses directions . Votre Majesté le traitera comme un enfant de famille ; une légère correction suffira pour le faire rentrer dans les bons sentiments qui sont si naturels dans votre maison. » Il lui renvoyait aussi le malheureux prince de Hohenlohe : « Sujet de Votre Majesté, il se trouve immédiatement sous les yeux de votre police. »

Le prince Paul devait renouveler cette frasque en 1813 et fuir encore une fois dans le camp ennemi. Chose singulière! ce prince qui manifestait tant d'aversion pour la France avait des sentiments tout français. Il n'avait à la bouche que les formules de notre Révolution : « Il avait le caractère et les mœurs d'un Philippe Égalité. » Entré à Paris en vainqueur, il y vécut en simple particulier. Il y est mort en 1852.

Pour Napoléon, il n'y[avait pas de petits alliés, ni de

i. CofTÊspondance, t. XIV, 10 déc. 1806. — Cf. Mém, de Bourrienne, t. VII, p. 208. Lé prince Paul aurait témoigné à Bourrienne « un vif désir do prendre du servisse en France. »

tas yAUifiMAGNE sous WAPOI-ÉON !•».

•petUs oontingents. 11 avait diargé le général Clarke de voir le petit duc d'Ahremberg pour lui dire « qu'iJ serait nédeesaire qu'il formât dans ses éts^s une <30mpagiûe de dhafiseuTs d'une centaii}(e d'hoiBmes moiït^ «ur de petite chevaux qui pourraient le suivre à l'armée et 7 rendre des services. Ce serait un moyen qu'il y fût utilemient. » Le prince de Hohenzoilern-Sigmaringen serait également invité à jEormer uoe compagnie de 1 40 homm^es à cbeval, tous alleoiiands. «Clomme tous les efforts qu'il fera ne soiat pas d'aoc(H*d aveé 49QS moyens, » M. de TaUeyrand devait lui dire « <|u'en secret jebii donnerai les subsides nécessaires. • . • Vous lui ferez connaître que mon motif est de fournir k la maison de Hofaenzollera les moyens de m montirer dans cette circonstance. » € est la même maison qui s'est monù^ée depuis, si singulièrement et si fatalement pour la France ^ Ce Hobenzollern se distinguait alors par son zèle pour la cause napoléonienne. Il servit d'aide de camp à Jérôme-Napoléon dans la eampagne de i806. En mars 1807, il demanda à l'Emipereur l'autorisation de faire venir ses 140 hommes qu'on avait laissés à Magdeburg, et de lever un nouveau .corpô parmi les paysans ou déserteurs prus-

^ens.

Est ce du même IlohenzcUern qu'il s'agit dauis la décision suivante : « Le général Clarke, ministre de la guerre, soumet à l'Empereur une demande en prolongation de congé adressée par le prince de Hohenzollern, commandant le régiment de Westphalie. »

1. Corresp, de Nap. Jer, t XHI, p. 298,26 sqpit.; p. m^k'^Mpi» — Mémoires et Correspondance^ t. II, p» 475.

DÉcigiON : « Le général Clarke fera connaître à cet officier qu'il s'instruise de ses manœuvres, parce que mo© ifrtention est de le faire commander au premier pur et qu'il s' attirerait un affroiU s'il ne seeoaùpas^j) Lœivois, même dans ses jours d'humeur, a-t41 parlé d'un ton plus sec aux gentilshommes français négligents de leur service?

Dans les premiers jours d'octobre , le corps d'armée de Jérôme-Napoléon se mit en marche pour former la droite de la Grande-Armée et descendre en Thuringe par la route de Baireuth à Hof. 11 se composait de deux divisions bavaroises et d'une division wurtembergeoise, conduites par autant de généraux indi« gènes. La première, commandée par le général Deroy, comprenait 7,000 fantassins, 800 cavaliers et 12 canons; la seconde, commandée, en l'absence du célèbre général de Wrède, qui était ou se disait malade, par le général Mezzanelli, comptait 5,500 fantassins, 700 cavaliers et 18 pièces ; la troisième, par le baron de Seckendorff, 7,000 fantassins, 1,200 chevaux, 12 canons. Total : 19,500 hommes d'infanterie, 2,700 de cavalerie et 42 canons. Toutes ces troupes n'arrivèrent en Thuringe que lorsque la double bataille d'Iéna et d'Auerstaedt était déjà gagnée : ]e gros de l'armée française s'était reporté dans la direction du nord-est et s'avançait à '{rrandes

i. Cmresp, de Nap, /^S t. XVl, 11 sept. IflOT.

journées sur Berlin. Elles reçurent Tordre d'occuper la Saxe. Cette mission terminée, on les destina à faire la conquête de la Silésie. Jérôme, à qui 2'Empereur avait donné pour chef d'état-major un militaire trèsinstruit, le général d'Hédouville, détacha la cavalerie de ses trois divisions allemandes pour en former une division de cavalerie, partagée en trois brigades : deux de ces brigades durent être commandées par des Français, les généraux de Montbrun et Lefebvre-Desnouettes. Plus tard, le 8 janvier 1807, « Tarmée des alliés » reçut de l'Empereur le titre de « 9* corps de la Grande-Armée. » Le prince Jérôme ne manqua pas de faire mettre à Tordre du jour cette décision, si flatteuse pour les troupes allemandes, qui, en récompense de leurs premiers succès en Silésie, les associait plus entièrement à la gloire de TEmpereur et de Tarmée française.

Le 9* corps, au moment oîi commençait la campagne de la Silésie, se composait d'environ 23,000 hommes. Il avait à soumettre une province, riche en ressources de toutes sortes, mais âpre, montagneuse, peuplée d'une race dévouée à la monarchie prussienne, hérissée de huit places, dont quelques-unes formidables : Glogau, Breslau, Brieg, Schweidnitz, Neiss, Kosel, Glatz, Silberberg. Les garnisons de ces forteresses s'élevaient ensemble à 32 ou 38,000 hommes. En outre, le gouverneur de la province, prince d'Anhalt-Plœss, était un homme entreprenant, désireux de tenir assez longtemps pour permettre à l'Autriche de prendre parti pour la coalition , et qui ne croyait pas que « la tranquillité fût le premier

devoir du bourgeois. » Il organisait au contraire des ban&e3 armées avec des déserteurs, des échappés dléna, des francs-tireurs, des aventuriers, même des officiers qui avaient faussé leur parole ; il cherchait à soulever la population et répandait partout des proclamations qui annonçaient des succès ou promettaient des secours également fantastiques.

La plupart des places de Silésie n'opposèrent pas autant de résistance que le gouvernement prussien, même après l'abandon où il les avait laissées, eût pu l'espérer. Glogau, investi le 7 novembre, se rendit le 2 décembre, avec 3,000 hommes de garnison, avec ses ouvrages intacts, une immense quantité de munitions qu'on ne sut ni utiliser, ni détruire, et après trois semaines seulement de bombardement. Breslau dut sa chute à l'artillerie de siège qu'on trouva dans Glogau,

Dans le mois de janvier de 1807, le 9* corps de la Grande-Armée commença en même temps le siège des trois places de Brieg, Schweidnitz et Kosel. La première qui ne comptait que l ,800 hommes de garnison capitula le 16 janvier, après une canonnade de quelques heures; la seconde, qui était une des plus formidables places de l'Europe, et qui dans la guerre de Sept ans, avait tenu plus de deux mois contre le grand Frédéric, renfermait 6,000 hommes de garnison et d'immenses provisions. Elle ne résista pas^à trois jours de bombardement. Investie le 10 janvier, canonnée du 3 au 5 février, son commandant Hacke s'engagea dès le 7 février à la livrer aux assiégeants le 16 du même mois, s'il n'était pas secouru.

^ L'AIXEMAGNE SOUS NAPOLÉON I**.

Kosel fut assiégée le 23 janvier : c'est en juillet (setir lœient, après que la ville eut été presque entièrwaaii; brûlée, que le cammandant Puttkammer eouseatît à rendre la place le 18 juillet, s'il n'était pas seeouniu L'armistice survint et sauva cette hénwique petite forteresse. Les autres places de montagne, Neiss, Glatz et Silberberg, offrirent égal^nent une tout autre résistance que les grandes villes de la plaine. Rude labeur, maigre butin. Neiss, investie en mars, ne capitula qu'en mai pour se rendre seulement le 16 juin.

Le comt^ de Gœrtzen, aide de camp du roi de Prusse, successeur du prince de Pless dans le gouvernement de la Silésie, se décida à tenter un grand coup pour sauver les dernières forteresses de la Haute-Silésie, et le 17 avril il sortit avec 5,000 hommes de Glatz pour attaquer Lefebvre-Desnouettes, hardiment campé à Wartha sous le canon de la place. Il fut repoussé après une lutte acharnée où se distinguèrent surtout l'infanterie bavaroise et les chasseurs de Wurtemberg. Le 13 mai, nouvelle surprise de Gœrtzen, tentée cette fois sur Breslau : un violent combat s'engagea sous les murs de cette ville. Lefebvre avait avec lui, outre les Bavarois, des Saxons qui étaient venus se jcrindre au iK corps, depuis l'accession de l'électeur de Saxe au RheinAund. Us marchaient assez à oontre-cœur : cent h(«nmes sur un r^iment de mille avaient déjà déserté. Ils supportèrent fort mal le dioc des Prusriens; saisis -d'une terreur panique, ils jetteot leurs armas ou «e rendent prisonniers. De trois xsompagnies, cinq ou six ;Soiddts seulement restent sous le drapeau. La bomie contenance .àes Ban^arois, l'arrivée inattendue 4e deus

OU trois eents lanciers polonais, la lassitude des Prussiens, «auv&'ent Breslau. Lefebvre, qui avait reçu des renforts et des canons, suivit les Prussiens dans leur retraite, et, ie iS du même mois, les battit auprès de Freyburg. Gcertzen, désespérant de faire lever aucun siège ou de reprendre aucune des villes conquises, se détermina à former un camp de i 2,000 hommes formidablement retranchés et protégés par le canon de Glatz. Jprôme, Vandamme et Lefebvre résolurent de l'enlever. Quelques détachements français devaient communiquer leur élan aux auxiliaires allemands. Dans la nuit du 23 au 24 juin, l'armée tout entière s'élança sur les retranchements ennemis. L'infanterie bavaroise enleva la première ligne à la baïonnette : les Prussiens se gardaient mal et se laissèrent surprendre; la cavalerie bavaroise enfonça la cavalerie ennemie qui voulait couvrir la retraite. Enfin la redoute centrale était attaquée à la fois par les Bavarois de Lefebvre, par les Saxons et les Wîirtembergeois de Vandamme, et enlevée d'assaut. Cette surprise nocturne termina la conquête de la Silésie : Glatz fit une capitulation conditionnelle pour le 26 juillet. Silberbérg, attaqué avec la plus grande énergie, avait déjà ccmimeueé les négociations lorsque l'armistice vint les interrompre.

dette campagne de Silésie où six forteresses avaient ouvert leurs portes, où trois autres étaient entrées en capitulation et n'avaient dû leur salut qu'à l'armistice, où l'on avait livré cinq combats et enlevé un gi'and camp retranché, n'avait duré que huit mois. Elle fut excellente pour aguerrir les Bavarois et les Wto'tera-

bergeois. En rase campagne, on n'avait eu affaire cpi'à des Groupes prussiennes de nouvelle levée; dans les sièges, les commandants de place, vieux officiers pour la plupart, avaient rarement su tirer parti de la force de leurs remparts ou de l'abondance de leurs munitions. Néanmoins ces «troupes des cercles », jadis tant méprisées, pouvaient se vanter d'avoir opéré en quelques mois la conquête d'une grande et belliqueuse province, oîi tout retentissait encore des batailles du grand Frédéric, où mainte ville rappelait quelqu'un de ses échecs. Parcourir en vainqueurs un pays où plus d'une fois on avait vu fuir le grand roi, c'était un beau début pour l'ancienne « armée du Saint- Empire. »

Toutefois nos nouveaux alliés durent sentir plus d'une fois qu'ils avaient beaucoup à apprendre de leurs compagnons d'armes. Jérôme se plaint souvent du médiocre équipement des Wtirtembergeois : les souliers et les effets d'habillement n'arrivent jamais à temps pour la marche. En revanche ils étaient plus disciplinés et plus aguerris que les Bavarois. Le service du génie semble avoir été faiblement organisé chez nos auxiliaires : les travaux de sape et de pontonnage, dans tous ces sièges, sont confiés à des compagnies françaises ^

Il était visible qu'ils n'avaient pas l'habitude de la

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